21. févr., 2018

Avenir de l’AEFE

"Monsieur le Directeur, mesdames et messieurs les membres du comité Technique de l’AEFE,

  En ce jour de Comité Technique de l’AEFE (7 février), l’UNSA-Éducation souhaite réaffirmer solennellement son attachement à l’opérateur public et son inquiétude face aux incertitudes sur son sort.

 Au mois de juillet dernier le gouvernement a ordonné une baisse drastique de 33 millions d’euros du budget de l’AEFE. Cette coupe sombre affecte considérablement le fonctionnement des établissements. La première conséquence de cette mesure d’économie est de voir la participation financière passer de 6 à 9%. La deuxième  est une suppression massive de postes enseignants détachés. Elle provoque, enfin,  une augmentation non négligeable des frais de scolarité supportée par les seuls parents d’élèves. C’est l’effet gilette triple lame. Un coup de rasoir qui laisse des écorchures..

 Notre devoir syndical, parce que nous représentons des personnels inquiets pour leur avenir, parce que nous souhaitons que les élèves aient accès à un enseignement de qualité dans les meilleures conditions possibles, c’est de protester. Après une grève historique le 27 novembre, un deuxième moment de contestation de ces choix budgétaires et politiques s’est déroulé hier 6 février dans l’ensemble des établissements français de l’étranger.  

 Nous avons toujours réclamé une vision d’avenir pour l’AEFE, c'est-à-dire une stratégie claire, des moyens publics à la hauteur de la mission de rayonnement éducatif de ce réseau d’excellence, et un respect des personnels et de leur statut d’emploi. Nos collègues ont une conscience  aigue des enjeux actuels. Personne n’est dupe. Dans ce climat anxiogène, nous tenons néanmoins à saluer la qualité du travail et des échanges en centrale et dans les groupes de travail qui montrent que le dialogue social est utile en temps de crise.

 Le président Macron en Tunisie a affirmé sa volonté d’une  réforme « en profondeur de l’AEFE ». 

 Est-ce à dire que la lame de Bercy repassera sur la plaie et que la coupure sera encore plus profonde ?  Tous craignent une privatisation larvée et non dite  du réseau. Ce chemin vers un financement privatisé dans son intégralité, tout le monde le refuse. Il serait synonyme d’explosion des frais scolaires.. De montée des effets d’éviction scolaires pour les enfants des familles modestes et moyennes. De disparités géographiques accentuées avec une carte des emplois qui seraient passée à la moulinette. Que resterait-il alors de l’Universalité de notre action en matière éducative à l’étranger ? Une peau de chagrin diplomatique.

 L’UNSA-Éducation dénonce le démantèlement programmé de ce réseau aux performances pédagogiques de premier plan. Quand on se veut « résolument moderne », on ne doit pas pénaliser l’excellence. On se doit de la soutenir. 

 La démocratie est sociale et politique.  En 2017 des choix ont été faits pour la France. En décembre 2018 nous ferons des choix pour l’agence et le réseau à l’occasion de nos élections professionnelles"

 Le 07/02/2018