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19. févr., 2020

Le Huffpost

07/02/2020

Discrimination à l'embauche: 7 entreprises épinglées par le gouvernement. Toutes ces entreprises, sauf Renault qui adopte une position plus nuancée, se sont dites “indignées” et dénoncent des "conclusions erronées”.

JUSTICE - Le gouvernement a épinglé ce jeudi 6 février sept entreprises françaises -Air France, Accor, Altran, Arkéma, Renault, Rexel et Sopra Steria- pour “présomption de discrimination à l’embauche à la faveur d’une campagne de testing qu’il avait commanditée auprès de chercheurs de l’université de Paris-Est-Créteil en octobre 2018.

 Ces entreprises, à l’exception de Renault, se sont déclarées “indignées” par les “faiblesses manifestes de la méthodologie utilisée qui aboutit à des conclusions erronées”. Contacté par Le HuffPost, le groupe automobile souhaite adopter une réaction plus nuancée et dit “comprendre la démarche du ministère” même si les résultats et la méthodologie adoptés “ne sont pas généralisables à l’ensemble du groupe” et doivent être “lus avec prudence”. 

Sur l’ensemble des entreprises testées par les chercheurs, “il est estimé que le taux de succès du candidat dont le nom a une consonance maghrébine est de 9,3% contre 12,5% pour le candidat avec un nom à consonance européenne”, ce qui représente “25% en moins de chance” d’avoir une réponse -de bonne réception ou donnant une information- indiquent les ministères. 

“Ces tests correspondent à l’envoi de 10.349 candidatures fictives ou demandes d’information”, candidatures spontanées ou répondant à une offre, précisent-ils. Ces demandes d’information, concernant des postes d’hôtesses d’accueil et de techniciens de maintenance, sont envoyées par paires: une avec un nom à consonance européenne et une avec un nom à connaissance maghrébine.

Des “limites” pointées par les chercheurs eux-mêmes  

Interrogée jeudi, Air France “conteste totalement la méthodologie et les conclusions du rapport” qui “ne reflètent absolument pas la culture, les valeurs et les pratiques de l’entreprise”, d’autant qu’elles reposent sur des candidatures spontanées. 

“Nous recrutons 4000 personnes par an en France sur un marché d’ingénieurs ou règne la pénurie, nous ne pouvons pas nous permettre de faire de la discrimination”, a réagi de son côté une porte-parole de l’entreprise Altran. À noter que l’étude souligne le cas d’une entreprise, Air Liquide, pratiquant une discrimination ”à l’envers” qui “avantage le candidat potentiellement discriminé”.

Cette étude a “ses limites”, a expliqué le gouvernement. Des limites déjà mises en avant par les chercheurs eux-mêmes. D’abord les candidatures ont été envoyées à des managers alors que certaines entreprises ont “recours à des bases centralisées par les directions RH (ressources humaines) et à des ATS (applicant tracking system), c’est-à-dire une application ou une solution web qui assiste les RH dans les étapes du recrutement”. Deuxièmement, ces emplois d’hôtesse d’accueil et de technicien de maintenance sont parfois sous-traités par les entreprises qui ont fait l’objet du testing. 

AccorHotels et Courtepaille déjà épinglés en 2016

Une première version de cette étude avait été révélée par France Inter début janvier sur un plus grand échantillon (103 entreprises) mais aucun nom d’entreprise n’était alors sorti. Les résultats dévoilés jeudi portent sur 40 grandes entreprises du SBF 120.

Selon les ministères du Travail, du Logement et le secrétariat aux Droits des femmes qui ont présenté ces résultats jeudi, il s’agit du “plus grand testing jamais réalisé en France sur l’emploi”. Emmanuel Macron avait promis une telle mesure en mai 2018 à l’occasion de l’annonce de mesures pour les banlieues. 

En 2016, un précédent testing qui portait sur un envoi bien moins nombreux de candidatures avait épinglé AccorHotels et Courtepaille. La question du “name and shame” qui consiste à pointer du doigt telle ou telle entreprise fait débat. 

Nouvelle vague bientôt lancée

Le gouvernement a indiqué jeudi qu’il relancerait “une nouvelle vague de testing avec un cahier des charges prenant en compte les marges de progrès identifiées sur la première étude”. Les représentants des trois ministères n’ont cependant pas précisé quand serait présentée une “stratégie gouvernementale” contre les discriminations à l’embauche, pourtant annoncée par la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa. 

Dans un communiqué, la fédération nationale des “maisons des potes” a regretté ce manque d’annonces et demandé au gouvernement “de rendre public les recommandations qu’il a prodiguées aux 15 grandes entreprises épinglées par le testing gouvernemental et aux sept dont l’identité a été révélée”.

De son côté, SOS Racisme a décidé de signaler ces faits au Parquet de Paris ce vendredi. “Au-delà des chiffres, ce sont des carrières et des trajectoires de vie qui sont brisées à cause du racisme”, écrit l’association, exigeant des actions concrètes des autorités. 

 

8. nov., 2017

L'optimisation fiscale des multinationales, mise en lumière par les Paradise Papers, fait partie du système capitaliste actuel qui accentue la concentration de la richesse mondiale et génère "une situation explosive", a expliqué à l'AFP le prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus.

"Le système capitaliste qui a conduit à tous ces problèmes comporte un défaut majeur qui est la concentration de la richesse", estime l'économiste bangladais lors d'un entretien à l'occasion de la sortie de la version française de son livre "Vers une économie à trois zéros", (éditions JC Lattès). 

"Plus vous en avez, plus vous en gagnez. C'est le système", explique M. Yunus, vêtu d'une kurta beige (longue chemise), depuis la tente dressée dans les jardins de la Cité universitaire internationale de Paris où il participe au Global Social Business Summit. 

"L'évasion fiscale fait partie du problème, absolument!", s'écrie-t-il. "Le jeu consiste à faire plus d'argent", s'agace-t-il en s'en prenant directement aux plus grandes fortunes mondiales, qu'il ne cite pas. Mais il renvoie à une étude publiée en janvier par l'ONG Oxfam qui dénonçait la concentration "indécente" de la richesse entre les mains de huit personnes. 

Il s'agit de l'Américain Bill Gates (fondateur de Microsoft), l'Espagnol Amancio Ortega (Inditex, maison mère de Zara), Warren Buffet (PDG et premier actionnaire de Berkshire Hathaway), le Mexicain Carlos Slim (magnat des télécoms latino-américains), Jeff Bezos (fondateur et PDG d'Amazon), Mark Zuckerberg (PDG et cofondateur de Facebook), Larry Ellison (cofondateur et PDG d'Oracle) et Michael Bloomberg (fondateur et PDG de Bloomberg LP). 

- Compétition entre riches - 

Aux yeux de M. Yunus, prix Nobel en 2006 pour son combat pour sortir des millions de familles de la pauvreté grâce au micro-crédit, les plus riches se livrent à "une compétition pour se présenter comme des hommes à succès".  

"Pourquoi ne devraient-ils pas payer des impôts ? Parce qu'ils ont besoin de beaucoup d'argent. Ils ne veulent pas partager, parce que plus leur richesse est grande, plus ils peuvent la multiplier rapidement", s'agace l'économiste.  

Selon Oxfam, il faudrait à l'homme le plus riche du monde 2.738 ans pour dépenser sa fortune au rythme d'un million de dollars par jour.  

"Et que faites-vous de cet argent? Vous le mangez? Vous en profitez? Vous achetez des centaines voire des milliers d'automobiles? Cela n'a pas de sens", assure-t-il. 

Les Nouvelles

Le 08/11/17

 

27. févr., 2017

La vérité

Le 23/02/17

15. nov., 2013
Standard & Poor's dégrade de nouveau la
 
note de la France