15. déc., 2015

CHRONIQUE DE VANF: le prétexte «Bonne Bière»

La «Bonne Bière», un des cafés parisiens attaqués par les islamistes le 13 novembre dernier, a rouvert ce 4 décembre. Perpétuer le «Paris way of life» est le plus sûr moyen de mettre en échec le projet de génocide culturel que tous les fondamentalistes musulmans ont en obsession.

 

Siroter une bonne bière à la terrasse d’un café, devant un assortiment de charcuteries pur porc, en compagnie de femmes sans la camisole de force du voile islamique (soit dit en passant, mais ni le Hachette 1988 ni le Larousse 1998 ne connaissaient pas encore burqa et niqab). Qui aurait crû que la bière et le saucisson seraient un jour l’arme de la résistance contre l’obscurantisme et le fanatisme. Latitude alimentaire, liberté vestimentaire, mixité dans les lieux publics : de petites libertés dont nous ne nous rendons pas compte, tellement habitués que nous sommes à les vivre banalement, dans nos sociétés qui ignorent la charia, la loi des mollahs, le diktat des imams, la tyrannie des ayatollahs.

 

«Un arrêt qui marquera» : en mars 2012, à Douai (France), une femme battue, qui avait tué son mari coutumier de violence conjugale, avait été acquittée par le tribunal après que l’avocat général ait fait un réquisitoire à décharge : «vous n’avez rien à faire dans cette salle d’assises (...) ce procès vous dépasse parce que, derrière, il y a toutes ces femmes qui vivent ce que vous avez vécu (...) quand il rentre du travail, c’est le danger qui rentre à la maison». L’arrêt, qui devait marquer et «servir pour le combat contre les violences faites aux femmes», n’a pourtant pas fait jurisprudence.

 

Ce 3 décembre 2015, les mêmes avocates, Nathalie Tomasini et Janine Bonaggunta, défendaient une autre femme battue qui, en 2012, avait fini par tuer son mari violent . Mais, cette fois-ci, la cour d’appel a confirmé la condamnation de leur cliente à dix ans de prison. «Nous sommes ici pour juger le meurtre de cet homme, non pour les sévices qu’il a pu commettre» : mais, si cet homme avait été jugé, aurait-il encouru la même peine capitale pour les violences qu’il a fait subir pendant 47 ans à son épouse ? Ce n’est pas le cas en France (ni ) Madagascar), mais, depuis vingt ans au Canada, la loi accorde la présomption de légitime défense à l’épouse battue.

 

Pareille avancée législative, en faveur de l’épouse battue ou en faveur des femmes et des filles victimes de moeurs anachroniques, serait plus dissuasive que les quinze jours symboliques d’évènements Oranges, commencés le 25 novembre et jusqu’au 10 décembre, pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes, et qui ont vu éclairés en orange des sites emblématiques : les chutes du Niagara (Canada/États-Unis), les ruines archéologiques de Pétra (Jordanie), le sphinx et les pyramides de Gizeh (Égypte), l’Empire State Building (États-Unis), le Palais de la Paix à La Haye (Pays-Bas). Les Nations Unies estiment à 133 millions le nombre de filles qui ont subi une mutilation génitale dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où la pratique de l’excision perdure au 21ème siècle.

 

Dans une étude sur l’Afrique orientale à l’époque des Shirazi musulmans (de la fin  du XIIème siècle jusqu’au XIVème siècle, mais les musulmans pré-Shirazi étaient arrivés sur le littoral d’Afrique de l’Est vers le VIIIème siècle), Neville Chittick raconte qu’en 1502, les femmes musulmanes de la ville de Kiloa (actuelle Tanzanie), strictement confinées à leur maison et maltraitées, voulurent se faire chrétiennes pour pouvoir s’enfuir en embarquant à bord des navires portugais (cf. L’archéologie de la côte orientale africaine, in Taloha numéro 2, Institut de civilisations Musée d’Art et d’Archéologie).

 

«Édifier un monde dans lequel les femmes et les filles seront en sécurité», selon le mot de Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU. Mais, depuis 1502, au moins, des femmes et des filles continuent d’être victimes de violences, coutumières, religieuses, conjugales, sans pouvoir toujours fuir leur condition.