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14. juin, 2019

Le Huffpost

05/06/2019

Valérie Pécresse quitte LR pour prendre la droite par l'extérieur

Après la démission de Laurent Wauquiez, sa rivale déplore un parti "cadenassé de l'intérieur" et se positionne pour 2022.

Par Geoffroy Clavel

POLITIQUE - “Totalement incompréhensible”. La décision de Valérie Pécresse de quitter Les Républicains ce mercredi 5 juin a semé la consternation dans les rangs de la droite, où les principaux ténors ont immédiatement répliqué en appelant à l’unité dans la tourmente. “Dans les moments difficiles, on ne quitte pas le navire”, a tonné le wauquiéziste Éric Ciotti tandis que l’ancien filloniste Bruno Retailleau appelait à “sortir des logiques personnelles” pour initier “la refondation de la droite”. 

Débarrassée de son rival Laurent Wauquiez, démissionnaire, Valérie Pécresse avait pourtant le champ libre pour prétendre présider le parti conservateur sorti éreinté des élections européennes. Mais sur le plateau de France2, la présidente de la région Île-de-France a jugé qu’elle n’était pas en capacité de se faire élire à la tête des Républicains.

Avec ou sans Wauquiez, “le parti est cadenassé de l’intérieur, dans son organisation mais aussi dans ses idées”, juge celle qui a toujours plaidé pour un élargissement du socle électoral de l’ex-UMP aux libéraux et centristes, séduits par les sirènes macronistes. Visiblement convaincue qu’elle ne parviendrait pas à imposer cette ligne en interne, Valérie Pécresse assume désormais “que la refondation de la droite ne pourra pas se faire à l’intérieur et qu’elle doit se faire à l’extérieur du parti”.

“Libre” de se positionner en vue de 2022

Pour ce faire, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy dispose d’un outil: son “mouvement d’idées”, “Libres!”, créé pour organiser la résistance à Laurent Wauquiez à l’intérieur même des Républicains. Sa garde rapprochée, le député Robin Reda, les anciens candidats à la présidence de LR Maël de Calan et Florence Portelli ou le maire de L’Hay-les-Roses Vincent Jeambrun, ont d’ores et déjà rendu leur rond de serviette chez LR. D’autres parlementaires pourraient suivre. Le succès de l’opération dépendra notamment de l’ampleur de la saignée que produira cette désaffection.

En attendant, l’objectif est limpide: plutôt que de gaspiller son énergie à tenter de réparer un parti moribond, Valérie Pécresse prétend reconstruire une écurie de toutes pièces en creusant son propre sillon, comme l’a fait son homologue des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Dans sa ligne de mire: la présidentielle de 2022. “Si vous voyez en moi l’héritière de Nicolas Sarkozy, je ne peux qu’approuver”, a-t-elle souri sur le plateau du 20h de France2, en promettant de “tout rénover du sol au plafond en ouvrant les portes et les fenêtres, avec de la société civile, en faisant revenir tous ceux qui sont partis”.

L’élue francilienne, qui posait pourtant encore ce mardi au côté du président du Sénat Gérard Larcher dont le but est de reconstruire un “projet de la droite et du centre”, claque donc la porte avec des mots durs pour ses anciens amis. “Tous ceux qui sont aujourd’hui dans le parti, qui sont aux responsabilités dans le parti, y compris les parlementaires, ne souhaitent pas ouvrir une réflexion sur la France d’aujourd’hui”, tranche-t-elle.

La droite déplore “une aventure personnelle”

Les cadres LR, eux, ne se privent pas de lui retourner le compliment, l’accusant de faire cavalière seule pour se positionner en vue de la prochaine élection présidentielle. “Valérie Pécresse est partie dans une aventure qui s’annonce personnelle”, a réagi Annie Genevard, annonçant sur BFMTV que Valérie Pécresse avait, devant Gérard Larcher, plaidé “la disparition des Républicains au profit d’une autre structure”.

Le trésorier des Républicains, Daniel Fasquelle, assure pour sa part que ce n’était pas “en créant autant de partis qu’il y a de présidentiables que la droite reviendra un jour au pouvoir”. “Refonder la droite exige du courage et de sortir des logiques personnelles”, déplore le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Certains lui reprochent aussi de refuser de se soumettre au vote des militants, par crainte d’être battue dans les urnes. “Elle estimait que Laurent Wauquiez était un problème au sein du parti. Mais maintenant, il est parti. Et c’est à ce moment, où une élection va s’ouvrir à l’intérieur de LR, qu’elle renonce, une fois de plus, à se présenter aux élections”, tranche dans Le Parisien le président par intérim LR, Jean Leonetti. Manière de rappeler que Valérie Pécresse n’avait pas osé affronter Laurent Wauquiez lors de l’élection interne à la présidence de la fin 2017.

Sur le plateau de CNews, le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, qui fut un temps lui aussi membre de l’UMP, veut surtout voir dans ce départ une tentative de Valérie Pécresse de sauver sa présidence au conseil régional d’Île-de-France avec le recours des voix LREM. Encore faut-il que sa décision de ce soir ne lui coûte sa majorité régionale.

Du côté de la majorité présidentielle, personne n’a en tout cas réagi dans la soirée au départ de la figure des Républicains. Comme si les Marcheurs attendaient, pour se positionner, de voir comment la poussière va retomber sur les ruines de la droite.

 

9. oct., 2018

Le Huffpost

 28/09/2018

Philippe et Wauquiez chassent les électeurs de droite en s'accusant de traîtrise. Leur débat dans "L'Emission politique" n'a porté que sur l'immigration (et un peu sur l'Europe).

Par Alexandre Boudet

 

AFP

Philippe et Wauquiez chassent les électeurs de droite en s'accusant de traîtrise.

POLITIQUE - S'il y a un traître sur le plateau, ce n'est pas moi. Voilà en substance ce que Laurent Wauquiez et Edouard Philippe ont tenté de faire comprendre au cours de leur débat très tardif (il a commencé à 22h45) ce jeudi dans "L'Emission politique". Le premier ministre et le président des Républicains étaient venus à ce premier débat entre anciens camarades du même parti avec une idée: conquérir les électeurs de droite qui se demandent toujours s'ils doivent rester dans leur famille d'origine ou franchir le Rubicon vers Emmanuel Macron.

Pour se faire un avis et au-delà de la mesure économique évoquée par le chef du gouvernement (la dégressivité des allocations chômage qui est réclamée par la droite), ils n'ont cependant eu que deux thèmes, ou plutôt un thème et demi. Pendant la petite demie-heure qu'a duré l'échange, il a été beaucoup question d'immigration et un tout petit peu d'Europe.

Hormis deux punchlines que l'on pourra retenir ("Vous avez un problème avec la vérité Monsieur Wauquiez", lancée par Edouard Philippe et "Vous avez un problème avec la réalité", lâchée par son contradicteur), le débat a été un affrontement pour tenter de convaincre le téléspectateur que c'est l'autre qui a le plus changé et le plus trahi les valeurs de la droite.

"Où est passé Edouard Philippe"

Pour cela, Laurent Wauquiez était venu avec deux cartes maîtresses qu'il a résumées en une expression: "où est passé Edouard Philippe?" Il a d'abord rappelé un amendement signé par Edouard Philippe quand il était député UMP et qui proposait de restreindre l'Aide médicale d'Etat aux seuls cas d'urgence. La proposition est aujourd'hui portée à nouveau par Les Républicains tandis que le locataire de Matignon s'y oppose fermement. "C'est une question de santé publique", justifie-t-il aujourd'hui.

Deuxième argument défendu par le leader LR: pendant la campagne de la primaire de la droite, Edouard Philippe était le porte-parole d'Alain Juppé qui proposait l'instauration de quotas annuels sur l'immigration. Idée portée aujourd'hui par son parti qui veut les faire adopter au Parlement comme c'est le cas notamment au Canada ou en Australie. "Il ne vous aura pas échappé que le détroit de Gibraltar, ce n'est pas la distance entre le Vietnam et l'Australie. La pression migratoire est intense", s'est défendu le chef du gouvernement qui a rejeté cependant l'idée d'ouvrir les frontières de la France. "Je n'ai jamais considéré que la vocation de la France est d'accueillir tout le monde tout le temps", a-t-il lancé paraphrasant la célèbre citation de Michel Rocard.

Laurent Wauquiez a fait une dernière proposition: restreindre le droit du sol en conditionnant l'octroi de la nationalité française aux enfants de parents arrivés régulièrement sur le sol français. C'est ce que le gouvernement a fait récemment à Mayotte où la situation est explosive en raison de l'afflux massif de migrants venus des îles Comores voisines.

Philippe moque le nombre de départ à droite

D'une certaine manière aussi, Edouard Philippe a tenté de montrer que son rival avait changé. Pas seulement son rival, mais le parti qu'il préside désormais. Il a ainsi affirmé que ce qu'il voyait des LR ne ressemblait plus à l'UMP dont il fut le directeur général au début des années 2000. Et pour appuyer son propos, il a fait référence au nombre d'adhérents de ce mouvement. "Vu le nombre de gens qui sont partis, il doit y avoir un sujet", a-t-il lancé.

Le premier ministre, qui refuse "les formules simplistes" de son adversaire, a profité du court débat sur l'Europe pour relever le glissement de la droite vers l'extrême droite qui s'observe rue de Vaugirard. Il a renvoyé Laurent Wauquiez à Viktor Orban, président autoritaire de la Hongrie qui appartient au même parti européen que lui et qu'il n'a pas désavoué malgré le vote de sanctions au Parlement européen (PPE), et d'une certaine manière à Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur issu de l'extrême droite qui a fermé les frontières de son pays.

C'est un résumé de la stratégie macronienne en vue des européennes: instaurer un clivage entre progressistes et nationalistes, un clivage où la gauche semble absente comme lors de cette émission.

 

28. sept., 2018

J.C. avec AFP le 09/09/2018

Le président de la région Hauts-de-France, ancien membre du parti Les Républicains, exprime ses divergences avec Laurent Wauquiez. Il s'en prend également dans une interview au Parisien au président de la République qui "ne comprend pas les territoires", selon lui.

© AFP Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), met en garde contre le "danger des (partis) extrêmes". "Le danger des extrêmes est loin d'être écarté dans notre pays", affirme samedi dans un entretien sur le site du Parisien l'élu, qui a quitté LR au lendemain de l'élection de Laurent Wauquiez à sa présidence en décembre.

Les Hauts-de-France sont un bastion du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN, ex-FN). La liste de Marine Le Pen y avait obtenu 42% des voix aux régionales de 2015, contre 58% pour Xavier Bertrand. Un rapprochement entre LR et le RN serait une "hérésie, un danger terrible pour notre pays", ajoute Xavier Bertrand, qui se revendique d'une droite gaulliste et sociale et est en désaccord avec la ligne très droitière de Laurent Wauquiez.

Le "complexe de supériorité" de Macron

Dans cette interview, l'élu fustige le "complexe de supériorité" d'Emmanuel Macron qui "peut coûter très cher (au) pays". Le chef de l'Etat, au plus bas dans les sondages, "ne comprend pas les territoires, ne comprend pas les élus, et ne voit pas que c'est avec du dialogue et du partenariat qu'on pourrait être plus efficace pour les Français", estime Xavier Bertrand, en l'invitant à "faire confiance aux élus, à des syndicats comme la CFDT, à ses ministres".

"Le fait qu'il ait le sentiment d'avoir raison sur tout ne peut pas durer, ça ne marche pas. Beaucoup de Français modestes pensent qu'il n'est pas un président pour eux, et les retraités savent désormais qu'il est un président contre eux", développe Xavier Bertrand.

"Ce pouvoir est technocratique comme jamais, et (...) les choix du président sont totalement déconnectés des réalités quotidiennes de nos concitoyens", dénonce-t-il en plaidant pour "d'autres choix possibles: plus justes, plus équilibrés que ceux qui sont faits depuis près de 18 mois".

 

18. juil., 2018

Par Magazine Marianne

Publié le 04/07/2018

La Cour de cassation a anéanti le 25 juin dernier la théorie de la "séparation des pouvoirs" agitée depuis des mois par le camp Fillon pour pointer l'incompétence du parquet national financier dans l'affaire Penelope.... Finalement, un député n'est pas au-dessus de la loi.

Nouvelle défaite judiciaire pour François Fillon. Le 25 juin dernier, la Cour de cassation a anéanti un des principaux arguments juridiques de l'ex-Premier ministre dans l'affaire Penelope. Il s'agit de la fameuse théorie de la "séparation des pouvoirs" agitée par le Sarthois et ses avocats pendant la campagne présidentielle. L'idée ? Un parlementaire – ce qu'était François Fillon quand il a embauché son épouse comme collaboratrice – ne saurait être poursuivi pour détournement de fonds publics. Dans leur esprit, seuls les dépositaires de l'autorité publique, comme les maires, pourraient être inculpés.

"Cette enquête viole les principes les plus fondamentaux du droit constitutionnel", expliquait le 9 février 2017 Antonin Lévy, l'avocat de François Fillon. "Le parquet national financier s'est auto-saisi sur le fondement d'un délit, le détournement de fonds publics, qui ne peut être reproché à un parlementaire de la République", ajoutait-il, une manière de nourrir la "théorie du complot", selon laquelle le PNF aurait tout fait pour empêcher le candidat de droite de remporter la présidentielle. Trois jours plus tôt, François Fillon lui-même croyait bon d'affirmer que le PNF "n'était sans doute pas compétent pour se saisir de cette affaire".

Caisse noire du Sénat

La Cour de cassation a réduit à néant cette interprétation du droit. Saisis par des sénateurs de droite dans une affaire de caisse noire au Palais du Luxembourg, les juges ont estimé, selon le Canard enchaîné, que le parlementaire était bien "chargé, directement ou indirectement, d'accomplir des actes ayant pour but de satisfaire l'intérêt général". Les sénateurs et députés sont donc bien "chargés d'une mission de service public" et donc susceptibles d'êtres condamnés en justice pour détournement de fonds publics.

Contrairement à ce qu'il pensait, François Fillon n'est donc pas au-dessus de la loi. Pas plus que n'importe quel citoyen français, il n'a le droit de détourner de l'argent public impunément. Ce qui pourrait doublement le contrarier : en plus de l'affaire Penelope, l'ex-parlementaire est cité dans l'affaire de la caisse noire du Sénat. Entre 2004 et 2007, il aurait touché 21.000 euros, en sept chèques.

13. juil., 2018

Le Huffpost

 17/06/2018

Virginie Calmels limogée de la direction des Républicains après ses critiques sur Laurent Wauquiez. Jean Leonetti prend sa place à la vice-présidence des Républicains.

  • Le HuffPost avec AFP

 

Charles Platiau / Reuters

Après ses critiques sur Wauquiez, Virginie Calmels (ici le 18 avril), n°2 de LR, virée du parti

LES RÉPUBLICAINS - Le président des Républicains Laurent Wauquiez a mis fin aux fonctions de sa N°2 Virginie Calmels, en conflit ouvert avec lui, a annoncé ce dimanche 17 juin à l'AFP une source au sein de la direction du parti. Jean Leonetti la remplace à la vice-présidence du parti.

"La dérive continue dans le jeu personnel n'était plus acceptable", a fait valoir dimanche soir une source dans l'entourage de Laurent Wauquiez. "Quand on est membre de l'équipe dirigeante, on ne peut pas tirer chaque jour contre son camp, surtout à un moment où chacun mouille sa chemise pour reconstruire la famille".

Les Républicains ont publié un communiqué laconique vers 21 heures, annonçant la nomination de Jean Leonetti sans mentionner le nom de Virginie Calmels.

Des critiques répétées

Cette décision met un terme à deux semaines de conflit ouvert entre le patron des Républicains, élu en décembre, et sa N°2 qui l'avait rejointe lors de sa campagne interne.

Première adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux, représentante de la sensibilité libérale au sein de LR, Virginie Calmels avait rejoint Laurent Wauquiez à l'été 2017, lors de sa campagne pour la présidence du parti.

Elle avait récemment critiqué un tract de LR intitulé "Pour que la France reste la France", distribué le week-end dernier lors d'une opération de mobilisation, qu'elle avait jugée "anxiogène". Elle avait évoqué un "dysfonctionnement" au sommet du parti. L'ancienne directrice générale d'Endemol monde avait réitéré sa position mardi lors d'une réunion de direction houleuse.

Elle avait encore critiqué Laurent Wauquiez dans un entretien accordé dimanche au Parisien, dans lequel elle jugeait que le président de LR semblait être "uniquement là pour défendre sa propre ligne". "Il estime qu'il doit son élection qu'à sa seule présence, je ne partage pas cette vision".

Ancien ministre délégué aux Affaires européennes, actuel maire d'Antibes (Alpes-Maritimes), Jean Leonetti est nommé vice-président délégué, le titre que détenait Virginie Calmels. Après l"élection de Laurent Wauquiez, Jean Leonetti était devenu président du Conseil national, sorte de parlement du parti. Il préside également le Conseil des sensibilités, instance récemment créée par LR.

Prise de décision solitaire

Sous couvert d'anonymat, plusieurs membres du parti, y compris au sein de la direction qu'il a lui-même installée, critiquent une prise de décision jugée solitaire de Laurent Wauquiez et sa présence trop parcimonieuse dans les médias.

Le président d'Auvergne-Rhône-Alpes avait notamment appelé à la démission du ministre ex-LR Gérald Darmanin, alors mis en cause dans des enquêtes pour viol, sans être suivi par de nombreux responsables de son parti.

Accusé par ailleurs de reprendre les thèmes du Rassemblement national (ex-FN), Laurent Wauquiez, dont la cote de popularité ne cesse de s'effriter dans les sondages, a plusieurs fois affirmé qu'il n'entendait pas dévier de sa ligne.

Au sein de LR, il doit également compter avec la concurrence de Valérie Pécresse. La présidente de l'Île-de-France a créé son propre mouvement, "Libres!", devenu associé à LR au mois de janvier.