13. févr., 2018

AFE: réponse à l'article paru dans "le Canard enchaîné"

Votre article « L’Elysée en pince pour les Français de l’étranger » du 24/01/2018
Cher Canard enchaîné,

Il y a du vrai dans cet article concernant le contexte et les intentions de l’exécutif de réformer la représentation politique des Français de l’étranger. Toutefois, sans même parler de la forme et de l’utilisation malheureuses du terme „expatriés“ qui dénote une profonde méconnaissance de la réalité de la population des Français établis hors de France, le groupe Français du monde Ecologie et Solidarité de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) est sidéré du nombre d’erreurs reprises dans cet article et de l’image déplorable des élus qu’il véhicule.

En effet, cet article brosse dans son ensemble un tableau déformé, inexact et caricatural de la représentation politique des Français de l’étranger.
Non, les membres de l’AFE ancienne formule (avant la réforme de 2013) n’étaient pas „nommés“ par le gouvernement mais élus démocratiquement au suffrage universel direct, depuis 1982.
Non, les membres de l’AFE n’étaient pas, et ne sont toujours pas, uniquement des „grands électeurs“, mais remplissent un double mandat de Conseillers consulaires, élus de proximité, au service de la défense des intérêts des communautés françaises ET de conseiller à l’AFE. Assemblée qui, dans le cadre de deux sessions annuelles d’une semaine à Paris, se livre, au sein de commissions thématiques, à un travail de réflexion sur tous les sujets ayant trait à la vie des Français de l’étranger et émet des propositions concrètes au gouvernement et à l’administration.
Non, les membres de l’AFE, et au-delà l’ensemble des conseillers consulaires, ne sont pas des élus „nantis“ mais étaient et demeurent des bénévoles défrayés sur une base forfaitaire modeste. Dans l’ancien système (avant 2013), les indemnités étaient certes plus importantes (de l’ordre de 1 000 EUR mensuel contre désormais entre 900 EUR et 2 000 EUR par semestre selon les régions) et pouvaient être majorées, selon les fonctions occupées au sein de l’AFE et de l’éloignement. Bien loin toutefois des 4 000 EUR mensuels évoqués complaisamment dans votre article !
De fait, le budget de l’État n’a jamais été „généreux“ avec ces élus, à la différence d’autres élus locaux français.

Non, enfin, nous ne nous reconnaissons nullement dans ce tableau nous présentant comme des „rescapés“ s’accrochant à leur radeau et nous réfutons l’allégation selon laquelle nous aurions sabordé notre représentation en fournissant, „clés en mains“, un projet de réforme qui dispenserait le gouvernement de prendre ses responsabilités.
Oui, un groupe de travail de la commission des lois de l’AFE a élaboré un rapport présentant quatre pistes de réflexions, remis au gouvernement dans ce contexte de consultation, visant à améliorer la représentation politique des Français de l’étranger en partant d’un constat de la situation et des besoins. Pour l’heure, l’AFE, dans son ensemble n’a pas encore pu se prononcer puisque la prochaine session ne se tiendra que mi-mars 2018.

Pour le groupe Français du monde Ecologie et Solidarité (AFE) :
Mehdi Benlahcen, Président ; Anne Henry-Werner, Vice-présidente ; Jean-Philippe Grange, Vice-président ; Françoise Varrin, Secrétaire


http://www.fdm-es.org/qui-sommes-nous/le-groupe/