15. janv., 2020

Tous le monde n’est pas logé à la même enseigne, ou diviser pour mieux faire passer la réforme.

Si l'exécutif insiste sur sa volonté de fondre les différents régimes de retraite dans un seul système, il ouvre dans le même temps la porte à un nombre grandissant de dérogations. Les policiers, douaniers, surveillants pénitentiaires, pompiers et contrôleurs aériens, Les militaires, Les marins pêcheurs, Les chauffeurs routiers, Les pilotes de ligne et le personnel navigant

Jean-Daniel Chaoui, Conseiller consulaire Madagascar, Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger

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Policiers, routiers, pilotes... Ces professions qui font exception dans le projet de système universel de retraite

Si l'exécutif insiste sur sa volonté de fondre les différents régimes de retraite dans un seul système, il ouvre dans le même temps la porte à un nombre grandissant de dérogations.

Des pilotes de ligne manifestent contre le projet de réforme des retraites, le 16 septembre 2019 à Paris. (KARINE PIERRE / HANS LUCAS)

Louis BoyFrance Télévisions

publié le 26/12/2019

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Le mouvement de grève interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites s'apprête, jeudi 26 décembre, à dépasser en durée la grève de 1995 et semble parti pour se prolonger au moins jusqu'en janvier. Tout au long de cette période de contestation, l'exécutif n'a pas changé de ligne : il veut toujours instaurer un système universel, le même pour tous, qui remplacerait les nombreuses situations particulières. 

Pourtant, dans les discussions avec certaines branches, le gouvernement n'est pas toujours si inflexible. Après avoir garanti aux policiers et aux militaires, notamment, qu'ils continueraient de pouvoir partir à la retraite avant 62 ans, il a convaincu mercredi 25 décembre quatre syndicats d'hôtesses et de stewards de lever leur préavis de grève du 3 janvier contre des engagements sur l'âge de départ mais aussi sur leur régime de retraite complémentaire. Le système mis en place par la réforme sera-t-il si universel que cela ? Franceinfo liste les exceptions.

Les policiers, douaniers, surveillants pénitentiaires, pompiers et contrôleurs aériens

C'est l'exception originelle, celle qui est présente depuis la genèse de la réforme et la publication du document dans lequel elle trouve sa source : le rapport Delevoye. Une partie du texte est consacrée aux départs anticipés "pour les fonctions dangereuses exercées dans le cadre des missions régaliennes". Un qualificatif large, qui inclut toutes ces professions, mais aussi les militaires, un cas un peu différent.

Le rapport promet que, comme c'est le cas aujourd'hui, ces professions auront droit à un départ à la retraite anticipé, afin de disposer de fonctionnaires "en pleine possession de leurs capacités physiques" : à partir de 52 ans pour les policiers, surveillants de l'administration pénitentiaire et contrôleurs aériens, et de 57 ans pour les sapeurs-pompiers professionnels, douaniers et policiers municipaux. Un âge de départ à taux plein sera fixé et correspondra, promet le texte, "à l'âge moyen de départ constaté pour ces catégories de fonctionnaires". Du fait de cette configuration, l'entrée dans le nouveau système à points concernera par ailleurs des générations plus tardives : non pas celle de 1975 mais celle de 1980 pour les professions partant à 57 ans, et celle de 1985 pour les professions partant à 52 ans.

Ces départs anticipés ne devaient, selon le rapport, être possibles qu'à condition d'avoir "effectivement occupé des fonctions dangereuses pendant une période minimale" – le texte proposait une durée de 27 ans. Mais face au mouvement de contestation des syndicats policiers, le gouvernement est revenu sur ce point, du moins pour ce qui concerne les forces de l'ordre : tous les policiers qui "occupent des fonctions régaliennes de protection de la population" pourront partir en retraite anticipée, quel que soit le danger auquel ils sont exposés, a promis le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, dans un courrier envoyé aux syndicats le 14 décembre.

Ces professions seront par ailleurs affectées par certains aspects de la réforme et verront disparaître des bonifications auxquelles elles ont droit aujourd'hui : le rapport Delevoye promet "des travaux" pour définir "un mécanisme de cotisation supplémentaire de l'employeur" qui permettrait de compenser cette évolution et maintenir le niveau des pensions. 

Ces conditions particulières n'empêchent pas l'existence d'une contestation de la part des syndicats policiers, qui réclament désormais les mêmes conditions que celles promises aux militaires, et donc aux gendarmes.

Les militaires

Eux aussi se sont vu promettre un statut différent par le rapport Delevoye, qui affirme que la réforme "maintiendra [les] particularités" de leur retraite, dont le départ précoce nécessaire au "renouvellement permanent des effectifs". L'âge minimum de la retraite dépendra, comme aujourd'hui, du grade des militaires : celle-ci restera ouverte au bout de 17 ans de service pour les militaires de rang et les sous-officiers et de 19,5 ans s'ils souhaitent éviter une décote. Le rapport promet également de maintenir "les niveaux globaux actuels de retraite", au moyen si besoin de cotisations plus importantes de l'employeur. 

Lors d'une visite aux troupes françaises en Côte d'Ivoire, le 21 décembre, Emmanuel Macron a de nouveau justifié ce statut à part dans le projet de système universel : "Quand on est militaire on ne touche pas la retraite, on a une pension. C'est différent", a-t-il déclaré.

Les marins pêcheurs

Leur cas est passé plus inaperçu, mais les marins, qui dépendent aujourd'hui d'un régime spécial, se voient également promettre une "prise en compte des spécificités" de leur métier, dans le rapport Delevoye. "Un nouveau dispositif permettant d'anticiper l'âge de départ sera élaboré", promet le texte, "retenant un critère objectif tel que la durée passée en mer".

Cet engagement suscite tout de même l'inquiétude des syndicats du secteur. "Nous voulons maintenir le départ à 55 ans après 37,5 années de cotisation (...) avec le même statut en mer et à terre", expliquait ainsi à l'AFP Thierry Le Guével, secrétaire général de l'Union fédérale maritime (UFM) CFDT, le 16 décembre. Le 19 décembre, après une réunion avec les syndicats, Edouard Philippe a assuré que les marins auraient "les assurances qu'ils demandent".

Les chauffeurs routiers

Le 16 décembre, les transporteurs routiers ont mené une journée d'actions, à l'appel de quatre syndicats, pour porter des revendications portant sur leurs conditions de travail, mais aussi en partie liées à la réforme. Ils ont exprimé leur inquiétude au sujet du congé de fin d'activité, un dispositif qui leur permet aujourd'hui de cesser leur activité jusqu'à cinq ans avant l'âge légal de départ à la retraite. Invité de France 2 ce même jour, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a assuré que ce dispositif serait maintenu avec la mise en place d'un nouveau système.

Les pilotes de ligne et le personnel navigant

Ces professions ont aujourd'hui droit à une retraite complémentaire, gérée par une caisse qui leur est dédiée, la CPRN, ainsi qu'à des conditions particulières de départ à la retraite. Elles menaçaient de faire grève le 3 janvier prochain. Mais quatre syndicats d'hôtesses et de stewards ont annoncé, le 25 décembre, la suspension du préavis. Reçus par le secrétaire d'Etat aux Retraites, Laurent Pietraszewski, ils disent avoir obtenu le maintien de leur régime complémentaire, le fait que la réforme ne concerne que le personnel né après 1987 et la possibilité de partir à la retraite à 60 ans.

Les pilotes ont également obtenu la garantie d'un âge de départ à 60 ans, à taux plein, et de conserver leur régime complémentaire. Le SNPL, principal syndicat de la profession, dit cependant attendre des engagements écrits avant de suspendre son préavis de grève.

 

13. janv., 2020

Le Huffpost

24/12/2019

Retraites: Pietraszewski ferme la porte aux critères de pénibilité. Le secrétaire d'Etat en charge des Retraites préfère que les salariés “se reconvertissent”.

Par Astrid de Villaines

POLITIQUE - C’est déjà non. Alors que le gouvernement a annoncé la veille son calendrier en vue de nouvelles concertations sur la réforme des retraites, le secrétaire d’État en charge du dossier, Laurent Pietraszewski, a donné quelques précisions ce mardi 24 décembre sur BFMTV.

Revendication majeure des syndicats de salariés, dont la CFDT, le rétablissement des quatre critères de pénibilité supprimés en 2017. “Ils n’étaient pas ou peu évalués dans la vie des entreprises. Nous ne pensons pas que c’est en remettant en place les critères qui ne fonctionnaient pas en 2017 que nous allons trouver des solutions”, a estimé Laurent Pietraszewski sur BFMTV. (À partir de 9′40).

“Nous disons ‘oui’ pour rouvrir le débat, mais pas sur ce qui a été décidé en 2017, ça ne fonctionnait pas”, insiste le successeur de Jean-Paul Delevoye. Et de proposer à la place une reconversion pour ces travailleurs. “La réalité de la vie de ceux qui sont en entreprise, c’est que lorsque l’on est exposé à la pénibilité, ce qui est intéressant c’est de savoir si on va me permettre de me reconvertir, de faire autre chose. Moi je préfère qu’on regarde comment aider une personne à faire autre chose plutôt que de la laisser dans un métier pénible”, a-t-il plaidé.

“Donner à tous les moyens de se reconvertir”

Une position qui semble partagée par l’ensemble du gouvernement puisque cette évolution est inscrite noire sur blanc dans le communiqué du Premier ministre qui annonce un nouveau cycle de concertations à partir du 7 janvier. “Construire des dispositifs de reconversion pour les salariés exposés longtemps à la pénibilité”, peut-on lire. 

Au HuffPost, le 23 décembre, le syndicat réformiste Unsa faisait de ces quatre critères un point majeur des futures concertations et assurait que c’était un point de blocage du patronat. “On reviendra à la charge sur les quatre critères de pénibilité, c’est la responsabilité du patronat qui bloque”, expliquait Laurent Escure, son secrétaire général.

“On va aider (le salarié, NDLR) à se reconvertir, ce qui n’empêche qu’un certain nombre de critères doivent être pris en compte”, a fait valoir le secrétaire d’État aux retraites sur BFMTV, sans en dire plus, mais en insistant: “Je crois que mon engagement c’est de donner les moyens à tous de se reconvertir”.

 

9. janv., 2020

Marianne

Retraites : Bruno Le Maire entretient le flou sur la revalorisation du salaire des enseignants

Par Louis Nadau

Publié le 06/01/2020 

Tout en restant très flou sur son montant, le ministre de l'Economie présente, ce lundi 6 janvier, la revalorisation salariale des enseignants comme un "investissement" du gouvernement, alors qu'elle ne sert qu'à compenser la baisse de leurs pensions induite par la réforme des retraites.

Ni vu ni connu, je t'embrouille. Invité de France Inter ce lundi 6 janvier, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, s'est livré à un délicat tour de passe-passe sur l'épineuse question de la retraite des enseignants, d'abord en noyant le poisson sur le montant exact de l'enveloppe accordée aux profs pour compenser la baisse du niveau de leurs pensions, puis en qualifiant ladite compensation "d'investissement" dans l'Education nationale.

Rappelons, à toute fin utile, que les enseignants seraient, suivant à la lettre le système proposé par le gouvernement, les grands perdants du chambardement du régime des retraites : dans la mesure où ils touchent en moyenne moins de primes que les autres fonctionnaires et que ces dernières seront davantage prises en compte dans le calcul des pensions, les profs perdront logiquement au change. Par ailleurs, la réforme prévoit que les niveaux de retraite soient calculés sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les six derniers mois. Or les rémunérations d’un prof débutant étant relativement faibles, de sorte que les enseignants seraient à nouveau lésés.

Pour contrebalancer ces baisses de pension, le gouvernement s'est engagé à augmenter les salaires des profs, ce que ne manque pas de rappeler Bruno Le Maire ce lundi : "Nous allons revaloriser le traitement des enseignants", indique le patron de Bercy. "Je l'ai dit à plusieurs reprises, ce n'est que justice, surtout quand on regarde le traitement des enseignants du primaire, qui doivent toucher 1.350 ou 1.400 euros net par mois au démarrage. Je comprends parfaitement leur inquiétude, et donc il est indispensable de revaloriser ces traitements."

Face à des enseignants réunis le 13 décembre dernier dans un gymnase de Nancy, le Premier ministre, Edouard Philippe, expliquait que le coût de la revalorisation salariale était "de l'ordre" de dix milliards d'euros. Répartis sur combien de temps ? "On a une dizaine d'années et parfois un peu plus pour revaloriser un peu plus les enseignants", répondait Edouard Philippe. Comme l'indiquait Jean-Michel Blanquer le 15 décembre dernier dans le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, ces dix milliards devraient se répartir de 2021 à 2037.

Lire aussiRetraites : après les annonces d'Edouard Philippe, les enseignants s'inquiètent d'une "entourloupe"

Sauf que, ce lundi, le ministre de l'Economie est beaucoup plus prudent - voire carrément frileux - sur le montant dédié à la revalorisation du salaire des enseignants. "Là ça va être plusieurs centaines de millions d'euros, nous le savons. Je ne peux pas vous donner de chiffre exact…", hésite Bruno Le Maire, sans plus de précision sur la période ou la fréquence à laquelle les profs bénéficieront de ce budget. Surprise par ce premier louvoiement, Léa Salamé s'assure d'avoir bien compris : "Vous parlez de plusieurs centaines de millions d'euros, moi j'ai lu le chiffre de dix milliards d'euros, seulement pour que les profs gardent leur niveau de pension. Est-ce que c'est un chiffre qui est farfelu, dix milliards d'euros ?", demande-t-elle. BLM botte à nouveau en touche : "Je ne peux pas vous donner de chiffre précis avant que Jean-Michel Blanquer ait engagé les discussions avec les enseignants", répond-il, évoquant les négociations sur la revalorisation salariale ouvertes le 13 décembre par le ministre de l'Education nationale avec les organisations syndicales.

"Je ne vous demande pas de chiffres précis. Vous parlez de plusieurs centaines de millions d'euros pour les enseignants, moi de dix milliards. Il y a quand même une fourchette un peu large", insiste l'intervieweuse. Nouvelle esquive de l'ancien des Républicains : "Le ministre des Finances prendra les discussions telles que Jean-Michel Blanquer les aura conduites. (…) Je vous donnerai les chiffres lorsque nous saurons exactement ce que sera cette revalorisation des enseignants. Aujourd'hui je ne peux pas vous le dire. Mais vous dire que ça ne coûterait que quelques centaines de milliers d'euros, ce serait évidemment vous mentir." Pour autant, le patron de Bercy, loin d'être disposé à donner un montant précis, se garde bien de confirmer le chiffre de dix milliards d'euros que l'exécutif laissait miroiter aux enseignants en décembre.

"une dépense d'investissement", vraiment ?

Et Bruno Le Maire de poursuivre sur sa lancée : "La réalité, c'est que c'est une dépense importante, mais je vais vous dire : c'est une dépense d'investissement. C'est investir sur les enseignants, c'est investir sur nos enfants, investir sur l'avenir des Français." En présentant comme un effort consenti par le gouvernement ce qui n'est, en réalité, qu'une façon de corriger les effets pervers de la réforme des retraites, il semble que le ministre de l'Economie s'emporte un peu. "Si on applique mécaniquement la réforme, on obtiendrait des niveaux de pension sensiblement inférieurs" reconnaissait le Premier ministre en personne le 13 décembre dernier. "Evidemment, ça ne va pas se passer comme ça", ajoutait-il aussitôt, tandis que Jean-Michel Blanquer promettait dans la foulée que "les pensions ne baisser[aient] pas, ni pour ceux nés avant 1975 ni pour ceux nés après"."Ce sera écrit dans la loi, ce sera vérifiable", insistait même le ministre de l'Education nationale.

Et si un doute subsistait quant à la nature réelle de la revalorisation salariale envisagée par le gouvernement, un coup d'œil à la lettre adressée aux enseignants le 3 décembre dernier par le même ministre suffit à le dissiper. "Du fait du montant plus limité des primes versées aux enseignants par rapport à d'autres fonctionnaires comparables, le Gouvernement s'est engagé à ce que la mise en place du système universel s'accompagne d'une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique", écrivait Jean-Michel Blanquer... Pas vraiment "l'investissement" tant vanté par Bruno Le Maire.

7. janv., 2020

Le Huffpost

22/12/2019

Emmanuel Macron renonce à sa retraite pour "ramener l'attention sur lui", selon ce communicant

Discret sur le conflit social lié à la réforme des retraites, le président de la République tente un coup politique. Interview du communicant Philippe Moreau-Chevrolet.

Par Alexandre Boudet

POLITIQUE - C’était sa petite surprise à lui dans le débat passionné sur la réforme des retraites. L’Elysée a confirmé ce samedi 21 décembre dans Le Parisien qu’Emmanuel Macron renonce à la retraite d’ancien président de la République telle qu’il aurait pu la toucher.

Alors qu’il espère toujours mettre en place un système universel à points, le chef de l’État ne percevra pas les 6000 euros brut par mois auxquels il avait droit dès sa sortie de l’Élysée. Un nouveau système sera mis en place, dont les détails ne sont pas encore connus.

Pendant que le dialogue piétine entre les partenaires sociaux et l’exécutif, que la trêve de Noël espérée par le gouvernement s’éloigne, Emmanuel Macron espère ainsi “ramener l’attention sur lui”. C’est en tout cas l’avis du communicant politique Philippe Moreau-Chevrolet, président de MCBG Conseil.

Que faut-il penser du timing de cette annonce? 

Le dimanche est devenu le nouveau jour des “grandes” annonces politiques. Parce qu’il est riche en émissions politiques, où interviennent en général des figures majeures, qui peuvent commenter et donc amplifier une annonce. Parce qu’il est, en général, pauvre en informations. Encore davantage à la veille de Noël. Ce qui laisse de la place. Et parce qu’il “ouvre” la semaine politique. De la part d’Emmanuel Macron, c’est une manière de reprendre la main sur l’agenda médiatique. Il veut attirer l’attention sur lui. Et il s’adresse, avec le Parisien, à l’électorat populaire. Le Président a été quasiment absent du débat sur les retraites. L’enlisement du conflit rendait son intervention inévitable.

Emmanuel Macron dit qu’il renonce à sa retraite pour ”être exemplaire”. Faut-il le croire? 

Emmanuel Macron se met toujours dans la posture du héros: quand tout devient désespéré, il vient au secours de son camp, avec un sacrifice personnel. Il “paye” littéralement de sa personne. Comme il l’avait fait pendant le grand débat durant lequel il se mettait en scène pendant six ou sept heures, en direct devant les caméras des chaînes d’info en continu. Cette performance en public lui avait permis de récupérer l’attention des médias et de les détourner des gilets jaunes. Elle lui avait aussi permis de remobiliser son électorat -et en priorité les seniors- avant les européennes. Le Président doit rêver d’un retournement de situation similaire aujourd’hui, à la veille des municipales.

Qu’il choisisse la question de l’argent n’est sans doute pas non plus un hasard...

Renoncer à sa propre rémunération fait partie des outils de communication populistes qu’utilise Emmanuel Macron. Donald Trump avait, par exemple, renoncé à son salaire en arrivant à la Maison Blanche. François Ruffin a annoncé que, comme député, il se paierait au SMIC. C’est clairement une communication populiste. 

Quels risques prend-il à faire cette annonce? 

Je ne suis pas sûr que le message retenu soit positif. S’il sacrifie sa retraite, c’est qu’il a les moyens de le faire. Et supprimer sa propre retraite au moment où les Français ont peur de perdre la leur peut être anxiogène. Cette annonce démontre, aussi, un caractère jusqu’au-boutiste et peu enclin au dialogue.

Mais c’est, encore une fois, une manière de ramener l’attention sur soi de la part du chef de l’État, dont les soutiens attendent un miracle: une sortie de crise et une rampe de lancement pour les élections municipales, alors que la division fait rage sur le terrain. Avec l’émergence de nombreux dissidents, qui se réclament tous, paradoxalement, d’Emmanuel Macron. Dans le fonctionnement politique de LREM, le rôle du chef est central. C’est lui qui est supposé détenir les clés de la situation. À lui, maintenant, de ne pas décevoir.

 

3. janv., 2020

25/12/2019

Réforme des retraites: des syndicats de l'aérien lèvent leur préavis du 3 janvier

Plusieurs syndicats de personnels navigants ont estimé avoir obtenu des avancées significatives après une rencontre avec Laurent Pietraszewski.

Par Lucie Oriol

 TRANSPORTS - Le ciel s’éclaircit. La grève du 3 janvier prévue dans l’aérien contre la réforme des retraites s’annonce de moins en moins certaine. Trois syndicats d’hôtesses et de stewards ont annoncé ce mercredi 25 décembre avoir levé leur préavis après avoir obtenu des “avancées” suite à un entretien avec le secrétaire d’État chargé des retraites, Laurent Pietraszewski, ce lundi.

Dans un communiqué, le SNPNC-FO, l’UNSA PNC et l’UNAC se félicitent “d’avancées significatives”, notamment sur la conservation du régime complémentaire et le maintien “des conditions de départ actuelles”. Pour autant, les organisations syndicales restent prudentes, expliquant que “nombre de questions restent en attente de réponses claires et précises. Ces questions seront traitées début janvier”, détaillent-elles. 

Le gouvernement, qui a dévoilé son nouveau calendrier de concertations, commencera à recevoir les partenaires sociaux dès le 7 janvier. 

“Le préavis est suspendu, puisque nous n’avons pas obtenu des garanties suffisantes, mais en un après-midi c’est normal, et nous avons prévu de nous revoir la première quinzaine de janvier”, a par ailleurs indiqué Christelle Auster, secrétaire générale du SNPNC-FO sur Franceinfo.

Ces annonces suivent celles du syndicat des pilotes (SNPL), majoritaire chez Air France et qui rencontrait également le nouveau monsieur retraite du gouvernement lundi. Au Parisien, l’organisation a expliqué être en “réflexion” après avoir “obtenu satisfaction”. 

Sur BFMTV, le président du SNPL, Yves Deshayes s’est félicité d’avoir pu discuter avec un gouvernement ”à l’écoute, ouvert à nos demandes”. “Le schéma présenté pourrait répondre à nos demandes, simplement on a besoin de l’expertiser, de voir si financièrement tout cela tient la route”, a-t-il ajouté sans pour autant annoncer dans l’immédiat une levée du préavis du 3 janvier mais laquelle ne fait plus guère de doute dans ces circonstances.