Blog

18. nov., 2015

Edito : La mobilité « au pied des murs » : Aller et venir,  ou le contrôle des frontières.

 

La crise migratoire actuelle met en relief les contradictions d’une mondialisation pris en étaux entre pratiques et concepts que tout oppose.

 

D’une part, la mobilité s’est imposée comme une norme symbolique de  modernité, cette forme de flexibilité démontrant la capacité de l’homme à s’adapter aux exigences du marché du travail. Cette représentation est portée par les populations à revenus élevés des pays occidentaux ou les plus fortunés des habitants du Sud. Si l’on parle de « mobilité » pour des Français qui partent à l’étranger, on désigne les Africains, Syriens et asiatiques qui viennent en France sous le vocable de « migrants ». Le discours positif sur la mobilité masque ainsi une réalité peu partagée et réservée à une « Upper class » privilégiée face à des « citoyens low-cost ». (Libération n°10689 du 01/10/2015)

 

D’autre part, la recrudescence de pratiques de contrôle fondées sur la construction de barrières et de murs, « la teichopolitique » selon le mot du géographe Stéphane Rosière (Libération n°10689 du 01/10/2015), marque la volonté de contrôler et de réguler, voire d’interdire l’accès à un territoire et de refouler, dans un monde submergé par les flux. Les barrières, les murs et leur corollaire, le «check-point», sont les outils principaux de contrôle des migrations. Il est remarquable de voir les anciens pays de l’Est construire des murs sur leur frontière orientale après les avoir fait tomber sur leur frontière occidentale.

 

« Mobilité et teichopolitique » représentent bien l’ambivalence actuelle de l’évolution du monde entre ouverture pour les uns et fermeture pour les autres. Notons cependant que  l’idéologie dominante est bien celle du contrôle, révélateur des tendances profondes de nos sociétés.

 

Paris, le 22/10/2015

Jean-Daniel CHAOUI, Membre du Conseil fédéral de la FFE, Conseiller consulaire Madagascar, Conseiller AFE Afrique.

4. mai, 2015

La réunion des chefs d’Etat européens a repris les vieux poncifs maintes fois entendus et que chacun sait globalement sans grand effet, un pansement sur une plaie béante : un peu plus de bateaux, un peu plus de surveillance, un peu plus d’argent, quelques centaines de migrants de plus à accueillir pour les pays membres. Est-ce que cela va changer quoi que ce soit à la situation ? Très peu de choses, quelques centaines de noyés en moins tout au plus.

 

L’Europe est pris en tenaille entre ses valeurs humanistes qui veulent que théoriquement, nous ne laissons pas sciemment les personnes s’autodétruire en disparaissant dans les profondeurs de la Méditerranée et la refus de mettre en place un quelconque dispositif qui encouragerait les candidats à l’immigration à tenter leur chance en étant toujours plus nombreux. La pression des mouvements populistes et d’extrême droite aidant, la raison d’Etat l’emporte sur la raison humanitaire, les migrants continueront donc à se noyer en méditerranée, c’est ainsi.

 

Car il n’y a aucune possibilité que cela cesse. La misère sévit toujours dans les pays du Sud, et les conflits récurrents jettent sur les routes des populations en déshérence à la recherche d’un lieu d’espoir, au risque d’y perdre leur vie qui est déjà très aléatoire.

 

Y-a-t-il une solution ? Sans doute mais elle relève de l’incantation ! Résoudre les conflits, développer les pays du Sud en créant de la richesse et la partageant, démocratiser les régimes politiques, « la quadrature du cercle ».

 

Tananarive, le 26/04/2015

 

Jean-Daniel Chaoui

Membre du Bureau Fédéral FFE

Conseiller consulaire Madagascar

Conseiller AFE Afrique

 

26. févr., 2014

L’omniprésence du Ministère de l’intérieur sur les sujets d’immigration et d’intégration tire les politiques vers le répressif. Si cela était cohérent sous la mandature Sarkozy-Hortefeux-Guéant, conserver ce schéma de responsabilité sous un gouvernement de gauche pose problème.

 

Nos convictions et nos valeurs imposent que l’on redéfinisse une nouvelle orientation de l’intégration et une ouverture culturelle et sociale vers les populations étrangères résidentes en France. L’approche répressive qui prévaut depuis l’élection de F. Hollande ne peut servir de politique de l’immigration.

 

Jean-Marc Ayrault semble l’avoir compris. Je partage avec Pouria Amirshahi ( voir son blog Intégration : une heureuse initiative de Jean-Marc Ayrault) cette conviction que notre pays ne peut se satisfaire de la situation actuelle. La France, pays des droits de l’homme, ne peut pas être prise en otage par le front national et la droite forte en matière d’immigration et d’intégration.

 

http://www.pouriaamirshahi.fr/2014/02/07/integration-une-heureuse-initiative-de-jean-marc-ayrault/  

 

Le 08/02/2014
Jean-Daniel Chaoui
Président de l’UESRE