26. août, 2020

VANF ANTRANONKALA

VANF ANTRANONKALA : Ce n’est pas «ça», le foot

 

Le Bayern Munich est champion d’Europe. Trop confiantes dans les promesses du Paris Saint-Germain, les autorités parisiennes avaient réservé les Champs-Élysées aux piétons censés y célébrer, joyeusement donc et massivement surtout, le sacre tant espéré. Au lieu d’une fête, ce fut le saccage. 

Quand on voit les images de «jeunes» incendiant des voitures, détruisant le mobilier urbain, brisant les devantures, on se dit que ça ne peut pas être du foot. Le chauvinisme footballistique était censé servir de succédané au bellicisme des nations : les déplacements incessants de milliers de supporters d’un stade à un autre, d’une ville à une autre, d’un pays à un autre, ont tissé la dense trame de la construction européenne, mieux que tous les discours des «pères-fondateurs». 

«Il leur faudrait une bonne guerre» : avant et après le Heysel (39 morts et 454 blessés avant la finale de C1, le 29 mai 1985), les hooligans ont continué de se servir des rivalités sportives pour conjurer complexes de l’Ego et frustrations du Soi. Violences gratuites qui décidèrent L’UEFA à bannir les clubs anglais de toutes les coupes d’Europe pendant cinq saisons. 

Sanction exemplaire qui mit à l’index la horde sauvage des hooligans, tracée comme de dangereux terroristes. Instruit de ce précédent, on ne comprend pas que le vandalisme soit excusé au nom du mal-être de «sauvageons» et que la racaille passe par une cellule psychologique plutôt que d’atterrir direct à la case perpétuité.