7. mai, 2019

Afrique du Nord

Soudan: Omar el-Béchir transféré dans une prison

Une semaine après sa destitution, Omar el-Béchir a été transféré à la prison de Kober, mardi soir.Les manifestants, eux, restent mobilisés.

Les manifestants réclamant un pouvoir civil au Soudan sont restés fortement mobilisés mercredi, malgré le transfert en prison du président déchu Omar el-Béchir, principale cible de leur colère avant sa destitution par l'armée la semaine dernière.

Un proche de M. Béchir, 75 ans, a indiqué à l'AFP que ce dernier, jusque-là détenu dans un lieu inconnu, avait été transféré dans la nuit dans une prison du nord de la capitale Khartoum.

M. Béchir a vu ses trois décennies de règne s'achever le 11 avril avec sa déposition par les militaires après quatre mois de contestation populaire inédite. Il est par ailleurs sous le coup de deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale, notamment pour "génocide" et "crimes contre l'humanité" dans la province du Darfour (ouest), mais son extradition reste très incertaine.

Dans la capitale, des milliers de personnes sont toujours rassemblées pour le 12e jour consécutif devant le QG de l'armée.

Débérrasser du régime

Aujourd'hui, les manifestants réclament la dissolution du Conseil militaire de transition qui a succédé à M. Béchir et l'instauration d'un pouvoir civil.

Au moins 65 personnes sont mortes depuis le début de la contestation, selon un bilan officiel.

Des docteurs, des journalistes et des étudiants se sont joints mercredi au sit-in(...)

Certains estiment que beaucoup reste encore à faire. "C'est vrai, on a eu Béchir, mais nous devons encore nous débarrasser du régime", a déclaré Khaled Mohamed, un médecin.

Le Conseil militaire de transition, dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhane, a déjà fait des gestes envers les manifestants en libérant des protestataires, limogeant des figures controversées du nouveau pouvoir, et en promettant un gouvernement civil, sans ingérence des militaires(...)

Concernant le sort d'Omar el-Béchir, visé par des mandats d'arrêt de la CPI, le pouvoir militaire a d'abord affirmé qu'il refuserait de l'extrader. Puis un membre du Conseil militaire, le général Jalaluddine Cheikh, a indiqué que la décision serait "prise par un gouvernement élu et non par le Conseil militaire".

Pour Amnesty International, Omar El-Béchir "doit être immédiatement remis à la CPI"(...)

L'Express de Madagascar

Le 18/04/19

TEXTE ET PHOTO:AFP