25. avr., 2017

Macron 2017

Macron promet qu'il n'y aura pas d'anciens ministres dans son gouvernement

Le candidat à la présidentielle d'En Marche! a pourtant été rejoint par un certains nombres d'ex-membres de gouvernements, de François Bayrou à Corinne Lepage en passant par Michel Mercier.

De Dominique Perben à Philippe Douste-Blazy en passant par Robert Hue, les ralliements à Emmanuel Macron semblent être en marche vers le passé. Le candidat d'En marche! en a bien conscience, lui qui s'est senti obligé de donner des gages ce mardi, en organisant une conférence de presse à son QG sur le "renouvellement politique" et sur la construction d'une "majorité de projet". 

Le candidat à l'élection présidentielle en a profité pour indiquer qu'il "ne souhaite pas avoir d'anciens ministres au gouvernement" s'il est élu. "Je prône le renouveau des visages, il s'applique pour l'équipe gouvernementale de manière très claire". Et d'insister: "J'imposerai le renouveau dans la méthode, dans les pratiques, dans l'équipe gouvernementale."  

"Je ne ferai pas mon gouvernement avec les états-majors des partis politiques", a encore prévenu l'ancien ministre de l'Economie en précisant qu'il serait "composé d'une quinzaine de ministres tout au plus, qui seront d'abord choisis pour leurs qualités et pour leur expérience (...) pas pour leur supposé poids politique". "Il faut en finir avec les ministres qui n'ont d'autre légitimité que celle d'un apparatchik", a-t-il ajouté, en indiquant que ces ministres "seront issus pour une partie conséquente de la société civile, dans toute sa diversité". 

Ces messages d'autorité semblent notamment s'adresser à l'ancien Premier ministre Manuel Valls dont une partie de l'entourage le pousse à soutenir Emmanuel Macron afin de peser dans la future majorité. "Je ne ferme la porte à personne", a assuré Emmanuel Macron. "Simplement cette conférence de presse est organisée avant des décisions à venir pour les uns et des décisions passées pour les autres. J'ai juste dit quelles étaient les règles que nous entendions faire respecter", a-t-il encore glissé. 

Une femme au gouvernement?

Il a également dressé le portrait robot de son Premier ministre idéal. Il ou elle sera choisi(e) "pour ses compétences, pour son expérience, y compris politique, pour sa capacité à faire travailler ensemble et à obtenir des résultats de la large majorité que nous travaillons à construire". Emmanuel Macron a d'ailleurs redit qu'il chercherait en priorité à nommer une femme à Matignon.  

"Maître des horloges", comme il s'est défini mardi, Emmanuel Macron a également précisé les règles du jeu pour la future éventuelle majorité parlementaire qu'il compte constituer. Ses opposants l'attaquent régulièrement sur son incapacité à avoir une majorité à l'Assemblée nationale, ce qui créerait une forte instabilité institutionnelle. Mais selon le candidat, cette majorité née des élections législatives de juin se créera naturellement, dans le sillage de la victoire à la présidentielle, "grâce à la qualité de nos candidats" dont la moitié sera issue de la société civile. 

577 candidats investis sous l'étiquette En marche!

"Je suis stupéfait de voir encore que de nombreux responsables ou commentateurs prétendent que nous serons dans l'incapacité d'avoir une majorité parlementaire", a-t-il d'ailleurs souligné. "577 candidats" seront donc investis "par vagues successives dans les prochaines semaines et d'ici au lendemain du second tour de la présidentielle", a-t-il assuré, sachant qu'une "part mineure" de candidats seraient désignés après le 7 mai. 

"Chacun de nos candidats sera investi sous la bannière de la majorité présidentielle et non d'une étiquette ancienne et devra se rattacher politiquement et administrativement à cette majorité", a également affirmé l'ancien ministre de l'Economie. Grâce à cette obligation, En Marche! sera ainsi l'unique récipiendaire des subventions publiques, versées en fonction des résultats aux législatives et du nombre de parlementaires. 

Excluant ainsi une double étiquette avec En Marche!, il a défendu "un mouvement ouvert et cohérent" mais refusé à nouveau tout "accord d'appareil". Seul le MoDem de François Bayrou, qui a renoncé à se présenter à l'élection présidentielle pour soutenir Emmanuel Macron, bénéficiera d'une exception.

L’Express

Le 29/03/2017

AFP