10. oct., 2019

Si vous voulez visionner l'article intitulé : "Notre maison brûle",refus de la guerre en Irak et..."le bruit et l' odeur" appréciées : découvrez notre sondage IFOP sur les phrases cultes de Chirac; cliquer ici

8. oct., 2019

Le Huffpost

01/10/2019

Affaire Bygmalion: dernière chance pour Sarkozy d'échapper à un procès

La cour de cassation doit dire mardi 1er octobre si l'ex-président est renvoyé ou non devant le tribunal correctionnel dans l'affaire du dépassement de ses comptes de campagne.

  • Le HuffPost avec AFP

AFPNicolas Sarkozy saura mardi 1er octobre si un procès l'attend dans l'affaire Bygmalion

JUSTICE - Nicolas Sarkozy va-t-il devoir affronter un second procès? Le 19 juin dernier, la cour de cassation avait décidé de renvoyer l’ex-chef de l’État devant le tribunal correctionnel pour “corruption” et “trafic d’influence” dans l’affaire dite “Paul Bismuth” ou “des écoutes”, dans laquelle l’ex-Président aurait tenté de corrompre un haut magistrat de la cour de cassation.

La plus haute juridiction du pays doit désormais se prononcer, ce mardi 1er octobre 2019, sur la tenue ou non d’un procès pour “financement illégal de campagne électorale” qui concerne le dépassement de ses comptes de la campagne de 2012, dite “Affaire Bygmalion”.

Treize autres personnes -dont des responsables de la campagne et des dirigeants de la société Bygmalion- sont également poursuivies, notamment pour “complicité” de financement illégal de campagne et escroquerie.

Dépassements et fausses factures

Nicolas Sarkozy est poursuivi pour avoir dépassé le plafond autorisé des dépenses électorales de plus de 20 millions d’euros alors qu’il avait été informé d’un risque de dérapage, ce qu’il réfute.

La facture totale s’était envolée à plus de 42,8 millions d’euros, soit près du double du seuil autorisé fixé à 22,5 millions. Un système de fausses factures révélé par la presse en 2014.

Recours et rebondissements 

Après deux ans et demi de procédures, Nicolas Sarkozy a épuisé tous les recours possibles pour contester la décision de février 2017 du juge Serge Tournaire de le renvoyer devant le tribunal correctionnel ainsi que les treize autres personnes.

Le 16 février 2016, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour “financement illégal de campagne électorale” et a été placé sous statut de témoin assisté pour les autres chefs d’accusation: “usage de faux”, “escroquerie” et “abus de confiance”.

En février 2017, il est renvoyé en correctionnelle pour financement illégal de campagne électorale. Nicolas Sarkozy a déposé un recours pour tenter d’empêcher ce procès.

Le 25 octobre 2018, la cour d’appel valide la tenue de ce procès, après un report de sa décision. Nicolas Sarkozy annonce se pourvoir en cassation. C’est ce résultat qui est attendu ce mardi 1er octobre.

QPC refusée par “les Sages”

En février 2019, la cour de cassation transmet une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) aux Sages, soulevée par la défense de Nicolas Sarkozy pour contester son renvoi devant le tribunal correctionnel et dernière possibilité pour l’ex-président d’éviter un procès. 

L’ex-candidat à la présidentielle argue qu’il a déjà été condamné définitivement par l’instance en 2013. Les Sages avaient en effet invalidé ses comptes de campagne, que Nicolas Sarkozy avait dû rembourser, ce qui avait conduit l’UMP à lancer un appel aux dons auprès de ses militants.

Le 17 mai 2019, le Conseil Constitutionnel a rejeté cette QPC au motif que cette sanction portait sur un dérapage de seulement 363.615 euros, constaté avant la révélation au printemps 2014 d’un vaste système de fausses factures visant à maquiller l’emballement des dépenses de ses meetings, organisés par l’agence Bygmalion.

C’était le dernier obstacle avant la tenue d’un procès. Reste désormais à la cour de Cassation de valider ou non la tenue de ce procès que certains voient comme “inéluctable”. Un délit passible d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3750 euros.

 

3. oct., 2019

Si Vous voulez visualiser l' article intitulé," Jacques Chirac côté obscur"; vous cliquez ici

2. oct., 2019

Marianne

Jacques Chirac était né le 29 novembre 1932. - Marc Garanger / Aurimages

Jacques Chirac est mort

Par Hadrien Mathoux

Publié le 26/09/2019 à 12:00

L'ancien président s'est éteint à l'âge de 86 ans, a annoncé sa famille ce jeudi 26 septembre à l'AFP. Affaibli par la maladie, il vivait reclus depuis quelques années. Mais Jacques Chirac incarnait surtout quarante ans de vie politique française.

Quelques pas chancelants, un vague sourire, des yeux perdus dans l'abîme. C'est la dernière image que garderont les Français de Jacques Chirac, apparu une ultime fois en public le 21 novembre 2014 lors de la remise du prix de sa Fondation. L'ancien président de la République, qui vivait depuis reclus dans son appartement du VIe arrondissement de Paris, souffrant d'une maladie dégénérative, estmort, a annoncé son gendre Frédéric Salat-Baroux, ce jeudi 26 septembre à l'AFP. "Le président Jacques Chirac s'est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement", a déclaré l'époux de Claude Chirac.

Tour à tour député, ministre, chef du RPR, maire de Paris, Premier ministre puis enfin président de la République pour deux mandats, Jacques Chirac représente, à droite et au-delà, 40 ans de vie politique française.

Chirac le facétieux

Après la fin de son second mandat en 2007, l'ex-chef de l'Etat se retire progressivement de toute vie publique : en septembre 2011, ses avocats font savoir qu'il n'est "pas en capacité" d'assister à son procès dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Affaibli et hospitalisé à de nombreuses reprises, Jacques Chirac souffre de troubles de la mémoire, d'une importante surdité et se déplace en fauteuil roulant. Sa dernière prise de position politique a lieu en octobre 2014, lorsqu'il soutient la candidature d'Alain Juppé, qu'il appelle son "fils aîné", en vue de la primaire de la droite. Les Français se souviennent aussi du tour malicieux qu'il avait joué à Nicolas Sarkozy, en juin 2011, en répétant à François Hollande devant les caméras de télévision : "Je voterai pour vous" en vue de l'élection présidentielle.

Depuis ces sporadiques interventions dans la vie publique, les Français avaient de moins en moins entendu parler de Jacques Chirac. Les dernières informations parues faisaient état d'un ex-président très affaibli, vivant entouré de six auxiliaires de vie au rez-de-chaussée de son appartement, rue de Tournon. L'ancien Président y croisait très peu son épouse Bernadette, avec qui les rapports se sont progressivement tendus. Jacques Chirac recevait en revanche fréquemment les visites de ses fidèles, dont l'indéfectible Daniel Le Conte, qui se plaisait à lui dire chaque soir : "La nuit est tombée". La réponse de Jacques Chirac, "j'espère qu'elle ne s'est pas fait trop mal", indiquait au confident que le Président était toujours lucide et conscient... Jusqu'à ce que Daniel Le Conte décède en juillet dernier, imité donc par "le grand Jacques" quelques mois plus tard.

Chirac le caméléon de la politique

Douze ans de présidence de 1995 à 2007 ont couronné une carrière politique exceptionnelle, qui a vu le Corrézien occuper tous les mandats les plus prestigieux : après avoir commencé comme secrétaire d'Etat sous Pompidou, Jacques Chirac est Premier ministre sous Giscard (de 1974 à 1976), maire de Paris (entre 1977 et 1995), puis à nouveau à Matignon lors de la cohabitation avec François Mitterrand (de 1986 à 1988). En 1995, à 63 ans, il accède enfin au sommet de la République, en l'emportant à la présidentielle contre Lionel Jospin. "Chichi" ne quitte plus l'Elysée jusqu'à sa retraite politique en 2007, après sa réélection de 2002.

Impossible de trouver une colonne vertébrale idéologique à ce caméléon qui a incarné toutes les transformations de la droite française au XXe siècle : tour à tour gaulliste sous Pompidou puis libéral sous Giscard, Chirac fut thatchérien de 1986 à 1988 à Matignon, avant de prendre le virage droitier du RPR au début des années 1990, puis d'opérer un retour vers une filiation sociale lors de la campagne présidentielle de 1995… Fidèle à sa logique adaptable, Jacques Chirac gouverne finalement la France jusqu'en 2007 en s'appuyant sur une logique d'alliance pragmatique de la droite et du centre, ce qui lui vaudra des accusations d'immobilisme et une forte impopularité en fin de mandat.

Une certaine idée de la France

Mais plus qu'une ligne politique, et pas mal de casseroles judiciaires, Jacques Chirac laisse en mémoire une personnalité marquante : chaleureux, bonhomme, à la fois cultivé et profondément ancré dans le terroir hexagonal, il incarnait une certaine idée de la France et de son unité. Effacé de la vie publique, l'ancien Président était devenu sur le tard une figure populaire, apparaissant même sur des t-shirts pop ou dans une chanson de samba

Quelques coups d'éclat et phrases devenues cultes ont scandé cet état d'esprit : le fameux "mangez des pommes" de 1995, mais également l'emportement contre son service d'ordre en Israël un an plus tard ("Do you want me to go back to my plane ?"), le choix de ne pas engager la France dans la guerre en Irak ou encore le discours d'unité contre le Front national lors de la présidentielle 2002.

Jacques Chirac laisse également en souvenir des citations plus imagées : "Mais qu'est-ce qu'elle me veut de plus, la ménagère ? Mes couilles sur un plateau ?", avait-il glissé à l'endroit de Margaret Thatcher en février 1988, pensant que son micro était coupé. "Les merdes volent toujours en escadrille" avait également coutume de commenter Jacques Chirac, signe qu'un malheur n'arrive jamais seul… excepté le dernier, qui est survenu ce jour.

2. oct., 2019

- Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

"Caméléon Bonaparte", "aventurier contrarié"… Jacques Chirac vu par la presse étrangère

Par Alexandra Saviana

Publié le 27/09/2019 à 07:45

La mort de Jacques Chirac, ce jeudi 26 septembre, a entraîné un déluge de réactions bien au-delà de l'Hexagone. Du l'opposant à la guerre en Irak à l'homme politique à la carrière "ruinée" par les scandales​, voici comment la presse étrangère a évoqué le décès de l'ancien président.

La mort de Jacques Chirac est évidemment un événement en France en France. Mais l'annonce du décès de l'ex-chef de l'Etat, ce jeudi 26 septembre, a également entraîné dans la presse du monde entier un déluge de chroniques et de portraits. De son opposition farouche à la guerre en Irak à sa carrière politique "ruinée" par les scandales, la disparition du plus truculent des présidents français a rapidement fait couler beaucoup d'encre à l'étranger.

Certains des plus longs et des plus fouillés articles sur Jacques Chirac viennent des Etats-Unis. Pour le Washington Post, il restera ainsi le "président flamboyant" qui s'est opposé à la guerre en Irak. Le quotidien américain rappelle les multiples surnoms accumulés outre-Atlantique au cours de sa carrière, du "Caméléon Bonaparte" à la "Girouette". Au-delà de ses positions politiques, c'est surtout le caractère très "français" de Chirac et son franc-parler qui ont marqué le journal, qui rappelle : "M. Chirac était également connu pour son large appétit en matière de gastronomie - son plat favori était la tête de veau et il préférait la bière au vin - et, selon la tradition française, le sexe opposé". Et le Washington Post de citer une confidence de Chirac à l'un de ses biographes, Pierre Péan : "Il y a des femmes que j'ai beaucoup aimées, aussi discrètement que possible".

"Tempérament féroce"

Plus que l'homme, le très sérieux New York Times préfère détailler les engagements politiques de Chirac. Dans une nécrologie très fouillée de l'ex-président, le quotidien souligne qu'il a avant tout marqué les mémoires pour "sa position de défi face à la guerre en Irak menée par les Etats-Unis", mais aussi "sa capacité à présider un Etat où le pouvoir était divisé entre la gauche et la droite - une courtoisie, note le New York Times, difficilement imaginable aujourd'hui". Le journal américain met surtout en avant "sa défense de l'Union européenne" : "Lorsqu'il était président, M. Chirac s'est éloigné de la croyance gaulliste en l'autosuffisance française. Il a plutôt insisté pour une nouvelle Europe fédérale, l'Union européenne assumant de plus en plus de pouvoirs et, avec le temps, érodant la souveraineté des Etats membres".

Le NYT rappelle également son "tempérament féroce", évoquant notamment, les insultes en moins , l'accrochage entre Chirac et la Première ministre britannique Margaret Thatcher lors d'un sommet européen à Bruxelles en 1988. A l'époque, Chirac s'agace : "Mais qu'est-ce qu'elle me veut de plus, cette ménagère? Mes couilles sur un plateau?". "Même les Anglais francophones dans la pièce ont dû consulter leurs dictionnaires pour déterminer à quel point il l'avait insultée, s'amuse le New York Times. Le lendemain, le tabloïd britannique The Sun avait réclamé dans une bannière : 'Say sorry, rude frog !' ('Excuse-toi, grenouille malpolie !')". Près de 30 ans après, le tabloïd ne semble d'ailleurs toujours pas le lui avoir pardonné, informant les lecteurs de la mort du dirigeant français avec un titre cinglant : "L'ancien président français condamné pour corruption est décédé à 86 ans, confirme son gendre", écrit The Sun, ajoutant, dans son chapeau que "sa carrière fut ruinée par les scandales personnels et politiques".

Ni la "volonté", ni "l'imagination"

Bien que d'ordinaire assez policé, le quotidien britannique The Guardian passe la carrière de Jacques Chirac au vitriol. "(Avant d'être président), il avait été maire de Paris et deux fois Premier ministre. Pourtant, lorsqu'il a finalement accédé à la présidence, il s'est montré peu visionnaire ou déterminé, compte tenu des possibilités que lui avaient enfin offert les électeurs", écrit le journal, qui ajoute : "Il avait fait campagne sur la fracture sociale mais n'a pratiquement rien fait pour la surmonter". Dans une nécrologie acerbe, The Guardian décrit un Chirac qui "ne semblait ni avoir la volonté, ni l'imagination de faire face aux problèmes de la France, notamment ceux posés par des intérêts puissants et immuable et par les finances publiques" : "Chirac prétendait être l'héritier politique de Charles de Gaulle, fondateur de la Ve République, mais ses positions étaient si variables et si incohérentes qu'il aurait pu prétendre qu'il suivait les traces de presque n'importe quelle figure de l'après-guerre".

Moins acide, le The Financial Timessalue quant à lui "un formidable animal politique, débordant de charme et d'énergie - deux atouts qui se sont révélés précieux dans la longue ascension qui le mena finalement à la tête (de l'Etat français pendant 12 ans)", écrit le journal économique britannique. "Moins homme d'Etat que survivant de la politique, moins stratège que négociateur", poursuit-il.

La fin du gaullisme pour "El Mundo"

En Espagne, El Mundo titre sur la mort du "dernier gaulliste". "Ce dont l'ancien président n'a jamais manqué, c'est de sens historique", écrit le quotidien, saluant un dirigeant qui "a été le premier à reconnaître la collaboration de la France dans les razzias des Juifs". Pour le journal espagnol, le décès de Chirac "ferme une époque, celle du gaullisme", qu'il estime désormais "éteinte, sauf à titre de simple référence aussi sentimentale que occasionnelle". De son côté, El Pais se rappelle d'un "personnage extrêmement charismatique, apprécié de ses partisans et de ses détracteurs", qui a vu, "beaucoup plus tôt que d'autres, le danger posé par le changement climatique".

Plus taquin, le site d'actualités El Espanol s'intéresse à "la longue liste d'amoureuses" de Chirac, ravi de se rappeler le passé de "Monsieur trois minutes, douche comprise". Une facette de l'ex-chef d'Etat aussi largement rappelée en Belgique, où LaLibre évoque un "ambiteux", "avide de conquête féminines et politiques", un "aventurier et intellectuel contrarié". "Toujours chez lui, l'ambition, l'attrait du pouvoir et de la conquête l'emporteront sur l'envie de larguer les amarres, note le quotidien belge, avant d'ajouter : "Son désir d'aventure, d'évasion et d'érudition n'en demeurera pas moins présent en lui, jardin secret qu'il continuera de cultiver au fil de ses lectures et de ses voyages".

Un "charmeur" à l'Elysée

En Allemagne aussi, le Süddentsche Zeitung titre sur un "charmeur" à l'Elysée, à la victoire électorale "sans précédent" en 2002, face à l'extrême droite. "Mais on se souviendra aussi de cette première fois moins glorieuse, Chirac est le premier ancien chef d'Etat à avoir été jugé en France et condamné à une peine de probation de deux ans", nuance le quotidien allemand, avant de rendre hommage à "un homme qui a façonné la Ve République comme peu d'autres". Même son de cloche chez Die Zeit, pour qui "le politicien conservateur a façonné l'image de la France comme aucun autre pendant des décennies".

Plus loin, au Japon, le quotidien Sankei Shibun choisit de se rappeler du "pro-japonais Jacques Chirac", donnant la parole à sa correspondante à Paris. De son côté, le Nihon Keizai Shinbun salue la "connaissance approfondie de la culture et de l'histoire japonaises" du passionné de nippone qu'était Chirac, "telles que la lutte sumo, reconnu comme la meilleure des dirigeants occidentaux".