21. avr., 2020

Coronavirus

Conférence de presse du Premier ministre et du Ministre des Solidarités et de la Santé

Richard Yung Sénateur représentant les Français hors de France

20 avril 2020

Vous trouverez ci-dessous un résumé de la conférence de presse du Premier ministre et du Ministre des Solidarités et de la Santé ce dimanche 19 avril à 17h30.

Intervention du Premier ministre, Édouard Philippe

  • Si la situation sanitaire s’améliore lentement et sûrement, nous ne sommes pas sortis de la crise.
  • La crise économique ne fait que commencer. Elle sera brutale car une bonne moitié de la population mondiale est confinée. La production et la consommation ont fait l’objet d’un arrêt massif. La croissance sera négative de 8% en 2020 (plus forte récession depuis 1945) : - 36% d’activité économique, - 43% d’activité dans l’industrie, pendant le confinement.
  • Pour accompagner la reprise économique, des mesures ont été prises (d’autres seront prochainement annoncées) :
    • chômage partiel (pour plus de 700 000 entreprises et 9 millions de salariés) : 24 milliards d’euros ;
    • prêts garantis par l’État (plus de 130 000 entreprises bénéficiaires) : enveloppe de 300 milliards d’euros au total ;
    • fonds de solidarité (1 million de demandes reçues de la part des très petites entreprises) : budget de 7 milliards d’euros.
  • Le confinement porte ses fruits: diminution lente et progressive du nombre de patients Covid-19 dans les services de réanimation. Mais 5 833 patients sont encore en services de réanimation (alors que nos capacités de lits de réanimation sont fixées à 5 000).
  • En outre-mer, des mesures ont été prises pour endiguer la propagation de l’épidémie: lits supplémentaires de réanimation (passant de 174 à 310 lits), mises en quatorzaine et en quarantaine, etc.
  • Pour soulager les hôpitaux des régions les plus impactées, des opérations d’évacuation sanitaire ont été mises en place dans des zones où les capacités d’accueil étaient bien plus grandes (644 transferts, dont 180 à l’étranger).
  • Point sur les masques :
    • En janvier, nous disposions d’un stock de 117 millions de masques chirurgicaux (avec 5 millions de consommation normale en milieu hospitalier) et 4 millions de production hebdomadaire.
    • Alors que la demande s’est fortement accrue, les sources d’approvisionnements pour importer des masques se sont taries (cas de la Chine).
    • Nous sommes passés d’une capacité de production nationale de masques de 4 millions à plus de 8 millions par semaine.
    • Depuis le mois de mars, les importations provenant de Chine ont pu reprendre, grâce à un pont aérien mis en place entre nos deux pays. Cette semaine, nous avons importé un peu moins de 81 millions de masques pour un besoin hebdomadaire de 45 millions de masques.
  • Concernant le rapatriement des Français hors des frontières nationales: 160 000 personnes étaient présentes dans plus de 100 pays. Le MAE a mis en œuvre une très grande opération de facilitation des retours des nationaux vers la France : 1 600 vols affrétés.
  • Questions à venir : gestes barrières et distanciation sociale lors du déconfinement (transports, entreprises, commerces, écoles).
  • Le plan de déconfinement sera présenté à la fin du mois d’avril. Les maires et les préfets y seront pleinement associés. Un débat parlementaire sur le sujet aura lieu au début du mois de mai.
  • Concernant le report des élections municipales au-delà de juin, la décision sera prise le 23 mai.

Intervention du Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon

  • 80 000 personnes hospitalisées en France depuis le début de l’épidémie
  • 5 744 malades graves encore en réanimation
  • Plus de 36 000 personnes sont sorties guéries de l’hôpital
  • Près de 20 000 morts en France :
    • 12 069 décès à l’hôpital
    • 7 649 dans les établissements sociaux ou médico-sociaux
  • Depuis le début du confinement, près de 13,5 millions de contrôles ont été réalisés par les forces de police (avec 800 000 infractions constatées)

Propos tenus par le Ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran

  • Des mesures d’urgence sociale ont été prises : prolongation des droits sociaux, aide exceptionnelle de solidarité pour 4 millions de foyers, 17 000 places d’hébergement d’urgence notamment.
  • Les défis à venir sont nombreux, notamment dans le domaine de l’approvisionnement sanitaire :
    • Question de la distribution des masques dans les hôpitaux comme en médecine de ville. Des tensions demeurent au sujet de l’approvisionnement des masques FFP2, mais les masques chirurgicaux sont quant à eux bien transmis. 5 millions de masques ont été destockés pour les ambulanciers, les sage-femmes, les aides à domicile, etc.
      17 millions de masques seront produits chaque semaine d’ici le 11 mai.
    • Question des surblouses, des gants, des charlottes. La production est renforcée en France et des importations seront assurées.
    • Question des respirateurs. D’ici la fin du mois de juin, nous disposerons de 15 000 respirateurs (et de 15 000 respirateurs plus légers).
    • Point de très grande vigilance : les médicaments de réanimation.
    • Question des tests :
      • Tests virologiques (pour toute personne symptomatique) : passage de 150 000 par semaine à 500 000 par semaine d’ici le 11 mai. Si le test est positif, l’isolement pourra être réalisé à domicile avec la famille ou à l’hôtel, accompagné d’un suivi médical.
      • Tests sérologiques (en cours d’évaluation) : déploiement sélectif.
  • Concernant les EHPAD, près de 45% d’entre eux ont une personne atteinte du Covid-19 en leur sein.
    • Maintien des mesures de protection et retour très encadré des visites.
    • Dépistages engagés : 50 000 tests réalisés dans les EHPAD.
  • Concernant les personnes vulnérables à domicile, plusieurs mesures sont mises en place : montée en puissance de la télé-médecine, accompagnement médico-social maintenu, etc.
  • En vue du déconfinement, les recommandations du confinement demeurent pour les plus vulnérables et les plus âgés, mais selon un principe de responsabilité (et non une obligation formelle).

Intervention de Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon

  • Ce que l’on sait (en l’espace de moins de 4 mois) : la structure du virus, le génome, le récepteur d’attachement, les descriptions cliniques, la chronologie de la maladie, les étapes de la réponse immunitaire.
  • Ce que l’on ne sait pas: la disparité homme-femme, les déterminants des formes graves, la cause du faible impact sur les enfants, le caractère potentiellement immunisant de la maladie, les disparités épidémiologiques.