4. nov., 2013

Edito : la réforme des rythmes scolaires en question !

Chacun s’accorde à dire qu’il fallait mettre en place, à l’école primaire, une meilleure répartition de la charge horaire de travail sur la semaine. Très bien, puisque c’est ce qu’a proposé le ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, avec la réforme des rythmes scolaires.

 

La loi, votée il y a quelques mois, entrait en application en septembre 2013. Les communes avaient deux années pour s’organiser et la mettre en place. Seulement 25% des communes ont choisi de l’appliquer dès à présent. La mesure consiste à répartir les horaires de classes (24h de cours hebdomadaires) sur cinq jours dans la semaine, au lieu de quatre auparavant. Les heures qui seront ainsi dégagées en fin de classe l’après-midi seront consacrées à des activités « périscolaires », culturelles et sportives : quarante cinq minutes d’activité dans l’école  quatre jours par semaine.

 

Tout cela part du bon sens et devrait faire consensus. Que nenni ! Alors d’où viennent les récriminations actuelles ? Les élus critiquent le fait que le coût de cette mesure n’est pas financé et revient en grande partie à la charge des communes, pour la rémunération des intervenants et l’achat de matériel.  Le financement prévu par l’Etat pour aider les communes est de 53 euros par enfant alors que Vincent Peillon a reconnu que cela couterait 150€ par élève en réalité. L’encadrement réglementaire est d’un adulte pour 18 enfants, et les animateurs devraient être formés et compétents. Certaines communes demandent aussi une participation financière aux parents. Une discrimination entre communes riches et communes moins riches s’installe donc sur la qualité des activités proposées.

 

Convenons que toute mise en place a ses approximations et que cette nouvelle organisation doit trouver, progressivement, son rythme de croisière. Mais les élections municipales approchant, l’UMP tente de s’emparer du sujet pour dramatiser à l’excès les insatisfactions et politiser la réforme. Faire de la réforme des rythmes scolaires un enjeu politique est un bien mauvais service à rendre aux enfants.

 

Tananarive, le 16 octobre 2013

Jean-Daniel Chaoui

Président de l’UESRE