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14. févr., 2020

Marianne

Loi "Asap" : au secours, revoilà la com' bidon de la start-up nation

Par Louis Nadau Publié le 05/02/2020

 Ce mercredi 5 février, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, s'est félicitée sur Twitter d'avoir présenté en conseil des ministres le projet de loi "Asap", double acronyme de "projet de loi d’Accélération et de Simplification de l’Action Publique" et de la formule "As Soon As Possible".

 Ça disrupte à mort, au gouvernement. Ce mercredi 5 février, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, s'est félicitée sur Twitter d'avoir présenté en conseil des ministres le "projet de loi d’Accélération et de Simplification de l’Action Publique", accompagnée de l'astucieux hashtag "ASAP". Soit, pour ceux qui n'ont pas le temps de dire les mots en entier, l'acronyme des "key-words" – mot clefs – de l'intitulé du texte. "Asap", c'est également l'un des mots fétiches de la start-up nation, signifiant "As soon as possible" dans la langue de Steve Jobs. En bon français, cela veut dire : "Aussitôt que possible" ou "au plus vite". Bref, une manière de dire que ça urge, dans la délicieuse novlangue managériale.

"Avec Olivier Dussopt, nous avons présenté ce matin en conseil des ministres le projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique (#ASAP)", annonce donc Agnès Pannier-Runacher, très fière de sa trouvaille. "Avec la loi #ASAP nous allons initier une nouvelle étape dans la transformation de l’action publique." L'entreprise France est donc sauvée.

"Loi Asap" : derrière cette délicate injonction, lancée à une administration priée de passer la seconde, se cache en fait un fourre-tout de mesures. Pêle-mêle : donner plus de pouvoir aux préfets afin de faciliter des projets industriels, protéger les porteurs de projets face aux changements réglementaires, supprimer 18 commissions et instances consultatives jugées redondantes par le gouvernement…

Le projet de loi inclut également des dispositions destinées à "faire gagner du temps aux administrés" via des "simplifications concrètes pour des démarches administratives du quotidien", explique à l'AFP Agnès Pannier-Runacher. Fini par exemple l'obligation de fournir un certificat médical pour un enfant souhaitant pratiquer une activité sportive. Une déclaration d'aptitude des parents suffira. L'ouverture d'un Livret d'épargne populaire (LEP), produit d'épargne réservé aux ménages modestes et actuellement peu utilisé, sera facilitée.

"Ce sont uniquement des mesures de simplification, de rapprochement des administrations et des usagers, de déconcentration des décisions. [Ce projet] fait suite au comité interministériel du 20 juin 2019, qui avait acté ces priorités" a indiqué à la presse Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Jargon d'école de commerce et sabir technocratique : la peste et le choléra, en somme.

 

18. juil., 2018

Marianne

Indécence : le plan anti-pauvreté de Macron reporté à septembre… en raison de la Coupe du monde de foot

Par Étienne Girard

Publié le 04/07/2018

Emmanuel Macron devait annoncer des mesures anti-pauvreté ce mardi 10 juillet, mais c'est le jour de la demi-finale du la Coupe du monde lors duquel la France peut éventuellement jouer. Le plan a donc été reporté à septembre. Tout simplement.

Je peux pas, j'ai Coupe du monde. C'est en substance le message envoyé par Emmanuel Macron aux moins aisés, ce mercredi 4 juillet. Selon France Inter, le président de la République a en effet décidé de reporter à septembre son plan anti-pauvreté, qui devait être annoncé lundi et mardi prochains, et ce en raison… de l'actualité footballistique. Ce n'est plus du pain et des jeux, mais des jeux, donc on verra plus tard pour le pain.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a confirmé à demi-mots cette hypothèse en expliquant ce mercredi sur LCI que la présentation du plan allait "peut-être" dépendre de résultats des Bleus à la coupe du monde. " Nous verrons si l'équipe de France est en demi-finale ou pas", a-t-elle ajouté, évoquant une question de "disponibilité".

C'est qu'Emmanuel Macron a bien imprudemment fait savoir qu'il se rendrait en Russie pour assister au match si l'équipe de France se qualifie pour la demi-finale de la compétition organisée par la Fifa. Et il se trouve que la rencontre est prévue ce mardi, au moment où le Président avait prévu un déplacement en région parisienne, pour illustrer la nouvelle stratégie gouvernementale d'accompagnement des bénéficiaires du RSA. Ballot…

"Parler à un moment où l'opinion comprendra"

Confronté à ces deux engagements, le chef de l'Etat aurait donc décidé de passer à la trappe... les annonces pour les nécessiteux. Avec vraisemblablement une arrière-pensée politique. Ce plan étant important dans la stratégie présidentielle, son entourage lui aurait conseillé de l'annoncer "en un temps où les Français seraient plus réceptifs", selon France Inter. "Il faut parler à un moment où l'opinion comprendra les enjeux du problème et l'action que compte déployer le président de la République", explique un conseiller élyséen à la radio publique. Le story telling avant tout.

Les décisions prises par le président de la République n'étaient a priori pas vouées à s'appliquer immédiatement. De quoi relativiser un peu la gravité des atermoiements présidentiels, sans mettre forcément beaucoup de baume au cœur des fauchés... Le Parisien croit savoir qu'Emmanuel Macron souhaitait annoncer la mise en place, au 1er janvier 2020, du "versement social unique", c'est-à-dire le paiement de toutes les prestations sociales le même jour du mois. Le chef de l’État réfléchirait également à allonger la période obligatoire de formation jusqu'à 18 ans et à annoncer sa stratégie d'"accompagnement vers l'emploi" des bénéficiaires du RSA. En attendant, l'homme pauvre pourra se repasser les matchs des Bleus, tout l'été.

 

7. juin, 2018

Franceinfo le 29/05/2018

Le ministre de l'Action et des Comptes publics a jugé que les aides sociales "sont parfois contradictoires".

"Combien y a-t-il d'aides sociales en France ?" "Je ne sais pas, mais il y en a trop." Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a estimé mardi 29 mai qu'il était légitime de "revoir" certains dispositifs, en particulier ceux censés favoriser le retour à l'emploi, selon lui trop peu "incitatifs".

"Il y a beaucoup" d'aides sociales en France, a déclaré le ministre sur RTL, évoquant la coexistence de nombreux dispositifs nationaux et locaux. "Ce qui est certain, c'est qu'il y en a trop" et "qu'elles sont parfois contradictoires", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les intentions du gouvernement, le ministre a tenu à distinguer deux types de prestations. "Il y a des aides sociales aujourd'hui pour les gens qui sont cassés par la vie", a-t-il détaillé, citant l'allocation aux adultes handicapés et le minimum vieillesse. "Ce sont des aides sociales légitimes que nous augmenterons."

Et puis "il y a des aides sociales" attribuées lorsqu'on est "entre deux périodes d'activité, et malheureusement elles ne sont pas incitatives pour sortir de cette période d'inactivité", a poursuivi Gérald Darmanin, évoquant l'existence de "trappes à inactivité".

 

6. juin, 2018

Le Huffpost

 30/05/2018

Toutes ces réformes que le gouvernement veut mener de front. Un séminaire a lieu à l'issue du Conseil des ministres de ce mercredi pour orchestrer les prochains mois. Et le rythme ne faiblira pas.

Par Alexandre Boudet

POLITIQUE - C'est désormais une habitude. À rythme régulier -généralement une fois par trimestre- les ministres se réunissent en séminaire pour évoquer les réformes entreprises sur le moyen terme. Alors que la deuxième année du quinquennat débute à peine, une réunion de ce type est organisée ce mercredi 30 mai à l'Élysée autour d'Emmanuel Macron, à l'issue du Conseil des ministres.

L'objectif: borner les prochaines semaines et les prochains mois avec notamment la délicate question des aides sociales. C'est que la frénésie de réformes engagées depuis un an n'est pas près de s'arrêter. "Quand je vois le programme présidentiel, je me dis qu'on n'est pas près d'avoir fait le tour", sourit un cadre du groupe LREM conscient qu'il va falloir cravacher.

Tour d'horizon des textes déjà au programme, et des grandes réformes qui vont s'engager avant décembre.

AVANT LES VACANCES D'ÉTÉ

Comme en 2017, les députés ne seront pas des juilletistes. "La session extraordinaire va durer au moins jusqu'à la fin juillet. Il y a même des risques que cela se poursuive jusqu'au 10 août", confie-t-on au palais Bourbon, où l'on s'apprête aussi à multiplier les sessions de travail le week-end. Dans les prochains jours, la loi Elan sur le logement va occuper les députés avec un nombre record d'amendements qui a obligé la majorité à avoir recours au dispositif du temps programmé, qui limite la durée de l'examen d'un texte à 30 ou 50 heures. Suivront des textes emblématiques comme la fameuse loi contre les fake news, la réforme de la formation professionnelle présentée par l'exécutif comme la contrepartie à l'assouplissement du code du Travail et la réforme de la justice qui comprendra notamment l'amende forfaitaire pour les consommateurs de cannabis.

À cela s'ajoutera une nouvelle lecture de la réforme ferroviaire et d'autres textes plus anecdotiques comme une proposition de loi LREM pour sanctuariser l'interdiction du portable dans les écoles et collèges. En parallèle, le gouvernement recevra début juin le rapport de l'Igas sur la réforme des congés paternité et maternité qui pourrait donner lieu à une refonte dans les prochains mois

Les députés s'attaqueront ensuite, en juillet, au gros morceau de la réforme constitutionnelle qui permettra l'inscription de la Corse dans le texte, la suppression de la Cour de justice de la République ou la réforme du Conseil supérieur de la magistrature. Juillet donnera aussi l'occasion à Emmanuel Macron de s'adresser au Parlement devant le Congrès à Versailles pour son deuxième discours du genre. La date du 2 juillet est évoquée dans les rangs parlementaires.

AVANT LA FIN DE L'ANNÉE

À la rentrée et en parallèle des traditionnelles discussions autour du budget de la France et de celui de la Sécurité sociale, les députés travailleront sur les volets organiques et ordinaires de la réforme du Parlement, avec la réduction du nombre de parlementaires, l'introduction de la proportionnelle et le chamboulement de la procédure législative. Avant fin 2018, Bruno Le Maire espère aussi faire discuter sa loi Pacte dans laquelle figurera notamment les privatisations d'ADP et de la FDJ; sa présentation en Conseil des ministres est évoquée pour la deuxième quinzaine de juin.

Le deuxième semestre de l'année sera aussi celui de la réforme de l'audiovisuel public; et il marquera l'ouverture du débat politique sur la réécriture de la loi bioéthique avec probablement l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Les choses devraient également bouger sur l'assurance chômage et sur la réforme des retraites, même si aucune décision n'est attendue avant 2019.

 

28. mars, 2018

Edouard Philippe présente vendredi à Lille un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités avancent encore à tâtons trois ans après les attentats de janvier 2015.

Au terme d'un comité interministériel rassemblant dans la matinée une dizaine de membres du gouvernement, dont Nicole Belloubet (Justice), Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Michel Blanquer (Education) et Laura Flessel (Jeunesse), le Premier ministre, en déplacement dans le Nord depuis jeudi, doit dévoiler à la mi-journée un "plan national de prévention de la radicalisation", promis en octobre par Emmanuel Macron qui comportera une soixantaine de mesures, selon Matignon.

Le volet le plus attendu concerne les prisons; c'est la violente agression d'un surveillant par un détenu radicalisé à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) qui avait déclenché le vaste mouvement de protestation des gardiens en janvier.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Le gouvernement veut prévenir la "contagion". Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre doit annoncer des mesures renforçant "l'étanchéité" entre les détenus radicalisés et les autres, ainsi qu'une meilleure détection et répartition, pour décongestionner les maisons d'arrêt d'Ile-de-France où sont incarcérés 60% des détenus poursuivis pour actes de terrorisme.

Avant la réunion gouvernementale, Mme Belloubet doit se rendre tôt vendredi matin dans la prison voisine de Lille-Annoeullin, où se trouve un quartier pionnier de prise en charge de la radicalisation. Une des pistes pour éviter que les cadres prosélytes des réseaux jihadistes n'entrent en contact avec les détenus de droit commun.

Concernant les mineurs de retour de zones de guerre jihadiste, le Premier ministre devrait notamment lancer le chantier de la professionnalisation des personnels amenés à prendre en charge des "lionceaux du Califat" de retour de Syrie ou d'Irak après avoir été embrigadés par l'organisation Etat islamique.

Au dernier pointage officiel, 68 mineurs, en quasi-totalité de moins de 13 ans, sont de retour en France. Quelque 500 seraient encore au Levant.

Les Nouvelles

Le 24/02/18