19. juin, 2017

Point de vue

Gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche

Depuis qu'on a hélas inversé le calendrier électoral, un président élu demande toujours dans la foulée une majorité pour gouverner et en général, par un effet multiplicateur, il l'obtient. Cela va se confirmer une fois de plus le 18 juin ; le vote à l'étranger nous en a donné un avant-goût amer. Nous aurons même un  raz de -marée "République en marche". Comme Louis XVIII jadis, Emmanuel Macron disposera d'une "chambre introuvable", une "chambre d'enregistrement" en vérité,  et c'est ce qu'il voulait.

 Pour la France et les Français, nous devons lui souhaiter de réussir. Mais j'ai à cet égard quelques raisons d'être inquiet. La première est que notre pays a besoin pour faire vivre la démocratie et pour son équilibre d'avoir une Gauche et une Droite. Il faut deux jambes à la France pour tenir debout et à fortiori pour marcher. La seconde raison  tient dans l'excès de pouvoirs. Il n'est pas sain qu'un dirigeant les détienne tous entre ses mains. Ne court-il pas le risque d'en abuser ? Il ne manque pas d'exemples dans l'Histoire qui montrent que ce risque existe. Pussions-nous en être épargnés !

 Pour réussir son audacieux pari, Emmanuel Macron a repris à son compte, dans un autre contexte et à son profit,  le cri lancé par le "Prince Noir" à son père Jean II le Bon, Roi de France, à la bataille de Poitiers, l'autre bataille de Poitiers, celle de 1356 : " Gardez-vous à droite, gardez-vous à gauche". Cette formule a suffi pour déclencher un tsunami qui l'a fait élire à la présidence et qui, aux législatives, engloutira les candidats qui ne "marchent pas", tandis que, "Fluctuat nec mergitur," des centaines de Mjid,  flotteront sans couler jusqu'au Palais Bourbon où, n'en doutons pas, les débats seront absents, en tout cas guère animés.

 La première vague, annonciatrice de la "déferlante", a emporté dès le premier tour nos candidats partis en première ligne. En cet instant, j'ai une pensée particulière et amicale pour Didier Le Bret. Je suis fier de l'avoir soutenu et je reste convaincu qu'il était un bon candidat et aurait été un très bon député. Son intelligence, son expérience et ses compétences, d'autres, plus chanceux que nous, en profiteront un jour ailleurs. Mais Didier Le Bret connait ce mot de Nietzche : "Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort".

 Quant à nous, peuple de gauche, nous aurons à reconstruire notre maison. C'est ce que font tous les peuples depuis des siècles sur leurs terres dévastées et la vie reprend à chaque fois. Ce n'est donc pas un "clap de fin" mais juste la fin d'un acte. D'autres suivront, préparons –nous à  y jouer nos rôles, chacun à sa place.

 A  bientôt sur le chantier de la reconstruction !

Le 09/06/2017