19. juil., 2019

Sécurité maritime : Une commission mixte malgacho-comorienne en gestion

Le drapeau Malgache brandi sur la Place de l’Indépendance comorienne.

Il est prouvé que l’amitié, aussi bien fraternelle que diplomatique entre Madagascar et les Îles des Comores, est au beau fixe. Après la participation de soldats comoriens à la parade militaire pour la célébration de la fête de l’Indépendance de Madagascar, sept contingents malgaches, dont trois femmes, issus de l’Armée malgache (Armée de l’air, Marine, Armée de terre) et de la Gendarmerie nationale, ont défilé sur la place de l’indépendance de la République des Comores et celle des Forces Armées de ce pays samedi 6 juillet. Dirigés par le Lieutenant-Colonel Raymond Martin Ralaikoa, leur prestation a renforcé de nouveau la coopération militaire entre les deux pays.

Ayant conduit la délégation malgache à cette cérémonie, le Chef d’Etat-major général de l’Armée malgache, le Général Théophile Rakotonirina, a été reçu par le président de La République des Comores, Azali Assoumani, et son homologue, Colonel Youssouf. Des rencontres qui ont permis aux deux parties de renouveler la coopération entre les deux pays, surtout dans le domaine de la sécurité et de la défense, et cela concerne essentiellement la formation. Sur ce dernier point, Madagascar dispose de l’Académie militaire d’Antsirabe, et de l’Ecole supérieure de la Gendarmerie à Moramanga, qui ont formé beaucoup d’officiers comoriens. Il a également été décidé la mise en place d’une commission mixte pour élaborer la nouvelle stratégie de collaboration entre les deux pays dans le domaine de la sécurité maritime. Pour ce faire, le Général Théophile Rakotonirina se penche actuellement sur ce projet.

Midi Madagascar

Le 08 juillet 2019

T.M.

15. avr., 2019

 Du 6 au 9 septembre 2019, visite du pape François sous le signe de la paix et de l'espérance. Trente ans après Jean Paul II en 1989, le pape François sera accueilli à Madagascar dans le cadre d'un voyage apostolique placé sous le signe de la paix et de l'espérance.

Midi Madagascar

Le 28/03/19

19. nov., 2018

"Les défis du parlementarisme à Madagascar"

Friedrich-Ebert-Stiftung FES Madagascar

Nous vous invitons cordialement à assister à la présentation de l’expertise sur « les défis du parlementarisme à Madagascar », jeudi 22 novembre 2018 à partir de 08h30 à l’hôtel Colbert – Salle Bougainvillée. Voici un extrait de cet ouvrage :

L’Assemblée nationale comme le Sénat se caractérise par un pouvoir d’une relative faiblesse en raison d’une mise en œuvre partielle de ses prérogatives. Cela s’illustre notamment par une très faible production légistique, la majorité des lois sont d’origine gouvernementale et les amendements sont également peu fréquents voire inexistants.
La production légistique au cours de la présente législature est de l’ordre d’une vingtaine de proposition de loi contre environ 200 projets loi. […] Un autre exemple de cette perte d’influence du Sénat est illustré par la voix consultative que les sénateurs possèdent auprès des conseils régionaux dont ils sont membres de droit alors que les députés ont une voix délibérative. Et pourtant, ces premiers sont censés être les représentants des collectivités territoriales, donc des régions. Ceci contraste avec la Constitution de 1998 qui leur octroyait une voix délibérative au sein des conseils provinciaux alors que les députés disposaient d’une voix consultative (article 132). […] Le Parlement malgache doit prendre la pleine mesure de ses pouvoirs que lui confère la Constitution de 2010 afin que le système fonctionne de manière équilibrée. Cette prise de conscience s’avère nécessaire pour assurer la stabilité du régime mais aussi la stabilité politique. Les défis auxquels est confronté le Parlement sont nombreux mais pas insurmontables.

Venez nombreux, l’entrée est libre !

#Projet_Parlement
#Friedrich_Ebert_Stiftung
« Le projet de coopération parlementaire est soutenu par le Ministère fédéral des Affaires étrangères (@Auswärtiges Amt) ».

 

17. août, 2018

L’industrie de la pêche malgache ravagée par le pillage étranger

Maicon Ratsiraka, 48 ans, scrute les eaux sereines de l’océan qui entourent la nation insulaire africaine de Madagascar. Il y a dix ans, lui et ses deux frères pêchaient 60 kilos de sardines par semaine, ce qui, durant les périodes favorables, pouvait leur rapporter jusqu’à 370 USD. Aujourd’hui, à bord de son embarcation de six mètres, il ne peut plus s’aventurer à plus de trois kilomètres au large des côtes, là où se concentrent d’importants bancs de sardines et de crevettes. Car s’il le fait, son bateau risque d’être arraisonné, voire attaqué par les imposants navires de pêche chinois, thaïlandais et sud-coréens qui braconnent dans l’Océan Indien autour de Madagascar. Son revenu s’en est vu sensiblement réduit. Depuis janvier de cette année, sa prise hebdomadaire lui rapporte à peine 57 USD. « Nous nous sentons désarmés, honteux, désœuvrés », confie Maicon, qui travaille à Toamasina, le plus grand port maritime du pays, qui est aussi la seconde ville du pays après la capitale, Antananarivo.

« Les grands bateaux-usines chinois sont en train de nous dépouiller de notre poisson et de notre gagne-pain. »

Située au large de l’Afrique de l’Est, Madagascar recèle l’un des stocks de poissons les plus riches de tout le continent. Ses vastes eaux territoriales s’offrent au pillage illicite, généralement par des navires battant pavillons étrangers. Les statistiques sur la pêche à Madagascar sont relativement peu fiables mais en 2008, le volume total de poisson capturé était estimé que 130.000 tonnes. La pêche illégale à laquelle se livrent les chalutiers étrangers menacerait les moyens d’existence d’environ 100.000 personnes au sein de quelque 1250 communautés de pêcheurs vivant sur les côtes malgaches. Les villes côtières les plus affectées, cependant, sont Toamasina et Nosy Be.

Les pêcheurs malgaches estiment que deux navires de pêche étrangers peuvent capturer, traiter et congeler le même volume de poisson que 30 boutres en un an.

Ces navires pirates opèrent de nuit et sont rarement pris. Ils éteignent leur radio et leurs feux de signalisation pour échapper aux patrouilles. À la nuit tombée, ces gangs jettent leurs filets, eux aussi illégaux et équipés d’hameçons de grande profondeur, pour capturer des espèces très prisées comme les crevettes, le maquereau, le thon, le requin et la truite de mer, qui rapportent gros sur les marchés de Beijing, Séoul et Kuala Lumpur. À titre d’exemple, un bol de soupe d’aileron de requin en Chine se vend pour la bagatelle de 300 USD !

 Alarmant

Dans un entretien avec Equal Times, la Commission nationale de la pêche et de la faune sauvage de Madagascar, instance gouvernementale chargée, entre autre, de la délivrance des permis de pêche, a révélé qu’en 2001, la population de requins autour de la ville de Toamasina accusait un déclin de six pour cent par an. Si l’on examine la période comprise entre 2005 et 2014, ce taux atteignait désormais 23%.

« L’épuisement des stocks de poisson est alarmant pour une nation insulaire pauvre comme la nôtre », a déclaré à Equal Times Antonio Jengar, statisticien du gouvernement malgache.

Selon l’Antananarivo Boat Fishers Agency (Agence des exploitants de bateaux de pêche d’Antananarivo), affiliée à la Confédération des travailleurs malgaches, en 2004, 406 pêcheurs lui étaient affiliés. En 2015, seuls 159 restent en activité. « La majorité des pêcheurs sont découragés par la baisse des stocks de poisson et leurs embarcations rendues inutilisables par les braconniers chinois », dit Asiko Bombay, trésorier du syndicat. Selon lui, beaucoup de pêcheurs sans emploi ont revendu leur bateau pour tenter leur chance dans la culture du riz. « Les chalutiers étrangers opèrent au départ de bateaux-usines gigantesques équipés de technologie d’ultra-congélation », indique Andrei Gatts, directeur d’écologie aquatique auprès du Madagascar Fauna and Flora Group (MFG), un consortium international de parcs zoologiques, aquariums, jardins botaniques et universités qui coopèrent avec le gouvernement malgache à la protection de la biodiversité nationale. Travaillant toute la nuit, ils se servent de hors-bords de taille plus réduite pour ravitailler les vaisseaux-mères ancrés plus loin au large.

Prog Messa représente un groupe de 100 pêcheurs dans une procédure qui cherche à contraindre le gouvernement d’interdire les chalutiers chinois de pêcher à moins de 30 kilomètres des côtes malgaches. « Les Chinois nous condamnent à rester à terre », dit-il. « Ils essaient de nous empêcher de pêcher. Et ils n’hésitent pas à recourir à la force brute. »

 Aucun respect pour la faune et la flore marine

Madagascar abrite certaines des espèces marines les plus rares de la planète et 90% de sa faune est endémique – mais celle-ci est à présent menacée. Entre temps, le tourisme marin, générateur de 10.000 emplois directs dans des villes comme Toamasina et Morondava est mis à dure épreuve. « Les Chinois ne respectent pas du tout la faune et la flore marine de Madagascar » signale Gatts.

Volanirina Ramahery, coordinateur de programme en charge de l’écosystème marin auprès du WWF confie à Equal Times que des lois sont bien en place pour protéger la flore et la faune marine à Madagascar mais elles « ne sont pas correctement appliquées ». Si ça continue, les retombées sociales et environnementales pourraient être « très négatives ».

« S’ils continuent à faire ce qu’ils font, ils pousseront l’écosystème de Madagascar vers le point de non-retour. » « La disparition des requins, par exemple, entrainerait la destruction des habitats marins locaux. Un déclin de l’industrie de la pèche au requin constitue une menace pour la stabilité économique et signalerait la perte d’une source de revenu vitale pour des milliers de pêcheurs. » Mais affaibli par des décennies d’instabilité politique, le gouvernement malgache semble impuissant devant le pillage de ses richesses marines. Madagascar, l’un des pays les plus pauvres du monde avec un revenu par habitant de seulement 419 USD ne dispose que de 11 patrouilleurs pour 4828 kilomètres de côtes.

D’après Bombay, la corruption gangrène une partie de la police et de l’administration judiciaire qui perçoivent des dessous de table de puissants armateurs étrangers et en échange, ferment les yeux sur le pillage. Madagascar se classe 133e sur 175 à l’indice Transparency International des pays les plus corrompus du monde en 2014.

L’organisation malgache pour la protection de la faune et de la flore (MFG) affirme que certains navires chinois ont recours à l’épandage de DDT, un dangereux pesticide interdit par la Convention de Stockholm des Nations Unies, pour tuer instantanément des quantités massives de poisson. Mais le fait est que le DDT décime aussi la faune et la flore environnante alors que chez les humains, le DDT a été associé avec le développement de certains types de cancer et de troubles reproductifs.

 Pas le choix

Les travailleurs malgaches qui donnent l’alerte et tentent de dénoncer l’activité des chalutiers étrangers sont cibles d’intimidations et même, dans certains cas, de violences. Certains donneurs d’alerte ont subi des attaques à la machette de bandes à la solde des braconniers ou ont vu leurs modestes embarcations éventrées en haute mer. Il n’est pas surprenant, dès lors, que certains pêcheurs locaux finissent par s’adonner au commerce illégal de poisson.

Étant dépourvus de tout espoir de trouver un autre travail, certains pêcheurs finissent par aller à la chasse aux requins pour ensuite revendre leur prise aux bateaux chinois à des prix pouvant atteindre 170 dollars le kilo. « C’est une catastrophe écologique, c’est horrible, je sais », admet un pêcheur, « mais cet argent nourrit ma famille ». Des travailleurs des villages sont aussi embauchés pour aider les braconniers.

Ils puisent dans de maigres économies gagnées à la sueur de leur front pour verser une commission de 800 USD en échange de la promesse de décrocher un emploi bien rémunéré sur un bateau de pêche en haute mer. Cependant, de telles escroqueries mettent les travailleurs à la merci des braconniers qui les forcent à trimer plusieurs semaines voire plusieurs mois sans interruption et sans salaire. À bord des navires où ils sont tenus en quasi-captivité, beaucoup se plaignent de devoir partager des couchettes en carton et de devoir travailler par équipes de 18 heures.

Et en lieu et place d’une rémunération en espèces, il leur arrive de ne recevoir que du poisson congelé d’une qualité invendable sur les marchés des pays concernés. « Les hommes victimes de cette escroquerie travaillent en haute mer durant des semaines à bord de navires chinois où l’air manque et les températures peuvent atteindre entre 40 et 50°C », explique Geneviève Hodyo, une avocate malgache qui travaille avec le syndicat des pêcheurs pour tenter d’obtenir des indemnités pour les travailleurs victimes d’abus.

Une bataille impitoyable est en train de se livrer sur plusieurs fronts pour le contrôle des ressources halieutiques malgaches et vu la situation politique et économique fragile dans laquelle se trouve le pays, tout effort visant à assurer que le peuple malgache puisse réellement tirer profit de sa richesse marine sera crucial pour l’avenir de l’île.

 Cet article a été traduit de l'anglais.

5. juil., 2018

Chronique de Vanf : Ils doivent bien compter pour quelqu’un

C’est une route, que dis-je, une piste improvisée sur une des digues qui traversent le Laniera d’Ouest en Est, reliant Ambohidroa ou Ambohijanahary-Antehiroka à Soavimasoandro, Belanitra, Namehana. 

 Les maisons, que dis-je, les petites cases d’une seule pièce ne sont même pas de plain-pied à hauteur de la digue, mais comme adossées en contrebas. J’avais beau chercher, je n’ai pas vu de ces inscriptions à la craie blanche que laissent derrière eux les agents recenseurs du RGPH3 (recensement général de la population et de l’habitat). Ces modestes masures ne sont sans doute pas éligibles à la nomenclature «habitation». Et pourtant, des gens y vivent bel et bien. Dans une grande promiscuité, sans beaucoup d’espace vital, pièce à vivre et basse-cour ne faisant pas chambres à part, mais ils y vivent.

 Ces gens-là, que dis-je, ces citoyens-là le sont-ils d’ailleurs pleinement ? Si RGPH3 les ignore, peut-être aussi que la liste électorale ne les concerne pas ? Et d’ailleurs, pour quoi faire ? Une photo actuelle de leurs conditions de vie ne diffère aucunement de ces vieux clichés en noir et blanc d’il y a soixante ans. En 1958, ç’aurait pu passer pour une carte postale. Le mur en pisé, la barque à fond plat, le mortier et le pilon usés d’avoir servi à blanchir le riz, nourriture emblématique en assiettée de plus en plus symbolique et devenu générique de l’acte même de manger en l’absence de tout condiment ou autre accompagnement : et au premier plan, des enfants au regard souriant. 

 En 2018, ça ne passe plus du tout. Toujours autant d’enfants, mais ils sont désormais à l’index des statistiques pour complicité de démographie galopante. De riz, sans doute qu’ils en produisaient eux-mêmes autrefois, mais les rizières ont disparu sous les remblais alors qu’il y avait moyen de faire sur pilotis la voie rapide Tsarasaotra-Ivato. Du menu fretin, mais que doit-il rester de poisson dans cette eau devenue bonde et regard de déversements industriels sans souci d’impact environnemental ? Reste cette petite volaille, qui va librement mais ne s’éloignant jamais beaucoup du feu de l’âtre qui leur tient chaud en attendant de les ébouillanter le jour où elles seront en ménopause de ponte. 

 En 1958, le voyeurisme désinvolte de quelque photographe fonctionnaire en quête d’illustration pour le dernier ouvrage à la gloire du Commissariat général au Plan et à l’Équipement, avait figé de l’exotisme. La réalité de 2018 s’inscrit désormais à la rubrique PMA (pays les moins avancés). L’indice du sous-développement inhumain s’étale sous nos yeux. On comprend, on acquiesce, on se résigne, à ce que notre pays soit éligible à l’aumône IPPTE (initiative pays pauvres très endettés).

 Cependant, et la multiplication des indices toujours plus composites en atteste, les marqueurs chiffrés de développement ou de sous-développement n’arrivent pas toujours à rendre parfaitement compte d’une réalité complexe et subtile, bref humaine.  

 On ne doit pas souvent leur demander leur avis, à ces gens. Ils doivent avoir une vague idée de cette République qui les a oubliés depuis soixante ans. Sans doute se félicitent-ils de l’indifférence du RGPH dont l’oubli leur est synonyme de tranquillité. Et s’ils sont si loin, à pourtant une poignée de kilomètres de la «civilisation», allons leur y voir une chance d’être indemnes du virus de la politique-diatribe en mode calomnie et accent hystérique. Réconciliation furtive avec le genre humain : comme tout le monde, ils ne doivent pas penser grand bien des impôts et taxes, dont ils n’ont jamais vu la moindre contrepartie de réalisation, à commencer par des mesures juste conservatoires sur cette digue précaire que l’érosion grignote. 

 On ne leur demande pas leur avis. Mais, ils pensent. On ne les recense pas. Mais, ils doivent bien compter pour quelqu’un. Je suis même sûr qu’ils ont un nom. En cette veille de 26 juin, anniversaire du retour de l’independance, leurs maisons arborent le drapeau malgache, sur leur toit trapu à hauteur d’homme. Signe d’appartenance. Comme ces parents pauvres qui s’invitent à une fête de famille brandissant leur filiation en guise de carton d’invitation. La République ne reconnaît pas toujours les siens. Eux savent se rappeler à son souvenir. Pour mieux te culpabiliser Mère-Grand.