11. déc., 2019

Le Huffpost

02/12/2019

La COP25 s'ouvre à Madrid sous le mot d'ordre "#TimeforAction"

La 25e conférence climat de l'ONU, prévue dans un premier temps au Chili, se tient en Espagne pendant deux semaines.

  • AFP

 CRISTINA QUICLER via Getty ImagesLa COP25 s'ouvre ce lundi 2 décembre à l'Ifema de Madrid (ici le 1er décembre).

COP25 - L’Humanité, qui subit les assauts du dérèglement climatique, a presque atteint le “point de non-retour”, mais la 25e conférence climat de l’ONU (COP25), à partir de ce lundi 2 décembre à Madrid, risque de ne pas répondre aux appels pressants à des actions immédiates et radicales.

Rapports alarmants des scientifiques, désobéissance civile de citoyens, défilés de jeunes par millions... Depuis un an, les pays signataires de l’accord de Paris sont la cible d’une pression sans précédent que résume le mot d’ordre de ces deux semaines de réunion: #TimeforAction.

“Nous ne pouvons plus remettre à plus tard l’action climatique”, a confirmé la ministre espagnole de l’Environnement Teresa Ribera, dont le pays accueille au pied levé la COP25 après le désistement du Chili, qui assure toutefois sa présidence.

Ce même message a été martelé sans relâche par l’ONU à l’approche du rendez-vous. “Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon, il est en vue et se rapproche de nous à toute vitesse”, a déclaré dimanche son secrétaire général Antonio Guterres, dénonçant des engagements “totalement insuffisants” contre le réchauffement. “Depuis des décennies, l’espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète rend coup pour coup. Nous devons mettre fin à notre guerre contre la nature”, a-t-il lancé.

Des mauvais élèves

Quelques jours plus tôt, le Programme de l’ONU pour l’environnement portait un coup aux espoirs d’atteindre l’objectif idéal de l’accord de Paris de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Il faudrait pour cela réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an, chaque année dès l’an prochain et jusqu’à 2030. Alors qu’il n’y a aucun signe qu’elles commencent à baisser.

Le monde a déjà gagné environ 1°C, entraînant une multiplication des catastrophes climatiques. Et chaque degré supplémentaire va augmenter l’ampleur des dérèglements.

Or au rythme actuel, la température pourrait grimper jusqu’à 4 ou 5°C d’ici à la fin du siècle. Et même si les États respectent leurs engagements actuels, la hausse du mercure pourrait dépasser 3°C.

“Ce qui manque toujours, c’est la volonté politique”, a déploré Antonio Guterres, pointant en particulier du doigt, sans les nommer, les pays les plus émetteurs de CO2, “qui ne font pas leur part”. “Certains pays comme la Chine et le Japon donnent des signes de leur réticence à augmenter leur ambition”, a estimé Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris.

Quant aux États-Unis, ils viennent de confirmer leur retrait de cet accord l’an prochain, même si le “peuple américain” est engagé contre le changement climatique, a assuré l’influente présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, qui devrait être lundi à Madrid.

Les pays du Sud attendent plus d’aide

Dans ce contexte, les yeux se tournent vers l’Union européenne et son tout nouvel exécutif qui sera présent lundi, aux côtés d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernements, dont une quinzaine de l’UE.

La Commission européenne, dont la nouvelle présidente Ursula Von der Leyen s’est engagée pour un “green deal” européen, “est le nouvel élément politique de la COP25″, note ainsi Laurence Tubiana. Elle espère que, lors du sommet européen des 12 et 13 décembre, les 28 pourront s’entendre sur l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Mais même dans ce cas, il faudra encore attendre 2020 pour que l’UE présente une révision de ses ambitions à plus court terme.

Aujourd’hui, seuls 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements de réduction d’émissions de CO2 en 2020, avant la COP26 à Glasgow. Mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts.

“Les décideurs doivent montrer qu’ils se préoccupent des communautés vulnérables les plus à risque, et pas des industries puissantes et motivées par le profit”, a plaidé Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace International.

Outre les actions, les pays du Sud attendent de leur côté plus d’aide et de soutien des pays du Nord pour faire face aux impacts du changement climatique.

“Nous appelons ceux qui sont le plus responsables de cette crise à honorer leur responsabilité envers les plus vulnérables, en ne sacrifiant pas les États insulaires en voie de développement”, a ainsi plaidé le groupe Aosis, représentant ces petites îles particulièrement menacées par la montée des océans.

 

20. nov., 2019

Marianne

La justice refuse de suspendre les arrêtés anti-pesticides de Sceaux et de Gennevilliers

Par Louis Nadau Publié le 08/11/2019

 Le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ce vendredi 8 novembre la requête du préfet des Hauts-de-Seine visant à suspendre les arrêtés anti-pesticides pris par les maires de Sceaux et de Gennevilliers.

C'est la revanche de la bataille judiciaire opposant l'Etat aux maires anti-pesticides, et un revirement par rapport à la suspension de l'arrêté du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff. Ce vendredi 8 novembre, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, dans le Val-d'Oise, a estimé, contre le préfet des Hauts-de-Seine, qui avait demandé leur suspension, que les mesures prises par les maires de Sceaux et de Gennevilliers pour bannir le glyphosate du territoire de leurs communes étaient valables.

Conflit de compétence

Par un arrêté du 20 mai 2019, le maire (UDI) de Sceaux, Philippe Laurent (UDI), imité trois semaines plus tard par son homologue de Gennevilliers, Patrice Leclerc, avait interdit "l’utilisation du glyphosate et autres substances chimiques utilisées pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles sur le territoire communal". Bien qu'il s'agisse de communes très fortement urbanisées, l'utilisation de pesticides restait notamment possible pour les copropriétés ou sur les voies de la RATP.

Les deux arrêtés anti-pesticides avaient fait l'objet de référés-suspension pris par le préfet des Hauts-de-Seine : selon le représentant de l'Etat, les maires n'étaient pas compétents pour prendre ce type de mesure. "Le législateur a organisé une police spéciale des produits phytopharmaceutiques qui, selon les produits, relèvent de la compétence des ministres chargés de l’agriculture, de la santé, de l’environnement et de la consommation", avait fait valoir la préfecture. Les maires auraient donc excédé leurs pouvoirs, entre les mains du gouvernement.

Le représentant de l'Etat dans le département ajoutait que "le principe de précaution (…) ne saurait avoir ni pour objet ni pour effet de permettre à une autorité publique d’excéder son champ de compétence et d’intervenir en dehors de ses domaines d’attributions". "Aucune étude n’établit de péril imminent pour la santé des populations qui pourrait justifier que le maire se substitue en urgence à l’Etat", concluait l'autorité administrative locale.

Alors que, dans le cas du maire de Langouët, qui avait décidé de l'interdiction des produits phytopharmaceutiques à moins de 150 mètres de toute parcelle comprenant un bâtiment à usage d'habitation ou professionnel, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes avait adhéré à cette argumentation, estimant l'édile "incompétent pour réglementer l'utilisation des produits phytopharmaceutiques sur le territoire de sa commune", l'ordonnance rendue par la juge de Cergy-Pontoise ce vendredi, que Marianne s'est procurée, affirme exactement l'inverse.

Le maire "dans son bon droit"

Si le magistrat reconnaît que le maire "ne saurait s’immiscer dans l’exercice de cette police spéciale [concernant les produits phytopharmaceutiques qu’en cas de danger grave ou imminent ou de circonstances locales particulières", il estime toutefois que le glyphosate représente justement une menace suffisamment établie pour que la municipalité prenne les devants : "Il ne saurait être sérieusement contesté que les produits phytopharmaceutiques visés par l’arrêté en litige, qui font l’objet d’interdictions partielles (…), constituent un danger grave pour les populations exposées", peut-on lire dans la décision de justice.

Et le magistrat de conclure, pointant les carences de l'Etat : "En l’absence de mesures réglementaires suffisantes prises par les ministres titulaires de la police spéciale, le maire de cette commune a pu à bon droit considérer que les habitants de celle-ci étaient exposés à un danger grave justifiant qu’il prescrive les mesures contestées."

Sur Twitter, le maire de Sceaux se réjouit d'une "grande première", tandis que celui de Gennevilliers voit dans cette décision un "encouragement pour croire dans la justice et continuer le combat pour défendre la santé des agriculteurs et des populations". "Ça fera jurisprudence, si on protège les habitants des villes, on ne peut pas ne pas le faire pour ceux des villages", se réjouit auprès de Marianne l'adjointe au maire de Sceaux, Florence Presson.

L'ordonnance du juge des référés est exécutoire à titre provisoire. Elle reste cependant contestable devant le Conseil d'Etat. En outre, l'affaire n'est pas encore jugée sur le fond, de sorte que le litige n'est pas définitivement tranché. Une procédure devant le tribunal administratif reste donc toujours possible à ce titre. Autrement dit, si les anti-pesticides ont remporté ici une victoire, la guerre des arrêtés n'est pas forcément terminée.

28. oct., 2019

Le Huffpost

Comment l'éco-anxiété touche et transforme les Français [SONDAGE EXCLUSIF]

L'angoisse du réchauffement climatique n'engendre pas que de mauvaises choses chez celles et ceux qui en souffrent, elle est aussi un moteur, c'est le sujet de notre dossier spécial.

Par Sandra Lorenzo     24/10/2019

51% des Français interrogés par l’institut de sondage affirment que le réchauffement climatique est pour eux une source d’angoisse

PSYCHOLOGIE - L’avion, c’est (presque) fini. Il va falloir se mettre au vrac et ne plus manger de viande. Terminé aussi la fast fashion, notre garde-robe ne sera que de l’occasion. Quant au chauffage cet hiver, ressortons mitaines et gros pulls pour limiter les dégâts.

Au quotidien, les Français font des efforts. Dans un sondage exclusif YouGov pour Le HuffPost LIFE, 84% des personnes interrogées disent trier leurs déchets, 81%, faire attention à leur consommation d’énergie, 70%, à leurs courses alimentaires. 37% des Français assurent privilégier l’occasion au neuf, 11% ne plus prendre l’avion et 10%, ne plus manger de viande.

Et cela ne concerne pas seulement notre seule personne. 76% de Français jugent les personnes de leur entourage qui ne font pas du tri, 72%, ceux qui ne font pas attention à leur consommation d’énergie. 58% des personnes interrogées voient même d’un mauvais œil ceux qui, à leurs yeux, surconsomment.

Malgré tout, l’inquiétude grandit. Et si c’était trop tard? 51% des Français interrogés par l’institut de sondage affirment que le réchauffement climatique est pour eux une source d’angoisse. Ce chiffre s’élève même à 72% chez les 18-24 ans, une génération bien plus au fait des problématiques environnementales et engagée dans l’écologie que les précédentes.

L’éco-anxiété, un poids très lourd à porter

Cette angoisse porte un nom, l’éco-anxiété, et elle provoque en nous bien des remous. Elle se manifeste par de la colère pour 39% des personnes interrogées, mais aussi par de la peur pour 34% des Français, puis par de la déprime pour 14% d’entre nous. Plus rarement, cette angoisse génère des troubles du sommeil (8%), un mal de dos (7%), de la dépression (4%) ou même des crises d’angoisse (3%).

Le poids de l’éco-anxiété serait donc bien lourd à porter. Mais, c’est l’un des enseignements de ce sondage, notre éco-anxiété est aussi le signe d’un profond changement. Cette inquiétude n’est pas forcément synonyme de paralysie. Au contraire, notre émotion, notre empathie face à la préservation de notre planète nous pousse à agir.

Pour aller mieux, 42% des personnes interrogées assurent en parler avec leur entourage et 35%, s’engager encore plus. Une fois encore, ce sont les jeunes générations qui montrent la voie. Les 18-24 ans comme les 25-34 ans sont ceux qui cherchent le plus à s’engager pour sortir de l’éco-anxiété.

C’est la raison pour laquelle Le HuffPost LIFE s’intéresse dans ce dossier spécial aux contours de cette éco-anxiété ainsi qu’à tout ce qu’elle pourrait engendrer de bon dans les années à venir.

  • Souffrez-vous d’éco-anxiété, d’angoisse climatique ou encore de solastalgie?

Dans ce premier article, nous faisons le point, car plusieurs termes existent pour définir cette angoisse. L’éco-anxiété désigne ce que les gens ressentent lorsqu’ils se sentent constamment rappelés aux problèmes associés au changement climatique. L’éco-paralysie renvoie au sentiment lié au fait de ne pas être capable de faire des choses concrètes pour atténuer les risques liés au changement climatique. La solastalgie est définie comme “l’état d’impuissance et de détresse profonde causé par le bouleversement d’un écosystème”, selon les termes de Glenn Albretch, philosophe de l’environnement et professeur au Département d’études environnementales de l’Université de Murdoch, en Australie, qui a inventé ce mot.

  • Sur Facebook, des refuges pour éco-anxieux voient le jour

Derrière l’un de ces groupes les plus populaires sur ce thème, “La collapso heureuse”, il y a Vadim Turpyn, consultant. Il regroupe aujourd’hui près de 20.000 personnes. Cet ancien ingénieur dans la finance a eu, en 2011, une prise de conscience qui l’a mené à changer son mode de vie.

Il nous raconte son parcours et comment cet espace en ligne est une ouverture pour sortir de l’éco-anxiété.

  • Parler aux enfants du réchauffement climatique sans les désespérer, c’est possible

L’avenir de la planète est déjà l’objet d’inquiétude pour les adultes. Les plus petits ne sont pas épargnés, bien au contraire. Choisir les bons mots pour expliquer la situation peut permettre de canaliser leur stress et est capital. Voici comment.

  • Comment la philosophie et la psychanalyse peuvent nous aider à prendre du recul?

Nous avons regardé du côté de la philosophie pour penser autrement notre éco-anxiété. Les questions que soulève ce sujet sont nombreuses. Qu’est-ce qui relève de notre responsabilité individuelle? Qu’en est-il de la responsabilité collective? Répondre à ces questions, agir en conséquence, c’est aussi commencer à trouver des solutions.

C’est aussi le sens du propos du psychanalyste Joseph Agostini dans sa tribune: “Notre éco-anxiété est une invitation à ne pas renoncer”.

  • Comment agir, au quotidien, pour lutter contre l’éco-anxiété?

Rester actif pour ne pas perdre espoir. Planifier des moments où donner libre cours à nos angoisses. Nous avons demandé à des thérapeutes comment ils faisaient face à ce type d’angoisses chez leurs patients comme chez eux. Des conseils à appliquer au quotidien.

 

18. oct., 2019

Français à l’étranger.fr

Alerte réchauffement climatique pour les pays méditerranéens

Publié le 12 octobre 2019 Par Nathalie Laville

 Un rapport du MedEcc, un réseau de plus de 80 scientifiques de la région Euro-Méditerranée, alerte la communauté internationale sur un réchauffement de 2,2 degrés dans les vingt ans à venir. Ce qui conduirait un quart de millions de personnes à devenir « pauvres en eau ».

Déjà, le réchauffement autour de la Méditerranée est 20 % plus rapide qu’ailleurs dans le monde. Ce qui va changer dans les années qui viennent ? Les vagues de chaleur seront plus marquées, plus importantes et plus longues. En particulier dans les villes. Cela entraînera mécaniquement une baisse de la pluviosité, de 20% si on contient la hausse du réchauffement à 2 degrés, de 40% si on laisse exploser la hausse du réchauffement. Une raréfaction de l’eau potable d’autant plus grave qu’elle s’accompagnera d’une salinisation des terres… et un réel risque de sécurité alimentaire.

 

30. août, 2019

Vous pouvez visualiser l'article intitulé : "sur les incendies en Amazonie, pourquoi Bolsonaro n' est pas le seul pointé du doigt", en cliquant ici