1. oct., 2019

Hommage

Le Huffpost

27/09/2019

Pour rendre hommage à Jacques Chirac, une file interminable d'anonymes à l'Élysée. Avant une journée de deuil national en France lundi, le palais de l'Élysée est ouvert à tous pour partager dans des livres d'or ses éloges de l'ex-président de la République.

 CHIRAC - “Nostalgiques” d’un “grand homme humaniste”, plusieurs centaines de personnes ont afflué à l’Élysée, ce jeudi 26 septembre au soir, pour rendre hommage à Jacques Chirac en signant les livres d’or installés dans le vestibule du palais présidentiel.

Malgré l’heure tardive, une file interminable d’anonymes constituée de jeunes et moins jeunes, Français comme étrangers, serpentait dans les rues environnantes, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

Dans un silence grave, les visiteurs faisaient la queue en chuchotant pour entrer dans la Cour d’honneur éclairée de toutes parts, sous des drapeaux en berne.  En file indienne, ils gravissaient les marches du perron pour entrer dans le vestibule d’honneur, sous l’œil de deux gardes républicains, et signaient l’un après l’autre les quatre livres d’or, accessibles jusqu’à dimanche.

Éloges et souvenirs personnels

Beaucoup prenaient le temps de rédiger de longs éloges du président disparu, évoquant sa chaleur humaine et sa stature internationale ou parfois des souvenirs personnels de rencontres avec lui, à l’armée, au Salon de l’Agriculture, au Noël de l’Élysée.  

“Salut d’un citoyen à un fervent défenseur des relations franco-africaines”, a écrit Pierre Étienne, un ingénieur de 23 ans, venu avec ses amis. “Jacques Chirac a fait et fait encore la France à l’étranger”, a salué un autre visiteur, à côté d’une phrase rédigée en japonais. 

“Je rends hommage à un grand homme humaniste et aimant, qui a su mieux que quiconque incarner la France”, commentait un autre.

“Je l’ai connu pendant mon service militaire en Algérie en 1957”, a raconté un officier venu avec sa décoration, Jean-Michel Casanova, 80 ans, qui a écrit toute une page d’hommage. “J’étais un jeune lieutenant et il m’a appris, plutôt que de m’emmerder le dimanche, à apprendre le français à de jeunes Arabes, en particulier des femmes et des enfants”.

“Mon admiration et ma tendresse pour le dernier des grands présidents”, a écrit un autre. “Merci pour le combat mené, merci pour cette liberté, merci pour cette bonhomie”.

“C’est une page qui se tourne”

Aux côtés des plus âgés, qui l’ont croisé, se tiennent les plus jeunes qui, comme Valentine Giurici, 23 ans et ingénieure, ne savent pas toujours “ce que Jacques Chirac a fait” mais gardent en mémoire “un personnage sympathique et sa caricature des ‘Guignols de l’info’”

“Il a été le premier président qu’on a connu dans notre enfance”, confie dans la file d’attente Rémi Bernard, 24 ans, cadre en banque, “nostalgique” depuis l’annonce de son décès.

“C’est une page qui se tourne”, explique encore ému, Pierre Mrozowski, 27 ans, cadre consultant, qui était lui aussi un “enfant quand il était président”. “Ce que je n’oublierai jamais c’est son ‘non’ à la guerre en Irak”, se souvient le jeune homme, convaincu que “l’histoire lui a donné raison”.