29. juin, 2017

Point de vue

Attention à la marche!

Il y 10 ans le petit Nicolas fêtait son élection à grand renfort de bling bling. Certains attendaient des lendemains enchanteurs, demain on allait raser gratis! Une nouvelle assemblée allait nous voter des lois allant dans ce sens et plus nous travaillerions, plus nous gagnerions! Le résultat a été un gros bide, on n'a jamais autant bossé et aussi peu gagné, sauf Nic' et ses copains, charité bien ordonnée... On l'a viré cinq ans plus tard sous les huées. Juin 2012, un sauveur était né, François, il nous promettait le changement pour maintenant, et des lendemains qui chantent aussi. Une nouvelle assemblée, peuplée de jeunes députés dynamiques allait nous voter des lois qui nous combleraient de bonheur et d'allégresse. Résultat, des milliards partis dans les caisses du patronat et les poches des actionnaires, une loi scélérate qui a animé une jacquerie sans précédent, attisant les populismes de droite comme de gauche. On l'a viré, ou plutôt il s'est viré tout seul, comme un grand. Bérézina totale de son parti, tous ou presque virés sans sommation, les bons comme les moins bons. Et aujourd'hui, 19 juin 2017, en marche vers les lendemains qui chantent (ça commence à faire un peu rengaine), en marche vers où au fait? Qu'importe, ce n'est pas le but qui compte, c'est le chemin, nous dit la sagesse chinoise. Marchons, marchons... Tsinn ta poum, tsoin tsoin...

J'ai dégoté chez Emmaüs un vieux bouquin datant de 1988 : "1789 l'année sans pareille", de Michel Winock, il y est question de mécontentement populaire, de corruption, de privilèges, de caisses vides de l'État, d'un banquier devenu ministre des finances, Necker, qui est congédié par le pouvoir et revient sous la pression populaire. Il voulait réformer plein de choses, notamment la représentation du tiers état aux États Généraux, réformer les finances, s'attaquer aux privilèges... J'ai pas encore fini le bouquin, mais j'ai peur que ça finisse mal cette histoire. Bien sûr toute ressemblance avec des faits réels est pure coïncidence. Moralité : avant le lendemain qui chante il y a toujours un grand soir.

 Bonne chance la France!