9. févr., 2016

CHRONIQUE DE VANF: ma certaine idée de la France

La France que j’aime fout le camp. À l’occasion du conflit entre taxis et VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur), j’avais l’impression que les protagonistes étaient uniquement des Arabes et des Africains. Cependant, la scène se passait à Roissy-Charles-de-Gaulle, ou Porte Maillot à Paris. Reste-t-il encore quelques Français de souche, bien gaulois, dans la France de 2016 ? Quand un Étranger comme moi se dépayse en se rendant à Paris, c’est pour se sentir en France, vraiment en France. Pas dans un quelque part «Black-Blanc-Beur».

 

C’est bien ce qu’écrit Paul-François Paoli : «Il suffit de se promener quelques heures dans Paris pour percevoir de visu l’importance massive de la présence africaine dans cette ville, et les étrangers qui viennent en France s’en étonnent bien souvent. Les provinciaux aussi. Paris est sans doute la première capitale africaine d’Europe. Et Marseille, la capitale du Maghreb. (...) Ce qui est insupportable, c’est la dénégation des faits à laquelle se livrent ceux pour qui ces phénomènes ne peuvent poser de problème car leurs principes humanitaires sont, par définition, au-dessus de ces contingences» («Pour en finir avec l’idéologie antiraciste», François Bourin Éditeur, 2012, p.52).

 

Je suis comme Richard Millet : «Je crois aux races, aux ethnies, aux étrangers, à l’ailleurs» (cf. «Fatigue du sens», éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2011). Et je ne trouve rien de scandaleux, je ne me sens nullement ostracisé, à savoir que le général de Gaulle pouvait avoir dit : «C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais, à la condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes tout de même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne» (cité par Alain Peyrefitte, «C’était de Gaulle...», coll. Quarto, Gallimard, 2002).

 

La réalité était dans ce discours de l’alors Maire d’Évry, Manuel Valls, qui voulait mettre quelques «White, Blancos, Blancs» supplémentaires dans sa ville : "(J'avais) le sentiment que la ville, tout à coup, ça n'est que cela, (…) ça n'est que cette brocante, alors que j'ai l'idée au fond d'une diversité, d'un mélange, qui ne peut pas être uniquement le ghetto. On a besoin d'un mélange. Ce qui a tué une partie de la République, c'est évidemment la ghettoïsation, la ségrégation territoriale, sociale, ethnique, qui sont une réalité. Un véritable apartheid s'est construit, que les gens bien pensants voient de temps en temps leur éclater à la figure, comme ça a été le cas en 2005, à l'occasion des émeutes de banlieues" (émission Politiquement parlant, Direct 8, juin 2009).

 

La réalité est dans le témoignage, en mai 2011, de Xavier Lemoine, Maire de Montfermeil, où vivent quarante nationalités différentes : «Ma ville est à l’image de la Seine-Saint-Denis, département de un million et demi d’habitants dont le premier tiers est constitué d’étrangers (ayant une carte de séjour), le second de Français sans aucune ascendance française (application du droit du sol et naturalisations), le dernier de Français ayant des ascendances françaises, mais qui vieillissent et qui déménagent. Par ailleurs, les deux premiers tiers ont un taux de natalité deux fois supérieur au dernier. Comme les autres maires de banlieue, je suis aux avant-postes de l’Histoire de France, témoin d’une bascule géographique sans précédent dans l’histoire du pays» (cité par Paul-François Paoli, id., page 48).

 

Une autre réalité est à trouver dès le titre d’un livre du journaliste américain Christopher Caldwell : «Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe» (Éditions du Toucan, octobre 2011). La même année, le 7 septembre 2011, le journal du Vatican, L’Osservatore Romano constatait un «doublement du nombre des mosquées en France». Chez nous, on sait que les instances catholiques et protestants oublient de s’émouvoir du débarquement incontrôlé à l’aéroport d’Ivato de musulmanes voilées de pied en cap et de musulmans à la barbe imposante (cf. Chronique VANF,  «Le FFKM tend l’autre joue», 13.01.2016). Paradoxalement, ce sont les musulmans établis de longue date à Madagascar, et qui pratiquent finalement un mode de vie à la malgache, qui s’en inquiètent davantage.

 

Personne ne songerait à traiter le juif français Claude Lévi-Strauss de facho. C’est portant lui qui écrit : «Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de penser au-dessus de toutes les autres, et d’éprouver peu d’attirance envers tel ou tel genre de vie, respectable en lui-même, mais qui s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché».

 

Pour ma part, je ne trouve aucune respectabilité dans cet islamisme fanatique, assassin et vandale, de toutes manières trop éloigné de ma manière de vivre et de penser. L’islamisme bombarde des statues du Bouddha, détruit les manuscrits de la bibliothèque de Tombouctou, dynamite les ruines antiques de Palmyre ou de Mossoul, dénie aux filles la valeur ajoutée de l’instruction et aux femmes la liberté de leur corps, corsetées qu’elles sont dans ce que Claude Lévi-Strauss décrit précisément, non sans quelque ironie : « Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique, avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pression et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s’adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible». Tristes Tropiques, 1955, déjà.