8. sept., 2014

La pauvreté, principal vecteur d’Ebola

La propagation rapide du virus met en relief le délabrement des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest.

 

L’épidémie de fièvre hémorragique a tué, depuis son apparition en janvier 2014, près de 1000 personnes sur 1700 patients infectés, soit un taux de mortalité de près de 60%. Les quatre pays concernés sont la Guinée (363 décès), la Sierra Leone (286 décès), le Libéria ( 282 décès) et le Nigéria (un décès). Mais plus globalement toute l’Afrique de l’Ouest est impactée par le risque d’épidémie.

 

La contamination entre humains se fait par contact direct avec du sang ou des liquides organiques. L’isolement des personnes infectées met fin à l’épidémie. Plusieurs paramètres  font obstacle à une éradication rapide :

le premier est la pauvreté des patients et le délabrement des services de santé dans les pays d’Afrique de l’Ouest ( la Guinée ne consacre que 50€/an par habitant à la Santé), le second est la corruption et « l’exploitation » des patients qui ont ruiné la confiance entre les structures se santé et la population. Le troisième est d’ordre culturel :

les cérémonies de veillées des morts entretiennent les contacts avec les dépouilles alors qu’il faudrait les inhumer rapidement. Le faible nombre de médecins (il n’y a que 50 médecins au Libéria pour une population de 4 millions d’habitants) est aussi facteur aggravant.

 

Cette maladie de la pauvreté n’intéresse pas les laboratoires car ces populations ne sont pas « rentables ». Près de 40 ans après la découverte du virus Ebola, il n’existe toujours pas de traitement et encore moins de vaccin. «  C’est parce qu’Ebola touche un faible nombre de patients. Cela ne représente pas un marché pour les laboratoire privés », assure Pierre Mendiharat, de Médecins sans frontières. La fébrilité qui s’est emparée des pays riches face à la grave épidémie d’Ebola en cours pourrait changer la donne. Avant que la fièvre ne retombe !

 

(Source : article l’Humanité du 12 août 2014) Jean-Daniel CHAOUI Conseiller consulaire Madagascar, Conseiller AFE La Rochelle, 31 août 2014