5. févr., 2020

Nouvel an Chinois

CHRONIQUE DE VANF : Les promesses du Nouvel An chinois

 Les Chinois clôturent l’année du Cochon pour inaugurer celle de la Souris. Les célébrations en Chine même sont perturbées par l’apparition de ce mystérieux coronavirus. Et, comme je le regrettais dans une précédente Chronique «Les Chinois de Madagascar, présents au pays depuis le début du XXème siècle, n’ont malheureusement jamais su exalter leur «Nouvel An» qui pourrait pourtant figurer sur la liste de nos jours fériés : ce serait d’ailleurs une légitime revendication si le Ramadan des musulmans y a droit. Un Institut Confucius existe à l’Université d’Antananarivo depuis 2008, et il serait temps que sa deuxième décennie s’inscrive enfin dans cette haute symbolique culturelle» (Chronique VANF, La promesse du Bouddhisme, 30 janvier 2017). 

 Le bouddhisme est la religion la plus pratiquée en Chine. J’aime la promesse de ce sourire sur le visage du Bouddha : félicité intérieure, indifférence amusée, distance transcendantale. La promesse d’une posture éminemment débonnaire où l’on retrouve la coopération des contraires, l’inséparabilité des opposés, l’unité fondamentale de l’adret et de l’ubac, la cohabitation du yin et du yang. Un monde vécu comme un processus cyclique sans rupture de progrès, la sagesse vue comme une aspiration à l’universel sans partialité, une disponibilité à toutes les options, une ouverture à tous les possibles. Les trois religions monothéistes, dans leur sectarisme intolérant jusqu’au prosélytisme exclusif, parleraient dédaigneusement de «syncrétisme». Mais, les Chinois ont refusé de choisir absolument entre le bouddhisme, le confucianisme, le taoïsme, les «trois sagesses chinoises».

 Le rendez-vous du Nouvel An chinois, ce serait, au-delà du folklore d’un dragon et de lampions rouges, la connaissance d’une civilisation cinq fois millénaire et dont l’actualité conjugue de très modernes smartphones concurrents d’Apple et de Samsung, des voitures hybrides technologiquement plus abouties que Toyota, Tesla ou Volkswagen, des exploits de BTP : le HZMB (Hong Kong, Zuhai, Macao, Bridge) est, avec 55 km, le plus long pont maritime au monde ; le pont Sutong au-dessus du fleuve Yangtze, reliant Suzhou à Nantong, a été consacrée comme l’ouvrage de génie civil le plus exceptionnel au monde pour l’année 2010 par l’ASCE (American Society of Civil Engineers).

 Plutôt que de remblayer, les Chinois nous auraient jeté un pont entre Iavoloha et Ambohimangakely, un pont entre Ambohipeno et Ambohibe, un pont au-dessus d’Andranobevava, un pont pour épargner le Laniera entre Tsarasaotra et Ivato...

 Au calendrier grégorien, nous sommes déjà le 25 janvier. Une nouvelle fois, je profite du Nouvel An chinois (mais aussi vietnamien, puisque c’est le Têt Nguyen Dan, où l’on se souhaite «bonheur, prospérité, longévité») pour redire Bonne Année à celles et ceux que je n’aurais toujours pas pu rencontrer. Renouvellement très symbolique d’amitiés souvent en pointillés, mais le «vouloir vivre ensemble» se nourrit de symboles.