31. oct., 2019

Français à l’étranger.fr

Banque Mondiale : Le projet DOING BUSINESS

Un projet pour mesurer la réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies.

Publié il y a 6 heures le 29 octobre 2019 Par Weena Truscelli

 Dans certains pays, des lourdeurs administratives ou des coûts de transaction injustifiables sont un frein au bon fonctionnement des échanges commerciaux et découragent les entrepreneurs et investisseurs mêmes les plus téméraires. Sans oublier que : “Les pesanteurs réglementaires risquent de faire sortir du périmètre de contrôle des organismes de surveillance et du fisc les entreprises tentées par l’ombre du secteur informel ou par une délocalisation dans des pays où le climat des affaires est plus favorable.“

Prenant en compte de nombreux paramètres,  la 17ème édition du Rapport Doing Business publié par la Banque Mondiale,  analyse les réglementations de 190 économies dans 12 domaines afin d’évaluer le climat des affaires et d’établir un classement des économies du monde les plus performantes du point de vue de la facilité de faire des affaires. Selon l’étude, les dix économies qui arrivent en tête de ce classement sont, dans l’ordre : la Nouvelle- Zélande, Singapour, la RAS de Hong Kong en Chine, le Danemark, la République de Corée, les États-Unis, la Géorgie, le Royaume-Uni, la Norvège et la Suède.

“Les économies qui obtiennent les meilleurs résultats ont plusieurs caractéristiques en commun, notamment l’utilisation généralisée de systèmes électroniques. Les 20 premières économies du classement se sont toutes dotées de systèmes en ligne pour la constitution d’une société, la déclaration des revenus et les procédures liées aux transferts de propriété. En outre, 11 d’entre elles disposent de systèmes numérisés de gestion des permis de construire.  Ces économies possèdent en général un cadre réglementaire solide, associé à un degré élevé de transparence.

Le rapport classe également les pays en fonction de la progression de leur climat des affaires. Doing Business 2020 constate ainsi que les dix économies qui se sont le plus améliorées dans ce domaine sont l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Togo, Bahreïn, le Tadjikistan, le Pakistan, le Koweït, la Chine, l’Inde et le Nigéria. “

 

16. oct., 2019

Marianne

EDF : pourquoi la privatisation annonce des hausses massives du prix de l’électricité​ 

Par Emmanuel Lévy, Publié le 11/10/2019 à 07:30

Le projet "Hercule" d'EDF ne se cantonne pas à l'espace financier. Le procédé, qui compte séparer l'opérateur en deux, pousse plus avant la privatisation et avec elle… la hausse de la facture d'électricité pour les consommateurs. Démonstration.

« Il faut également protéger les consommateurs français contre les hausses de prix de marché, qui peuvent fluctuer très fortement. » L'injonction ne vient pas d'une association de consommateurs mais de Jean-Bernard Lévy, le patron d'EDF. Dans un mail confidentiel adressé au top management du groupe et destiné à faire le point sur le projet « Hercule », le patron d'EDF sait qu'il tient là un des arguments capables de faire mouche auprès de l'opinion publique. En l'état, le projet conforte en effet la marche vers un système concurrentiel, déjà synonyme de facture plus « salée » pour les consommateurs.

Et de fait, après une hausse de 7% en 2019, les Français devraient à nouveau voir leur facture gonfler au 1er janvier 2020, de 3,5% à 4%, soit près de 60 euros par an pour les ménages se chauffant à l'électricité, selon une information du Parisien. Longtemps habitués à un kilowattheure bon marché, les Français ont pu goûter, depuis dix ans, aux joies de la concurrence. Là où était promise une baisse générale des prix, c'est au contraire un mouvement massif de hausse qui s'est produit. Selon les chiffres d'Eurostat, l'électricité, qui était 30% moins chère que la moyenne européenne, en 2010, ne l'était plus que de 17% en 2016. Depuis 2010, alors que la structure de production n'a quasiment pas évolué - elle reste à 85% nucléaire -, le kilowattheure a progressé de plus de 30%…

Chère transition verte

Si les coûts de production sont restés stables, ainsi que le coût de commercialisation, 35% de la facture en 2017, il en va tout autrement de ses deux autres composantes : les taxes et les coûts de transport. Les premières pèsent à présent près de 35% de la facture, 30% pour les seconds. Ces deux postes se sont littéralement envolés, sous le même effet : la politique de transition énergétique vers les renouvelables, éolien et solaire en tête. Or « Hercule » envisage d'aller plus avant dans cette mutation, à travers une filiale en partie privatisée (EDF « vert »). Une part accrue des taxes est en effet affectée à l'ensemble du système de subvention des éoliennes, panneaux solaires et autres travaux d'isolation thermique.

Quand à RTE, l'entreprise qui gère le maillage électrique du pays, elle-même explique dans son rapport annuel que le tiers de ses investissements est aujourd'hui consacré à l'adaptation du réseau « à la transition énergétique » . Des milliards d'euros facturés par EDF aux consommateurs et qui finissent dans d'autres caisses que celles de l'opérateur historique.

Concurrence perdante pour EDF

Autre facteur inflationniste visible sur la facture énergétique et renforcé par « Hercule » : la généralisation de la concurrence sur le marché électrique. « Le marché de l'électricité est typiquement celui pour lequel la concurrence est moins efficiente. Mais qu'importe : sous la pression de Bruxelles, la France a dû créer artificiellement un marché concurrentiel de l'électricité. Or les deux énergies les moins chères que sont le nucléaire et l'hydroélectrique sont dans les mains d'EDF, ce qui complique les choses pour les concurrents, qui sont essentiellement des distributeurs qui achètent de l'énergie. Pour que cela fonctionne, EDF a été contraint de fournir à un prix coûtant son électricité nucléaire à ses concurrents » , explique David Cayla, économiste à l'université d'Angers. Ce programme porte un nom : Arenh pour Accès régulé à l'énergie nucléaire historique.

Pour ses concurrents, c'est simple. Soit le prix sur le marché européen est inférieur, et ils se fournissent sur le marché de gros, soit c'est plus cher et ils frappent à la porte d'EDF. Autrement dit, l'opérateur historique perd sur tous les tableaux : quand il pourrait vendre plus cher sa production sur le marché national ou à l'export, vers l'Allemagne, par exemple, il doit la vendre à prix coûtant. Et quand c'est moins cher, EDF, dont les productions sont quasi constantes, se retrouve avec des surplus dont personne ne veut. Bref, l'opérateur historique est grand perdant.

 

14. oct., 2019

Si vous voulez visionner l' article intitulé "Neuf indices permettant de savoir si une entreprise est performante, par Bernard Jomard"; cliquer ici

3. oct., 2019

Si Vous voulez visualiser, l' article intitulée : "L' Europe est à vous : guide pratique pour les entreprises en Europe; cliquez ici

1. oct., 2019

Marianne

Assurance chômage

Pôle emploi : comment les allocations des jeunes et des précaires vont baisser discrètement

Par Laurence Dequay

Publié le 25/09/2019 à 17:00

C'est l'Unedic qui l'a calculé : les travailleurs précaires pourraient perdre jusqu'à 22%, en moyenne, de leur allocation avec la réforme de l'assurance chômage qui entre en vigueur le 1er novembre. Et ce, sans qu'aucune étude ait étudié en amont l'impact de ce changement massif sur leurs comportements.

On en mesure l'ampleur avec plus de précision depuis la publication par l’Unedic de sa note d’impact : si la moitié des chômeurs seront touchés, les principales victimes de la réforme de l’assurance chômage imposée par le gouvernement seront massivement… les jeunes et les travailleurs précaires qui cumulent CDD d’usage et CDD de moins de six mois.

l'ARE pour certains va baisser de 22%

D’abord, parce qu'à partir de ce 1er novembre 2019, les nouveaux inscrits à Pôle Emploi devront avoir travaillé a minima six mois sur les 24 derniers mois pour se voir ouvrir des droits (2,9 milliards d’économies attendus sur 2020-2022). Ensuite, parce qu’ils verront leur salaire journalier de référence, base de calcul de leur indemnisation, fléchir. Ce dernier ne sera plus en effet évalué sur la base des seuls jours qu’ils auront travaillés, mais moyenné sur l’ensemble des jours de la semaine de la période (2,65 milliards d’économie attendus entre 2020-2022).

In fine, l’Unedic estime donc que tous ceux qui n’auront pas travaillé complètement sur leur période d’activité de référence perdront 22% en moyenne de leur ARE (allocation de retour à l'emploi), qui fondra en moyenne de 905 à 708 euros (et même de 868 euros à 431 euros pour ceux qui auront œuvré moins d’un jour ouvrable sur deux). Certains cependant pourront percevoir l'indemnité plus longtemps. Une « tuerie », s’indigne Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, syndicat qui a beaucoup œuvré en faveur des droits rechargeables au chômage. Quand la CGT, de son côté, annonce qu'elle va contester devant le Conseil d'Etat le décret de réforme publié cet été.

Lire aussiAssurance chômage : voici les nouvelles règles officielles de la réforme

Décourager l'inscription à Pôle emploi ?

De fait, au regard de l’impact financier massif que va avoir cette réforme de l’assurance chômage sur les privés d’emploi stable, on attendait pour le moins que décisionnaires communiquent à l’Unedic des études indiscutables et spécifiques, documentant clairement les changements de comportement visés par la réforme. En vain ! La faiblesse de la note publiée par l’Unedic sur ce sujet clé en dit donc long, en creux, sur les motivations exclusivement budgétaires du gouvernement…

En page 47, cette note nous assène en effet qu’aucune étude n’a évalué spécifiquement dans quelle mesure une baisse d’allocation accélère effectivement la reprise d’emploi des chômeurs ! Gêné manifestement par cette absence de documentation, l’Unedic se contente de produire un tableau dit « d’élasticités » - corrélant variations de niveaux d’allocation et de durées du chômage dans sept pays très différents. On y observe d’abord que lorsque l’on augmente l’équivalent de notre allocation chômage de 1%, les demandeurs d’emploi indemnisés restent à peine plus longtemps désœuvrés aux États-Unis (0,1%), en Autriche (0,15%), en Norvège (0,3%). Mais plus longtemps en Finlande (2%). Bref, une fourchette si large qu’elle empêche toute conclusion pour la France... D’autant plus qu’on ignore si ces effets sont intervenus dans un contexte de récession économique ou de croissance, ce qui importe. Et qu’il n’y a pas de surcroît, précise l’Unedic, de consensus entre les experts sur un autre point décisif : les chômeurs qui touchent moins d’argent sont-ils ou pas contraints d’accepter des emplois de moindre qualité ? Contrainte qui conditionne, le cas échéant, le retour à la case chômage au bout de quelques mois…

Finalement, un seul effet apparaît parfaitement documenté : aux Etats-Unis, lorsque l’allocation des chômeurs augmente de 10%, 2,5% de privés d’emploi supplémentaires s’inscrivent. On peut donc en déduire qu’en baissant aussi drastiquement les conditions d’indemnisation des précaires en France, le gouvernement sait qu’il va décourager nombre d'entre eux de s’inscrire à Pôle Emploi. Et donc accélérer la fonte de ces chiffres… « Pour apprécier les différents effets de cette réforme d’ampleur, il est donc déterminant d’engager dès les prochains mois une démarche de suivi et d’évaluation », conclut prudemment l’Unedic. C’est le moins, en effet, d’évaluer l’impact d’une réforme budgétaire décidée quasi à l’aveuglette !