1. sept., 2016

Annonce de la naissance de start-ups franco-britanniques

Entente cordiale

Hidalgo et Kahn heureux d'annoncer la naissance de start-ups franco-britanniques

Les maires de Paris et Londres se sont rencontrés à Paris, dans le futur plus grand incubateur du monde.

  • Hidalgo et Kahn heureux d'annoncer la naissance de start-ups franco-britanniques

Favoriser la coopération plutôt que la compétition entre les villes monde européennes comme Paris et Londres. «La rivalité, la compétition, ça peut être très sain, a dit Anne Hidalgo jeudi matin recevant son homologue londonien Sadiq Kahn, pour son premier voyage depuis son élection. Mais on peut également monter des partenariats dans lesquels tout le monde est gagnant», a-t-elle poursuivi dans l’ancienne halle Freyssinet (XIIIe arrondissement), destinée à devenir le plus grand incubateur de start-ups du monde. Un message à l’unisson de celui du nouveau maire travailliste de Londres qui cherche à limiter les effets du Brexit, mais aussi une manière de se démarquer de la présidente LR de la région francilienne Valérie Pécresse.

Cette dernière avait affirmé après le Brexit qu’il était «vital» que l’Ile-de-France déroule le «tapis rouge» aux entreprises souhaitant quitter le Royaume-Uni. Anne Hildalgo pour sa part fait un distinguo entre les enjeux autour de la place financière de Paris et ceux de la nouvelle économie et de l’écosystème des start-ups. Dans le premier cas, elle a affirmé son soutien à Gérard Mestrallet. A la tête de Paris Europlace, l’association chargée de promouvoir la place financière de Paris, l’ancien patron de GDF-Suez se démène pour faire en sorte que Paris, en compétition avec Dublin, Francfort ou Luxembourg, récupère le maximum d’activités de la City dont les établissements financiers risquent de perdre leur passeport européen leur permettant de mener des opérations de marché partout en Europe depuis Londres.

Mais la question se pose différemment pour les jeunes pousses de la Tech, habitués à travailler ensemble dans des écosystèmes marqués par la «coopétition», mélange inédit de compétition et de coopération. «Vu de Shanghai, les deux villes évoluent sur un même territoire, a expliqué la maire de Paris dont le projet est de proposer à terme une bi domiciliation aux start-ups françaises et britanniques. Pour les entreprises londoniennes, il sera important d’avoir une domiciliation en France, sur le territoire européen», a-t-elle fait remarquer.

«De Paris à Londres comme si on traversait le périphérique»

«On a déjà mis en place des programmes d’échanges de start-ups avec New York mais aussi Montréal ou Tel Aviv mais l’idée serait d’aller un cran plus loin, explique un collaborateur d’Anne Hidalgo. Les start-ups fonctionnent dans un état d’esprit très collaboratif et ouvert, poursuit ce collaborateur, les françaises ont besoin d’un accès au marché anglo-saxon que leur procure une présence à Londres et les britanniques d’un ancrage européen.»

Anne Hidalgo a indiqué que ce grand partenariat encore à inventer entre les deux villes devrait être «explicité» mais a déjà donné quelques exemples de collaborations possibles : accès mutuel à des structures d’incubation comme la halle Freyssinet et des espaces de coworking, aides au logement, mise en place de pass pour l’Eurostar, les transports en commun, l’autolib ou le velib. «Il s’agit de faciliter la vie en permettant à cette jeunesse qui n’est pas repliée sur elle-même de passer de Paris à Londres comme si elle traversait le périphérique».

Un message reçu cinq sur cinq par le nouveau maire de Londres Sadi Khan. «On insiste trop souvent sur nos différences plutôt que sur ce que l’on a en commun», a-t-il déclaré au milieu de l’immense chantier de la Halle Fressynet avant d’ajouter en réponse à la question d’une journaliste britannique que l’on pouvait «très bien être compétiteur et partenaire en même temps». Directrice de la «Station F» - comme Fressynet et France -, partageant son temps entre Paris et Londres, Roxanne Varza a confirmé que les écosystèmes des entreprises du numérique à Paris et Londres étaient très «complémentaires». «Ils sont très orientés vers les fintech à Londres tandis que la France est peu présente dans ces domaines», a-t-elle expliqué.

La station F, qui se présente comme le plus gros incubateur au monde et prévoit d’accueillir jusqu’à 1 000 start-ups dans ses 34 mètres carrés, conçoit d’ailleurs son activité comme d’emblée très internationale. «On va recevoir ici des entrepreneurs du monde entier», annonce le PDG d’Iliad Xavier Niel, à l’origine du projet pour lequel il n’y a plus de notion de frontière, de nationalité ni de vision régalienne dans le monde de la nouvelle économie.

Entente cordiale

25 août 2016 à 18:35