9. juin, 2015

Imbroglio politique à Tananarive

Le chef de l’état, Hery Rajaonarimampianina, est sous le coup d’un acte de défiance de plus de la majorité des deux-tiers de l’Assemblée Nationale Malgache (ANM), celle-ci ayant voté la déchéance du Président de la République. La balle est maintenant dans le camp de la HHC (Haute Cour Constitutionnelle), qui se trouve placée en situation d’arbitre par rapport aux motifs avancés par l’ANM.

 

Les relations entre la Présidence et le gouvernement d’un côté, l’ANM de l’autre, ont été compliquées dès le début d’une cohabitation imposée par les évènements, le Président de la République malgache et les députés ayant été élus le même jour, dans un même scrutin. Mais le Président, n’ayant pas de majorité à l’ANM, il fut contraint de gouverner en naviguant avec des majorités fluctuant au gré des votes et des intérêts du moment des uns et des autres.

 

Le déséquilibre présent de la vie politique malgache a pour origine « l’exclusion » des deux ex-Présidents Marc Ravalomanana et Andry Rajaolina, personnalités qui dominent la vie politique malgache et dirigent les partis les plus influents, sans être au pouvoir. Leur exclusion de l’élection présidentielle imposée par la Communauté internationale, a produit des « candidats par défaut » et l’arrivée inattendue de Hery Rajaonarimampianina, Président sans support d’un parti politique qui lui soit propre.

 

L’organisation d’Assises nationales sans les parlementaires, il y a quelques semaines, a mis le feu aux poudres. L’ANM a dénoncé d’entrée l’absence de légitimité démocratique de ces assises où les délégués furent désignés. Ces assises ont conclu leurs travaux par des résolutions préconisant la dissolution de l’ANM et de nouvelles élections pour une Assemblée constituante préparant une nouvelle constitution. Or le Président a signé un engagement de mettre en place les résolutions dans une cérémonie de clôture.

 

La HHC doit trancher ce différend. Il est peu probable qu’elle désavoue le Président. Mais la coexistence entre l’ANM et le Président est devenue plus que problématique. La dissolution de l’ANM entrainerait de nouvelles élections législatives que le Président Hery Rajaonarimampianina n’est absolument pas certain de remporter, pour les raisons que j’exposais ci-dessus, Marc Ravalomanana et Andry Rajaolina restant en embuscade.

 

Nous entrons dans une période de turbulences et d’incertitudes politiques.

 

Jean-Daniel Chaoui
Conseillers consulaire Madagascar
Membre du Bureau Fédéral sortant de la FFE
Conseillers AFE Afrique