5. avr., 2018

Meurtres racistes

Meurtre de Mireille Knoll : le Crif rejette Mélenchon et les Insoumis de sa marche blanche

Par Magazine Marianne , Publié le 28/03/2018

"Ni Jean-Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN seront les bienvenus" à la marche blanche organisée ce mercredi 28 mars à Paris après le meurtre de Mireille Knoll, a déclaré sur Twitter Francis Kalifat, président du Crif. Contredit par le propre fils de la victime, Daniel Knoll.

"Soyons clairs ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN seront les bienvenus demain" (sic). C'est en ces termes que le président du Crif Francis Kalifat a rejeté mardi soir la venue annoncée des deux responsables politiques à la marche blanche organisée ce mercredi 28 mars à 18h30 à Paris après le meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire juive assassinée vendredi.

Si le rejet du FN n'étonne pas au vu de l'histoire du parti - Jean-Marie Le Pen a justement été définitivement condamné mardi pour sa récidive au sujet des chambres à gaz, "détail" de l'histoire -, l'amalgame avec la France insoumise est plus inattendu. Jean-Luc Mélenchon
avait pourtant prévu de se rendre à la marche d'hommage.

"La surreprésentation des antisémites tant à l'extrême gauche qu'à l'extrême droite rend ces deux partis infréquentables", a assumé ce mercredi Francis Kalifat sur RTL Matin. Ajoutant en guise d'explication : "En ce qui concerne l'extrême gauche, il s'agit peut-être d'éclaircir leur position en ce qui concerne le boycott d'Israël".

Le fils de Mireille Knoll désavoue le Crif

Dans Bourdin Direct sur RMC ce mercredi, le fils de l'octogénaire assassiné, Daniel Knoll, a tenu une position inverse : "Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde, sans exception", à se joindre à la marche blanche. A la question "vous n'allez pas sur la position du Crif ?", il a répondu : "Absolument pas, les gens qui ont une mère peuvent me comprendre (…). Le Crif fait de la politique et moi, j'ouvre mon cœur".

"Je crois que Jean-Luc Mélenchon appartient à la famille républicaine", a soutenu de son côté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur France Inter ce mercredi matin, rappelant son discours d'hommage à Arnaud Beltrame mardi à l'Assemblée mais ajoutant un développement abscons : "Je crois que c'est la rédemption, il faut essayer d'aller vers mieux".