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8. avr., 2019

 Interview de Jean-Daniel Chaoui,

Conseiller consulaire Madagascar et Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger

 A l’occasion de la tenue de la 30ème session de l’Assemblée des Français de l’Etranger à Paris du 11r au 15 mars 2019, RFM a rencontré Jean-Daniel Chaoui, Conseiller consulaire pour Madagascar et Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger.

RFM : Bonjour Monsieur Chaoui. Pourriez-vous nous rappeler ce qu’est un Conseiller consulaire ?

JDC: Bonjour aux auditeurs de RFM. Les Français résidant à Madagascar qui sont inscrits au Consulat de France sur la liste consulaire sont invités à élire leurs représentants tous les 6 ans, lors d’une élection organisée par le Consulat de France. Nous sommes 5 élus à Madagascar. Ce nombre est variable selon les pays en fonction du nombre de Français résidents. Je suis un des 5 élus représentants les Français de Madagascar. Ceci jusqu’en 2020, année durant laquelle se termine le mandat et durant laquelle sera organisée une nouvelle élection.

RFM: Et à quoi sert un Conseiller consulaire ?

JDC: Le Conseiller consulaire participe de droit à toute les instances qui gèrent et administrent les Français à l’étranger. Ces instances se trouvent au Consulat général. Il est l’interlocuteur des responsables  à l’Ambassade de France. Il est en lieu avec les parlementaires représentant les Français de l’étranger. Il est le facilitateur pour résoudre les difficultés que rencontrent mes compatriotes dans leurs démarches  administratives.

RFM : Quel est son statut et son rôle ?

JDC: Il n’a pas de statut diplomatique ni de rôle de représentation auprès des autorités malgaches. Il s’adresse seulement aux autorités françaises auprès desquelles il a un rôle consultatif. Son pouvoir n’est donc pas décisionnel. C’est un défaut. Les Français de l’Etranger méritent, à l’exemple de leurs compatriotes en France, de pouvoir décider par eux-mêmes des choix qui les concernent.

RFM : Vous êtes aussi Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Pouvez-vous nous présenter cette fonction ?

JDC: L’ensemble des Conseillers consulaires du monde est de 446 conseillers. Il forme un corps électoral qui élit, en son sein, 90 d’entre eux pour siéger dans ce qui constitue une assemblée appelée Assemblée des Français de l’Etranger. Cette élection est concomitante à celle des Conseillers consulaires.

RFM : Et quelle est le rôle de cette assemblée ?

JDC: Elle a aussi un rôle uniquement consultatif. Elle se réunit deux fois par ans à Paris et siège en commissions comme toute assemblée. Elle émet des recommandations au gouvernement concernant tous les aspects de l’expatriation, de la vie à l’étranger comme la scolarité, la politique culturelle, la sécurité, l’a gestion de la citoyenneté avec l’état civil,  mais aussi certains aspects de politique étrangère parfois.

RFM : Vous avez donc participé à la dernière cession de cette assemblée. Quels sont les points essentiels à retenir ?

JDC: L’assemblée est préoccupée par deux sujets introduits par les rapports de deux députés des Français de l’Etranger, rapport fait à la demande du gouvernement. Le premier dit rapport Genetet du nom de la députée qui en est l’auteur, traite de la modernisation de l’administration consulaire avec plus de 200 propositions de simplification administrative. Le second dit rapport Cazebonne du nom de la députée qui en est l’auteur, traite de l’enseignement Français à l’étranger. Il y eu aussi bien d’autre point concernant la fiscalité, la sécurité, les affaires sociales, le commerce extérieur.

RFM : Comment fonctionne l’AFE ?

JDC: Nous avons deux parties distinctes. Dans un premier temps, nous sommes répartis en commission au nombre de 6. Pour ma part, j’appartiens à la commission des lois. Nous préparons des études sur les points définis à l’ordre du jour de la commission. Puis, dans un second temps, nous travaillons en séance plénière où nous faisons, chaque commission, la restitution de nos travaux et où nous traitons les sujets collectifs. Ainsi nous avons à chaque session, une séance en plénière avec les responsables de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire. Nous avons aussi un échange à chaque session avec le ministre Jean-Baptiste Lemoyne, le ministre de tutelle des Français de l’Etranger.

RFM : Et quelles sont les points à retenir ?

JDC: Le Premier point concerne les difficultés de l’administration consulaire qui souffre d’un sous-effectif et qui peine à faire fasse à la demande du public. Les délais s’allongent et deviennent trop important. Or le gouvernement poursuit une politique de rationalisation des tâches peu adaptée à un pays comme Madagascar qui est lui-même sous-administré. La diminution régulière du nombre d’agents consulaires ne peut que nous inquiéter.

RFM : Et le second point ?

JDC: Il concerne l’enseignement Français à l’étranger. Là aussi, le nombre d’enseignant français dans les établissements est en constante régression. Si l’enseignement Français reste globalement de qualité, il a besoin que soit maintenu un encadrement d’enseignant français significatif. On ne peut maintenir un enseignement Français sans enseignant français. Sinon cela devient un enseignement en Français

RFM : Quelle est la différence ?

JDC: Un établissement Français diffuse la langue et la culture française à travers son enseignement. Les enseignants Français sont porteurs de cette culture. Un établissement sans enseignants français est un établissement de langue française seulement. D’où la nécessité de conserver un encadrement avec des enseignants français.

RFM : Vous souhaitez ajouter d’autres points ?

JDC: Oui, le Directeur de l’administration des Français à l’Etranger nous avait fait part lors de la session précédente de la décision d’abandonner les «  Journées Défense Citoyenneté » organisée auprès des jeunes français. Je pense que l’abandon des JDC est une erreur car elle marquait de façon symbolique l’entrée des jeunes dans la vie citoyenne. De plus, elle ne représentait pas une grande difficulté d’organisation dans un pays comme Madagascar vu la présence de coopérant militaire français dans la grande île. Plutôt qu’être supprimée partout, elle aurait du être laissée à l’initiative de chaque poste dans les pays.

RFM : RFM vous remercie de ce tour d’horizon très complet qui aura, sans nulle doute, intéressé les Français résidant dans la grande île.

JDC: Merci à vous.

 

26. sept., 2017