2. avr., 2020

Une crise sanitaire qui révèle l’impréparation des pouvoirs en place !

A la déficiences structurelle due aux manque de moyens accordés au service sanitaire en France depuis plus d’une décennie, de Nicolas Sarkosy à Emmanuel Macron en passant François Hollande, s’ajoute l’impréparation aujourd’hui notoire du dispositif de l’Etat à évaluer la gravité d’une pandémie et à  y faire face rapidement. De l’OMS aux Etats, tous ont posé un diagnostic déficient et perdu de précieuses semaines. Didier Fassin, médecin et sociologue, professeur à

Princeton et au Collège de France, livre son analyse sur les causes de la situation présente.

Extraits : « Ce qui caractérise les dispositifs, en place pour faire face à ces menaces, c’est d’être… «unprepared ». Les réactions disparates et désordonnées de la plupart des gouvernements au niveau mondial, de même que l’absence de tests et de masques dans la quasi-totalité des pays, montrent qu’il y a une grande impréparation…« .. il est finalement remarquable que la réponse des États à la crise du Covid-19 se résume aujourd’hui à une police sanitaire appliquée avec plus ou moins de rigueur dans un contexte de pénurie de moyens… ».

« Si la France a réagi lentement à l’épidémie, en ne tirant pas profit de ce qui s’était passé en Chine et de ce qui s’annonçait en Italie, elle a fini par prendre le problème à bras-le-corps, alors que les États-Unis n’ont toujours pas pris la mesure de la situation deux mois après leurs

premiers cas…Dans les deux pays, cependant, on observe les mêmes stratagèmes de dissimulation de la vérité. Ainsi, on prétend que les tests sont nécessaires seulement pour les patients les plus graves, alors qu’il serait essentiel de pouvoir tester tous les cas suspects pour d’évidentes raisons épidémiologiques et médicales, et on affirme que les masques doivent être réservés à certains professionnels, quand toutes celles et tous ceux qui sont en contact avec des malades devraient pouvoir en bénéficier… »

« De nombreux pays, dont la France, ont montré des insuffisances dans leur réponse à la situation, même s’il faut reconnaître la difficulté à agir dans un tel contexte d’incertitude. Le manque de tests a fait prendre un retard important dans le contrôle de la progression. La déficience de protection pour les personnes exposées a favorisé les contaminations, y compris dans le personnel soignant. Les mesures de police sanitaire ont été mises en oeuvre tardivement et contradictoirement. »

« De manière plus structurelle, la réduction des lits dans les hôpitaux qui, tous les ans au moment de la grippe saisonnière, mais aussi à l’occasion de chaque situation critique comme les fortes canicules, met les urgences et les services de médecine en difficulté, s’avère particulièrement dommageable »

Jean-Daniel Chaoui

Conseiller consulaire Madagascar

Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger