19. juin, 2018

Les fondamentaux

Sous –emploi et demande

Pourquoi la prospérité est-elle si intermittente ? Il n’est pas difficile de l’expliquer. Les agents économiques, particulièrement quand ils sont riches, ne dépensent pas la totalité de leurs revenus en consommation courante.

Il existe diverses raisons pour lesquelles la production de biens capitaux a tendance à fluctuer dans de larges proportions. Or ce sont ces fluctuations de l’investissement qui sont à l’origine de celles des profits d’abord, de l’activité économique ensuite et finalement, de la prospérité nationale et mondiale. Pour maintenir la prospérité, il faut qu’une juste proportion des ressources nationales, ni trop ni trop peu, soit consacrée à l’investissement productif.

Il n’y a aucune raison de supposer qu’il existe quelque « main invisible », un mécanisme d’autocontrôle du système économique qui assure que le montant de l’investissement soit constamment au bon niveau. Il est même extrêmement difficile d’y parvenir délibérément au moyen de ce qu’on appelle aujourd’hui la « planification ». Le mieux que nous puissions espérer est d’utiliser certains investissements, qu’il est relativement facile de planifier comme compléments pour assurer, dans la mesure du possible, la stabilité de l’investissement global au niveau approprié.

 Source : J. M. KEYNES, la Pauvreté dans l’abondance, 1ère éd. 1937, Gallimard, 2002

 La relance de l’activité économique est généralement lente. Le temps de voter les dépenses, de commencer leur mise en œuvre….et, bien souvent, la crise est déjà finie. Tel est le principal enseignement que les économistes tirent des différents plans de relance engagés depuis cinquante ans. Se voulant être « contracycliques »(1), ils se révèlent le plus fréquemment procycliques (2). Car les gouvernements sont attirés par des projets pharaoniques, qui prennent du temps, et sont finalement contre-productifs. Cette leçon vaut d’être entendue. Retour à Keynes, ou, mais humble et efficace.

 

(1) qui s’oppose à la tendance dominante du cycle

(2) qui renforce à la tendance dominante du cycle