20. sept., 2019

15/09/2019

Coupe du monde de basket: la France arrache la médaille de bronze

Menés pratiquement toute la rencontre, les Français ont réussi un formidable retour en fin de match pour égaler leur meilleur performance dans la compétition planétaire.

Par Paul Guyonnet

BASKET - 25 minutes de néant, et soudain... Ce dimanche 15 septembre, à Pékin, l’équipe de France de basket s’est magnifiquement relevée après son échec d’il y a deux jours en demi-finale de la Coupe du monde face à l’Argentine. 

Longtemps dominés par l’Australie, apparemment apathiques et abattus par leur précédent revers, les Français ont pourtant d’abord laissé croire qu’ils avaient baissé les bras lors de la petite finale. Mais grâce à une fin de partie exceptionnelle de courage et d’abnégation, les hommes de Vincent Collet ont fini par l’emporter (67-59). Ils offrent ainsi sa seconde médaille mondiale au basket français après le bronze, déjà, lors de l’édition précédente. 

Adresse en berne et rage défensive

Mais que ce fut dur pour les Bleus. Menés dès la première minute du match, il a fallu attendre le quatrième quart-temps pour qu’ils passent devant au score. Ils avaient même compté jusqu’à 15 points de retard un peu plus tôt dans la rencontre. Mais portés par un très bon Nicolas Batum (six passes décisives notamment en deuxième mi-temps), et par des remplaçants excellents qui ont inscrit plus de la moitié des points français, ils sont donc parvenus à revenir dans le match face à une équipe qui les avait battu sur le fil en milieu de compétition. 

Capture d'écran Canal+L'équipe de France masculine de basket a remporté la deuxième médaille mondiale de son histoire, conservant la médaille de bronze glanée en 2014.

Malgré une adresse en berne, comme face à l’Argentine (38% aux tirs, 62% aux lancers-francs), les Français ont une nouvelle fois pu compter sur Nando De Colo (19 points), Evan Fournier (16) ainsi que sur l’adresse d’Andrew Albicy, décisif par ses shoots à trois points. Les sept rebonds de Vincent Poirier, les trois interceptions de Nicolas Batum et la pression défensive mise par l’ensemble des joueurs sont également à noter. 

Présent dans la salle pour voir ses anciens coéquipiers l’emporter, le jeune retraité Tony Parker a salué leur performance. “J’étais content de leur réaction, parce qu’à -15 c’était mal barré... Ils le méritaient sur cette compétition, je suis fier d’eux”, a-t-il déclaré au micro de Canal+. “Ils ont vraiment bien représenté la France. On peut regretter un peu le match contre l’Argentine, mais le plus important c’est de rapporter une médaille et que le basket français continue à progresser.” 

En milieu de journée ce dimanche, l’Espagne et l’Argentine, les deux meilleures équipes de ce tournoi se disputaient ensuite le titre mondial. Ultra-dominateurs, ce sont les Espagnols qui se sont imposés après avoir mené à partir du premier panier marqué (95-75). Symbole de la défaillance sud-américaine du jour, le légendaire Luis Scola n’a réussi qu’un seul de ses dix tirs. Pour l’Espagne, il s’agit du deuxième titre mondial après celui de 2006, et surtout de la plus belle des revanches après avoir été battue par la France en quart de finale lors de la dernière Coupe du monde, disputée à domicile. 

Pour les Français, la prochaine échéance majeure est désormais le tournoi olympique, pour lequel les Bleus ont brillamment obtenu leur billet durant cette Coupe du monde chinoise. 

 

20. sept., 2019

Le Huffpost

15/09/2019

Coupe du monde de basket: la France arrache la médaille de bronze

Menés pratiquement toute la rencontre, les Français ont réussi un formidable retour en fin de match pour égaler leur meilleur performance dans la compétition planétaire.

Par Paul Guyonnet

BASKET - 25 minutes de néant, et soudain... Ce dimanche 15 septembre, à Pékin, l’équipe de France de basket s’est magnifiquement relevée après son échec d’il y a deux jours en demi-finale de la Coupe du monde face à l’Argentine

Longtemps dominés par l’Australie, apparemment apathiques et abattus par leur précédent revers, les Français ont pourtant d’abord laissé croire qu’ils avaient baissé les bras lors de la petite finale. Mais grâce à une fin de partie exceptionnelle de courage et d’abnégation, les hommes de Vincent Collet ont fini par l’emporter (67-59). Ils offrent ainsi sa seconde médaille mondiale au basket français après le bronze, déjà, lors de l’édition précédente. 

Adresse en berne et rage défensive

Mais que ce fut dur pour les Bleus. Menés dès la première minute du match, il a fallu attendre le quatrième quart-temps pour qu’ils passent devant au score. Ils avaient même compté jusqu’à 15 points de retard un peu plus tôt dans la rencontre. Mais portés par un très bon Nicolas Batum (six passes décisives notamment en deuxième mi-temps), et par des remplaçants excellents qui ont inscrit plus de la moitié des points français, ils sont donc parvenus à revenir dans le match face à une équipe qui les avait battu sur le fil en milieu de compétition.  

Capture d'écran Canal+L'équipe de France masculine de basket a remporté la deuxième médaille mondiale de son histoire, conservant la médaille de bronze glanée en 2014.

Malgré une adresse en berne, comme face à l’Argentine (38% aux tirs, 62% aux lancers-francs), les Français ont une nouvelle fois pu compter sur Nando De Colo (19 points), Evan Fournier (16) ainsi que sur l’adresse d’Andrew Albicy, décisif par ses shoots à trois points. Les sept rebonds de Vincent Poirier, les trois interceptions de Nicolas Batum et la pression défensive mise par l’ensemble des joueurs sont également à noter. 

Présent dans la salle pour voir ses anciens coéquipiers l’emporter, le jeune retraité Tony Parker a salué leur performance. “J’étais content de leur réaction, parce qu’à -15 c’était mal barré... Ils le méritaient sur cette compétition, je suis fier d’eux”, a-t-il déclaré au micro de Canal+. “Ils ont vraiment bien représenté la France. On peut regretter un peu le match contre l’Argentine, mais le plus important c’est de rapporter une médaille et que le basket français continue à progresser.” 

En milieu de journée ce dimanche, l’Espagne et l’Argentine, les deux meilleures équipes de ce tournoi se disputaient ensuite le titre mondial. Ultra-dominateurs, ce sont les Espagnols qui se sont imposés après avoir mené à partir du premier panier marqué (95-75). Symbole de la défaillance sud-américaine du jour, le légendaire Luis Scola n’a réussi qu’un seul de ses dix tirs. Pour l’Espagne, il s’agit du deuxième titre mondial après celui de 2006, et surtout de la plus belle des revanches après avoir été battue par la France en quart de finale lors de la dernière Coupe du monde, disputée à domicile. 

Pour les Français, la prochaine échéance majeure est désormais le tournoi olympique, pour lequel les Bleus ont brillamment obtenu leur billet durant cette Coupe du monde chinoise. 

 

17. sept., 2019

Le Huffpost

 04/09/2019

Grenelle des violences conjugales: Philippe n'a pas convaincu les associations

Alors que s'ouvrait le Grenelle des violences conjugales, une série de premières mesures d'urgence a été annoncée par Édouard Philippe. Un premier pas "insuffisant" pour les associations qui demandent du concret depuis longtemps.

Par Hortense de Montalivet

HuffPostMardi 3 novembre, les associations féministes n'ont pas été convaincues par les annonces d'Édouard Philippe lors de l'ouverture du Grenelle des violences conjugales.

VIOLENCES CONJUGALES - L’attente était grande et le travail des associations, éreintant. Depuis des années que les associations féministes luttaient pour la réduction des violences faites aux femmes et alertaient sur la pratique des féminicides, elles étaient en droit d’en attendre beaucoup. Le Grenelle des violences conjugales, lancé par Édouard Philippe et Marlène Schiappa ce mardi 3 septembre ne les a pourtant pas rassurées. 

Tandis que cette grands concertation s’achèvera le 25 novembre, le Premier ministre a en effet tenu à avancer d’ores et déjà des premières mesures d’urgence. Hébergement, dépôt de plainte, éloignement du conjoint, autorité parentale...On pourrait croire que tout y est mais ces mesures, que vous retrouverez de manière exhaustive dans notre vidéo ci-dessous, ont, malgré leur annonce immédiate, largement déçu les associations.

 Un manque de budget “inacceptable” 

Pour Alyssa Ahrabare d’“Osez Le Féminisme”, si ces mesures sont pertinentes dans la mesure où elles sont demandées par les associations “depuis de nombreuses années”, elles souffrent d’un cruel manque de budget annoncé comme “inacceptable”. “Nous avons demandé un milliard et de l’aide aux associations et Edouard Philippe n’en a pas parlé. Le budget annoncé par le gouvernement est largement insuffisant.” Ce budget demandé par les associations, il permettrait de financer la formation des professionnels: forces de l’ordre, personnel hospitalier, numéro d’écoute, magistrats, éducateurs etc...“Pour aller au-delà de l’effet d’annonce, il faut un plan quinquennal, un budget méthodologique et précis.”, nous explique-t-elle.

Le collectif “Les éFRONTé.e.s” partage ce point de vue. “Les mesures annoncées par Édouard Philippe sont un bon début. Mais elles restent tout à fait insuffisantes.”, annonce son porte-parole Louise Dubray. “Nous savons que 5 millions ne sont pas suffisants pour mettre fin aux violences contre les femmes et que les 1000 places d’hébergement supplémentaires ne sont toujours pas les 5000 places nécessaires pour respecter la convention d’Istanbul.”, précise-t-elle au HuffPost.

Fini le temps des audits

Autre annonce qui a fait grincer les dents des associations mobilisées sur le sujet: le lancement d’un audit dans 400 commissariats et gendarmeries, “pour examiner la façon dont les femmes victimes conjugales sont accueillies, afin d’identifier les dysfonctionnements et de les corriger”, a promis Édouard Philippe au pupitre de Matignon.

Un audit? Les associations féministes n’en croient pas leurs yeux. “Il n’est plus du tout le temps des audits”, s’agace Alyssa Ahrabare d’“Osez Le Féminisme”. “Les statistiques nous les avons déjà, les propositions aussi.” Le collectif #NousToutes, relégué pendant l’allocution dans une salle annexe, la principale étant comble, lui aussi, n’y a pas crû:

Des actions concrètes plutôt que d’éternelles consultations, la demande des associations est bien là. Louise Dubray, la porte-parole des “efFRONTé.e.s” rappelle le contexte: “Les mesures les plus attendues étaient celles de la formation des juges et des policiers. Ici, elles ne sont pas du tout à la hauteur. À l’heure actuelle, il y a encore des juges qui demandent des médiations aux deux conjoints ou ex-époux alors qu’une mesure d’éloignement a été mise en place. Cette demande de médiation est illégale et pourtant demandée par un juge.
90% des plaintes pour viols n’aboutissent pas. Le besoin urgent, c’est la formation concrète des juges et des autres acteurs de la prise en charge des femmes.” “On est hyper déçues”, annonce clairement #NousToutes:

Pour être à la la hauteur des ambitions du gouvernement et de la situation, l’argent est nécessaire, répètent ainsi les associations en cœur. “Si la violence est effectivement la grande cause du quinquennat, on ne fera rien avec des bouts de ficelle”, avertit “Osez Le Féminisme”.

“Dès l’introduction, Édouard Philippe a évoqué le phénomène d’intériorisation de la violence envers les femmes dans notre société, alors évitons de perdre notre temps et d’être frileux financièrement.”, prévient encore Alyssa Ahrabare. Elle termine en rappelant, tel un glas: “Tous les deux jours et demi, une femme meurt par la violence de son conjoint.”

 

4. sept., 2019

Marianne

Le chèque versé aux Restos du coeur ne correspond pas au nombre de kilomètres effectués par les livreurs. Promesse en l'air ? - TOBIAS SCHWARZ / AFP

Foodora s'est-il rempli les poches sur le dos des Restos du coeur ?

Par Marie Chéreau

Publié le 30/08/2019 à 12:30

Alors que la plateforme de livraison Foodora a quitté la France en 2018, elle est aujourd'hui en procès avec de nombreux livreurs et restaurateurs. Un épisode de sa courte vie dans l'Hexagone attire aujourd'hui l'attention : où est passée une grande partie de l'argent promis aux Restos du coeur lors d'une opération caritative en 2016 ?

Où sont passés les dizaines de milliers d'euros promis ? Si Foodora a définitivement déserté la France à la fin de l'été 2018, elle est toujours au cœur de différents procès avec ses anciens livreurs. Ce 28 août, 72 dossiers ont ainsi été déposés aux Prud'hommes contre la plateforme allemande. Et à l'heure où les langues se délient, les anciens livreurs à la veste rose s'interrogent sur un épisode bien particulier de la vie de Foodora : l'existence d'une action caritative datée de septembre-octobre 2016, censée rapporter un beau chèque aux Restos du cœur... et pour laquelle une partie de l'argent semble manquer à l'appel.

1 km = 1€

Le 4 septembre 2016, Foodora lance en effet une grande opération solidaire durant un mois à Paris : "Foodora roule pour les Restos du cœur." Objectif ? Offrir un maximum de repas aux plus démunis. Le deal ? Un kilomètre parcouru par les livreurs revient à reverser un euro aux Restos du cœur, deux kilomètres, deux euros, dix kilomètres, dix euros, et ainsi de suite. Les clients peuvent par ailleurs participer directement à la collecte en ajoutant un euro à leur commande. Dès le lancement de l'opération, Boris Mittermüller, directeur de Foodora France à l'époque, fanfaronne dans la presse : "Avec plus de 1.000 kilomètres parcourus quotidiennement à Paris, de nombreux repas seront ainsi distribués." Il prend même le risque de tenter une estimation : "Notre objectif de levée de fonds est de 30.000 euros pour 30.000 repas distribués". Un mois plus tard, la récolte fait moins parler d'elle que son lancement mais un communiqué de presse de l'entreprise dévoile les gains finaux : 10.000 euros de la part des livreurs et 5.700 euros de dons des clients. Les Restos du cœur sont ravis. Les livreurs stupéfiés : impossible à eux tous de n'avoir pédalé que 10.000 km en un mois ! Vingt mille euros manqueraient au minimum à l'ardoise finale. Et encore, cette estimation-là est également particulièrement basse.

La start-up a largement mis en avant l'opération Restos du coeur : commander avec eux c'était commander pour la bonne cause. Distribution de prospectus aux clients sur l'opération solidaire, brassard "Restos Du Cœur".... Pendant plus d'un mois, tous les livreurs Foodora ont été mobilisés. "On ne nous a pas laissé le choix malgré le statut d'indépendant de participer ou non à cette opération caritative, raconte aujourd'hui Antoine Gmati, qui était manager aux opérations au siège de Foodora en 2016. Après, on n'avait pas une épée de Damoclès au-dessus de la tête non plus, et ça reste les Restos du Cœur". L'association pouvait en tout cas compter sur toute la flotte Foodora et sur un bon argument marketing pour faire le plein de commandes. Les livreurs ou les managers n'ont toutefois jamais été tenus au courant de l'avancée du compteur et ce même à la fin de l'opération, comme nous le confie Antoine : "On ne nous a jamais annoncé les résultats. On n'a jamais su combien de kilomètres avaient été parcourus par tous les coursiers au total." Il se lance dans un rapide calcul : " Mais 10.000 euros de dons, cela signifie donc que tous les livreurs de Paris - entre 1.000 et 2.000 à l'époque - auraient seulement réalisé 10.000 km ? Impossible."

Lire aussiDeliveroo : la grève gronde face à la suppression du tarif minimum par course

Une récolte déconnectée de la réalité des courses

L'ex-"captain" de Foodora ayant eu lui-même une activité de coursier, il nous livre son expérience du terrain : "En une soirée je faisais au moins 70 km." Lorsque Foodora était encore en activité sur le sol français, la plateforme comptait environ 1.500 livreurs à Paris. Après étude de plusieurs statistiques d'anciens coursiers Foodora en exercice en 2016, nous avons pu voir qu'un livreur parcourait, en moyenne et quotidiennement, entre 35 et 65 km. La flotte de livreurs, elle, s'établissait entre 100 et 200 livreurs chaque jour en activité. En partant de la fourchette la plus basse, à savoir 35km par jour et 100 coursiers en activité, on obtient 3.500 km parcourus quotidiennement dans la capitale. Soit, 105.000 km effectués par ces 100 livreurs sur une période de 30 jours. On parvient déjà à 105.000 euros reversés - si l'on en croit la promesse initiale - aux Restos du coeur ! C'est bien au-delà de l'objectif affiché par le directeur général - objectif pourtant jamais atteint si l'on en croit le chèque reçu in fine par l'association. "C'était une offre préparée par des commerciaux, déconnectés de la réalité du terrain. Ils se sont rendu compte trop tard que l'engagement "1km pour 1€" était trop monstrueux", veut croire Antoine avec une pointe d'exaspération dans la voix. Il ajoute : "A cette époque, les frais de livraison chez Foodora étaient de 6 euros maximum, alors imaginez sur une commande de 7 km. Cela aurait voulu dire qu'ils payaient les Restos du cœur plus que le livreur ?"

En matière d'opération caritative, Foodora n'en était pas à son coup d'essai : quelques semaines auparavant, à l'occasion d'une soirée pour son premier anniversaire en France, les "captain" avaient été conviés ainsi que des influenceurs et d'importants clients. "Ils avaient mis en place un wide bike (sorte de vélo d'appartement, ndlr) sur lequel tous les invités pouvaient pédaler et encore une fois récolter "1 euro pour 1km parcouru" pour les Restos du Cœur, raconte Antoine Gmati. Les captains étaient invités principalement pour ça : pédaler et motiver les invités à participer à l'action." Le compteur kilométrique du vélo était alors monté à une vitesse folle et le jeune homme se souvient de la panique de Foodora lorsque celui-ci s'était approché des 150km… " Ils sont allés voir tous les captains pour leur dire "pas trop vite, il ne faudrait pas qu'on reverse trop" et ce n'était pas sur le ton de la blague", assure-t-il.

Minimum garanti de 10.000 euros pour les Restos

Contactés, les Restos du Cœur indiquent n'avoir reçu aucun détail de la collecte des dons – aucune précision sur le nombre de kilomètres parcourus par le peloton de livreurs ou sur les dons clients – pendant et même à la fin de l'opération. "On avait signé un contrat avec Foodora sur cette opération avec un minimum garanti de 10.000 euros et c'est ce qu'on a finalement eu", relate la célèbre association à but non-lucratif qui ne peut pas se permettre de cracher sur une telle somme. Les Restos s'empressent de préciser qu'ils ne réitéreraient pas un tel partenariat, à cause des conditions de travail des livreurs : "En 2016, on n'était pas encore au fait de tout ce qui se passe et de la précarité de ces livreurs. Cela a été une seule opération, d'un seul mois. Et jamais on ne reconduira une action avec de telles plateformes parce qu'on n'est pas très à l'aise avec l'emploi."

Alors, Foodora a-t-il menti à ses clients et profité de l'opération caritative pour se faire en coup de pub, sans remplir sa promesse de dons ? L'entreprise profite aujourd'hui de son exil pour éviter les questions gênantes. Aucun de ses anciens directeurs généraux n'a souhaité répondre à nos questions, tout comme l'avocate en charge des affaires de Foodora ou les trois entreprises de relations publiques - Pascale Venot, Laurent Guyot & Co ou encore Thomas Marko & associés - qui ont pu gérer leur communication. "Malheureusement, nous ne gérons plus ce client depuis leur cessation d'activité et n'avons rien gardé, ni archivé, nous répond la première. Et le conseiller presse qui était en charge de ce compte ne travaille plus à l'agence." Même son de cloche chez les autres. Les ex-conseillers com' Foodora auraient-ils disparu au moment de la fuite de la plateforme loin de l'Hexagone ? Le siège social Delivery Hero a fini par nous fournir une (non) réponse depuis l'Allemagne : "Comme il y a une enquête en cours sur Foodora [l'entreprise est en procès avec des livreurs mais aussi pour impayés avec des restaurateurs, ndlr], nous ne pouvons actuellement faire aucun commentaire concernant la France."

 

19. août, 2019

Midi Madagascar
Le 29 juillet 2019