28. avr., 2020

VANF ANTRANONKALA

VANF ANTRANONKALA : La leçon coréenne

La Corée du Sud est aujourd’hui donnée en modèle de la lutte contre le coronavirus. La ROK a surtout tiré les leçons de la mauvaise gouvernance lors de la crise du MERS 2015 : les kits de dépistage fabriqués par les entreprises privées ont cette fois fait l’économie des longues et fastidieuses procédures administratives d’homologation. Trois jours après son homologation, le kit de dépistage était déjà disponible dans 50 cliniques.

Réactivité industrielle. Réactivité technologique également d’un E-pays : une application pour Android et iOS, nommée «protection et sécurité en quarantaine volontaire» a été développée. Les utilisateurs peuvent entrer directement en contact avec les autorités sanitaires et rendre compte de l’évolution de leur état de santé. L’application permettant la localisation constante de l’usager, la violation de la quarantaine est punie de 2500 USD.

Réactivité et détermination. C’est bien le dépistage rapide, massif et gratuit, 357.986 tests entre le 21 février et le 25 mars 2020, qui a permis d’endiguer l’épidémie, contenue à moins de 10.000 cas et moins de 200 morts au 2 avril 2020. L’inventaire, le dépistage systématique et le traçage des 210.000 membres de la secte Shincheonji, dont on saura rapidement que des membres de sa branche secrète à Wuhan s’étaient rendus à Daegu, auront également permis de circonscrire la propagation.   

La Corée du Sud n’a pas appliqué de confinement général : jusqu’au 16 mars encore, après la découverte d’un nouveau foyer à Seongnam, les autorités ont juste demandé qu’on évite les grands rassemblements, religieux, sportifs ou culturels ; c’est seulement le 22 mars que fut instauré le contrôle systématique à l’aéroport des voyageurs en provenance d’Europe ; n’étaient assignés à résidence en isolement que les patients à traiter et ne furent mis en quarantaine collective que Daegu et Seongnam.

Un rare bémol concerne l’éternel débat de la protection de la vie privée en période exceptionnelle. Le site web de la KCDC (Korea Center for Disease Control and Prevention) divulguait tous les détails d’une personne contaminée, même sans citer directement son nom. Le traçage exhaustif des cas suspects exigeait également l’accès aux données personnelles sur smartphone ou sur carte bancaire. 

31 décembre 2019 : La Chine annonce le Codiv-19

20 janvier 2020 : premier cas confirmé en Corée du Sud

31 janvier 2020 : les 700 Sud-Coréens rapatriés de Wuhan sont placés en isolement

4 février 2020 : l’entreprise coréenne Kogene Biotech développe un kit de dépistage, rapidement homologué et aussitôt mis en production. Ce kit permet de connaître le résultat en six heures.

18 février 2020 : Le «Patient 31» est testé positif. On suppose que cette femme, au contact de 1100 personnes de la secte Shincheonji, est à l’origine de la propagation du coronavirus dans la ville de Daegu (2,5 millions d’habitants). 

21 février 2020 : 16.196 habitants de Daegu ont été testés.

22 février 2020 : 10.000 membres de la secte Shincheonji sont testés et leur itinéraire retracé par l’accès aux données des smartphones et des cartes bancaires.

25 février 2020 : Le Gouvernement obtient la liste des 210.000 membres de la secte. Leur état de santé est contrôlé en permanence via une application sur smartphone.

26 février 2020 : Début des tests drive-through à bord des véhicules. Les résultats sont envoyés par SMS. Cette méthode permet de tester 10 personnes en une heure et 40 points de drive-through existaient dans tout le pays au bout d’un mois. 

29 février 2020 : Instauration de la «distanciation sociale»

1er mars 2020 : L’État porte plainte contre le gourou de la secte Shincheonji pour meurtres et violation de la législation sur le contrôle des maladies

2 mars 2020 : La poste coréenne commence la distribution de 650.000 masques via ses 1406 bureaux. Chaque client peut en acheter cinq pour le prix unitaire de 0,81 USD. La Corée du Sud peut fabriquer 10 millions de masques par jour.