28. août, 2014

Edito : Gouvernement Valls 2 : un certain malaise…

De la sociale démocratie au social libéralisme…

 

En politique, les symboles sont importants. En nommant Emmanuel Macron  au Ministère de l’économie, François Hollande et Emmanuel Valls ont indiqué clairement leurs choix. L’ex-secrétaire général-adjoint de l’Elysée a un passé de renom en qualité de banquier et n’a jamais exercé un mandat politique. Exit donc le discours du Bourget, déjà congelé depuis l’arrivée de Manuel à la primature.

 

L’assise politique du gouvernement Valls2 et du hollandisme se réduit comme peau de chagrin à mesure qu’avance le quinquennat. EEVL a à nouveau décliné l’invitation, estimant que « les conditions pour la participation d’écologistes ne sont pas réunies », selon Jean-Vincent Placé. Robert Hue comme Jean-Michel Baylet (le patron des Radicaux de gauche), pressentis, n’ont pas souhaité répondre favorablement. La gauche du PS, auparavant représentée par Montebourg, Hamon et Filippetti, est désormais absente.

Peut-on gouverner la France avec  une fraction d’un parti politique (l’aile droite du PS) et une côte de popularité exsangue. Oui semble dire François et Manuel ! Le pari est osé. Il est aussi très risqué pour le parti socialiste et place la gauche dans une situation «d’injonction paradoxale »!

 

« Hollande impose son équipe à un PS en miettes » titre en effet le Monde d’aujourd’hui. Le Président comme le Premier ministre, en « clarifiant leur équipe », se coupe de plus en plus de leur majorité. Ils tournent le dos à un principe intangible en politique, celui qui veut que pour gagner, il faut rassembler d’abord son camp, et ensuite plus largement. Manuel n’a jamais eu cette qualité, mais François la cultivait auparavant. Mais le

pouvoir isole. La crédibilité du duo de l’exécutif   est devenue

aujourd’hui très faible compte tenu de l’absence de résultats et des paris perdus depuis le début du quinquennat dans le domaine économique.

 

L’avenir est donc incertain et l’impression prévaut pour beaucoup de socialistes, comme pour la majorité des Français, d’une fuite en avant dans le brouillard économique en espérant une embellie aléatoire.

Quelle météo à La Rochelle dans ce contexte ? Les Universités d’été du PS seront un baromètre bienvenu pour évaluer l’amplitude de la dépression sociale-libérale des socialistes. Rendez-vous à vendredi en Charente maritime pour ceux qui s’y rendre.

 

Amitiés socialistes

 

Paris, le 27 août 2014

Jean-Daniel Chaoui

Membre du Bureau Fédéral de la FFE