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5. mars, 2018

Le Huffpost

POLITIQUE  04/03/2018 

Accord Merkel-SPD en Allemagne: Macron salue une "bonne nouvelle pour l'Europe" et pour lui

La fin de la crise politique outre-Rhin devrait dégeler les discussions sur la réforme de l'Union européenne, défendue par le président français.

Par Geoffroy Clavel

 

Eric Vidal / Reuters

POLITIQUE - Il était encore un peu tôt pour sabrer le champagne, mais l'Elysée n'a pas perdu de temps pour saluer l'accord de gouvernement validé ce dimanche 4 mars par le parti social démocrate allemand (SPD) -et qui remet Angela Merkel en selle pour au moins deux ans. "Le président de la République se réjouit du résultat du vote du SPD. C'est une bonne nouvelle pour l'Europe. La France et l'Allemagne travailleront ensemble, dès les prochaines semaines, pour développer de nouvelles initiatives et faire avancer le projet européen", s'est réjouie la présidence. Une manière de souligner que ce dénouement fait grandement les affaires du chef de l'Etat.

La fin de la crise politique outre-Rhin devrait en effet permettre de dégeler les discussions sur la réforme de l'UE, défendue par Emmanuel Macron lors de son grand discours pro-européen de la Sorbonne. L'issue de l'imbroglio né des élections législatives du 24 septembre dernier est en effet idéale pour le gouvernement français. Le premier projet de coalition "Jamaïque", impliquant les écologistes et surtout les libéraux du FDP, foncièrement hostiles à toute réforme de la zone euro, aurait pu sonner le glas de plusieurs propositions défendues par Paris. Elle a finalement échoué. Et alors qu'une crise profonde se profilait, paralysant l'Allemagne et de fait toute réforme d'ampleur de l'Union européenne, le SPD de Martin Schulz (en phase avec la ligne européenne française) a finalement accepté de revenir à la table des négociations avant de sceller (dans la douleur) un nouvel accord gouvernemental validé par ses militants.

Ce scénario permet donc à Angela Merkel de se maintenir au pouvoir pour un quatrième et dernier mandat, elle dont Emmanuel Macron a publiquement salué "l'audace et le sens de l'Histoire".

L'Europe au coeur du contrat de coalition

"C'est vraiment une très bonne nouvelle que de voir nos amis allemands trouver le chemin d'un pacte gouvernemental parce que nous avions besoin d'avoir des partenaires solides qui puissent être à nouveau à l'initiative", avait déjà salué mi-février le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, sur LCP. Le projet européen d'Emmanuel Macron pour relancer l'Europe - il prône notamment un budget et un ministre des Finances de la zone euro - "a rencontré un écho favorable dans les discussions entre le SPD, la CDU et la CSU" (sociaux-démocrates et conservateurs allemands), avait-il ajouté.

Le contrat de coalition définitif place en effet la réforme de l'Union européenne au coeur des priorités des deux acteurs et endosse notamment l'idée d'un budget de la zone euro pour des investissements communs, alors que pendant des mois les conservateurs d'Angela Merkel avaient fait la sourde oreille. "On voit bien qu'il y a quand même une tendance, une logique à doter l'Union européenne d'instruments qui vont permettre de préparer l'avenir, d'avoir des vrais projets à l'échelle européenne", a souligné Jean-Baptiste Lemoyne.

L'avènement de cette "GroKo" est d'autant plus saluée par le gouvernement français qu'elle constitue un miroir de la grande coalition qu'espère fédérer Emmanuel Macron lors des élections européennes de 2019. Ce que les adversaires d'Emmanuel Macron n'ont pas manqué de souligner ce dimanche. "Angela Merkel fait le pôle mondialiste. De la même manière que En Marche et Les Républicains commencent déjà à se rapprocher. On a vu M. Juppé rejoindre presque M. Macron pour les futures européennes", a dénoncé Marine Le Pen sur France 3.

Un équilibre fragile à l'heure du Brexit

Ce dégel tombe d'autant mieux qu'Emmanuel Macron se prépare à l'offensive. Celui-ci a notamment prévu de lancer ses "consultations citoyennes" pour débattre de l'avenir de l'Europe à Strasbourg le 17 avril, jour où il s'exprimera devant le Parlement européen. Des "conventions démocratiques" censées "libérer la parole sur l'Europe, redonner confiance et éclairer le débat", en faisant remonter les aspirations des citoyens, qui auraient été compliquées si l'Allemagne s'était relancée dans une campagne législative.

L'exécutif se réjouit donc de la préservation du moteur franco-allemand "à un moment-clé, à un tournant de l'Union européenne avec le Brexit". Mais l'équilibre politique trouvé en Allemagne demeure fragile. La coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs détient seulement une courte majorité au Bundestag (un peu plus de 53%), après les élections générales du 24 septembre marquées par une percée historique de l'extrême droite (AfD) et une érosion des partis traditionnels. Et les tergiversations internes au sein des deux partis politiques montrent que leurs dirigeants ne bénéficient pas d'un blanc-seing pour gouverner.

Signe de leur défiance réciproque, le contrat de coalition prévoit une clause de sortie au bout de deux ans. La chancelière de 63 ans n'a en outre jamais été autant critiquée dans son parti, qu'elle dirige depuis environ deux décennies. Surtout depuis qu'elle a cédé au SPD le ministère des Finances, traditionnelle chasse gardée des conservateurs.

Plusieurs cadres du parti chrétien-démocrate ont ouvertement mis en cause sa ligne centriste et sa politique migratoire longtemps généreuse qui a vu l'arrivée depuis 2015 de plus d'un million de demandeurs d'asile.

Un premier accroc sur les partis paneuropéens

Tout n'est d'ailleurs pas complètement rose dans le tableau idyllique que dresse le centre-droit macroniste des relations franco-allemandes. A l'issue des prochaines élections européennes, il n'est même pas certain que les eurodéputés français élus sous la bannière d'Emmanuel Macron siègent dans le même groupe que ceux soutenus par Angela Merkel. Contrainte à une relative prudence sur la scène internationale tant que les négociations gouvernementales n'avaient pas abouti, la chancelière a d'ailleurs déjà apporté un premier accroc au contrat de confiance qui l'unie à son partenaire français.

Fragilisée dans son propre parti et soucieuse de ne s'aliéner personne, la chancelière s'est clairement désolidarisée de la proposition d'Emmanuel Macron de modifier le mode de scrutin des élections européennes. Ce dernier prévoit que les partis paneuropéens se présentent aux élections avec des têtes de liste et que celle arrivant en tête devienne automatiquement le prochain président de la Commission européenne.

Or le président français milite lui pour un changement via la création lors des élections européennes de "listes transnationales", avec des candidats de différents pays venant de la même mouvance politique. Une option qui aurait permis à ces listes de nommer à leur tête des candidats non issus des familles politiques établies au Parlement européen et pouvant ensuite aspirer à être nommées à la tête de la Commission.

Une manière très macronienne de bousculer le jeu corseté des partis européens ce qui remettrait en cause l'hégémonie du PPE (parti conservateur européen) auquel adhère la CDU-CSU. "La famille politique à laquelle j'appartiens, le PPE, a entre temps inscrit l'institution des têtes de liste dans ses statuts", a-t-elle botté en touche dans une fin de non-recevoir. Parallèlement, le Parlement infligeait un revers à Emmanuel Macron en rejetant la création de listes transnationales en 2019.

Un avertissement pour Emmanuel Macron qui, s'il peut se réjouir d'avoir une interlocutrice ouverte face à lui, sait que rien ne sera possible sans le soutien actif de l'Allemagne sur la scène européenne.

 

13. déc., 2016

Point de vue d’un militant socialiste

 La défaite de Matteo Renzi en Italie

La défaite de Matteo Renzi ouvre une nouvelle période d’incertitude politique en Italie et en Europe. Sur le plan national, elle ouvre la question naturelle de sa succession qui n’est sincèrement pas évidente puisqu’il y a peu de bons candidats pour assurer la succession (hormis éventuellement Dario Franceschini qui est l’actuel ministre de la culture). Elle lance le pays également dans une période d’insécurité politique avec un mouvement 5 étoiles (mouvement démagogue de centre gauche) qui sort regonflé de cet exercice référendaire. Son leader, Beppe Grillo, en coeur avec le leader de l’extrême-droite italienne Salvini, aurait demandé des élections législatives anticipées. Ceci n’est néanmoins pas un automatisme après un référendum qui échoue. L’avenir et surtout les prochaines heures nous diront si Renzi en émet lui-même le souhait lors de sa démission officielle dans l’après-midi du 5 décembre. En tous cas, les Grillini comme on les appelle en Italie, on d’ors-et-déjà annoncé un référendum sur la participation du pays à la zone Euro, ce qui ne présage rien de fameux. 

 

Sur le plan européen, la perte de Renzi va certainement poser problème, tant premièrement parce qu’il a été un moteur du développement e l’embryon de politique migratoire commune, tant deuxièmement parce que l’Italie était le soutien principal de la France sur les questions d’Europe de la défense. Cette dernière se retrouve maintenant presque seule pour porter ce projet. Que l’on apprécie ou non Renzi surtout lorsque l’on pense à sa politique économique, il a été un Président du Conseil qui a considérablement oeuvré pour des solutions collectives européennes qui sont nécessaires. Sa démission est un facteur de risque considérable à l’heure où l’Union européenne tremble devant l’incapacité des partis traditionnels à reprendre l’offensive pour re-planter le projet européen dans le coeur des citoyens. 

 

Ici à Bruxelles, tout le monde s’interroge. Mon interrogation à moi, et je conclurais là-dessus est la suivante: comment avons-nous pu en arriver au point que les gens sont tous persuadés que l’Union européenne et ses institutions ne travaillent pas au service des États-membres et de leurs citoyens? L’Union et ses institutions sont gérées et « drivées »  à 100% par les volontés des États-membres. Tout ce qui s’y passe, ne se passe que avec le consentement des États. Je suis amer en voyant que le projet politique collectif est toujours et encore un fusible politique utile pour dédouaner les petites bassesses des politiques nationales. Ce faisant, ils sapent encore et toujours un projet qui nous dépasse tous pour assurer de ridicules succès médiatiques court-termistes.

1. sept., 2016

Entente cordiale

Hidalgo et Kahn heureux d'annoncer la naissance de start-ups franco-britanniques

Les maires de Paris et Londres se sont rencontrés à Paris, dans le futur plus grand incubateur du monde.

  • Hidalgo et Kahn heureux d'annoncer la naissance de start-ups franco-britanniques

Favoriser la coopération plutôt que la compétition entre les villes monde européennes comme Paris et Londres. «La rivalité, la compétition, ça peut être très sain, a dit Anne Hidalgo jeudi matin recevant son homologue londonien Sadiq Kahn, pour son premier voyage depuis son élection. Mais on peut également monter des partenariats dans lesquels tout le monde est gagnant», a-t-elle poursuivi dans l’ancienne halle Freyssinet (XIIIe arrondissement), destinée à devenir le plus grand incubateur de start-ups du monde. Un message à l’unisson de celui du nouveau maire travailliste de Londres qui cherche à limiter les effets du Brexit, mais aussi une manière de se démarquer de la présidente LR de la région francilienne Valérie Pécresse.

Cette dernière avait affirmé après le Brexit qu’il était «vital» que l’Ile-de-France déroule le «tapis rouge» aux entreprises souhaitant quitter le Royaume-Uni. Anne Hildalgo pour sa part fait un distinguo entre les enjeux autour de la place financière de Paris et ceux de la nouvelle économie et de l’écosystème des start-ups. Dans le premier cas, elle a affirmé son soutien à Gérard Mestrallet. A la tête de Paris Europlace, l’association chargée de promouvoir la place financière de Paris, l’ancien patron de GDF-Suez se démène pour faire en sorte que Paris, en compétition avec Dublin, Francfort ou Luxembourg, récupère le maximum d’activités de la City dont les établissements financiers risquent de perdre leur passeport européen leur permettant de mener des opérations de marché partout en Europe depuis Londres.

Mais la question se pose différemment pour les jeunes pousses de la Tech, habitués à travailler ensemble dans des écosystèmes marqués par la «coopétition», mélange inédit de compétition et de coopération. «Vu de Shanghai, les deux villes évoluent sur un même territoire, a expliqué la maire de Paris dont le projet est de proposer à terme une bi domiciliation aux start-ups françaises et britanniques. Pour les entreprises londoniennes, il sera important d’avoir une domiciliation en France, sur le territoire européen», a-t-elle fait remarquer.

«De Paris à Londres comme si on traversait le périphérique»

«On a déjà mis en place des programmes d’échanges de start-ups avec New York mais aussi Montréal ou Tel Aviv mais l’idée serait d’aller un cran plus loin, explique un collaborateur d’Anne Hidalgo. Les start-ups fonctionnent dans un état d’esprit très collaboratif et ouvert, poursuit ce collaborateur, les françaises ont besoin d’un accès au marché anglo-saxon que leur procure une présence à Londres et les britanniques d’un ancrage européen.»

Anne Hidalgo a indiqué que ce grand partenariat encore à inventer entre les deux villes devrait être «explicité» mais a déjà donné quelques exemples de collaborations possibles : accès mutuel à des structures d’incubation comme la halle Freyssinet et des espaces de coworking, aides au logement, mise en place de pass pour l’Eurostar, les transports en commun, l’autolib ou le velib. «Il s’agit de faciliter la vie en permettant à cette jeunesse qui n’est pas repliée sur elle-même de passer de Paris à Londres comme si elle traversait le périphérique».

Un message reçu cinq sur cinq par le nouveau maire de Londres Sadi Khan. «On insiste trop souvent sur nos différences plutôt que sur ce que l’on a en commun», a-t-il déclaré au milieu de l’immense chantier de la Halle Fressynet avant d’ajouter en réponse à la question d’une journaliste britannique que l’on pouvait «très bien être compétiteur et partenaire en même temps». Directrice de la «Station F» - comme Fressynet et France -, partageant son temps entre Paris et Londres, Roxanne Varza a confirmé que les écosystèmes des entreprises du numérique à Paris et Londres étaient très «complémentaires». «Ils sont très orientés vers les fintech à Londres tandis que la France est peu présente dans ces domaines», a-t-elle expliqué.

La station F, qui se présente comme le plus gros incubateur au monde et prévoit d’accueillir jusqu’à 1 000 start-ups dans ses 34 mètres carrés, conçoit d’ailleurs son activité comme d’emblée très internationale. «On va recevoir ici des entrepreneurs du monde entier», annonce le PDG d’Iliad Xavier Niel, à l’origine du projet pour lequel il n’y a plus de notion de frontière, de nationalité ni de vision régalienne dans le monde de la nouvelle économie.

Entente cordiale

25 août 2016 à 18:35

 

16. juin, 2014