13. déc., 2016

La défaite de Matteo Renzi en Italie

Point de vue d’un militant socialiste

 La défaite de Matteo Renzi en Italie

La défaite de Matteo Renzi ouvre une nouvelle période d’incertitude politique en Italie et en Europe. Sur le plan national, elle ouvre la question naturelle de sa succession qui n’est sincèrement pas évidente puisqu’il y a peu de bons candidats pour assurer la succession (hormis éventuellement Dario Franceschini qui est l’actuel ministre de la culture). Elle lance le pays également dans une période d’insécurité politique avec un mouvement 5 étoiles (mouvement démagogue de centre gauche) qui sort regonflé de cet exercice référendaire. Son leader, Beppe Grillo, en coeur avec le leader de l’extrême-droite italienne Salvini, aurait demandé des élections législatives anticipées. Ceci n’est néanmoins pas un automatisme après un référendum qui échoue. L’avenir et surtout les prochaines heures nous diront si Renzi en émet lui-même le souhait lors de sa démission officielle dans l’après-midi du 5 décembre. En tous cas, les Grillini comme on les appelle en Italie, on d’ors-et-déjà annoncé un référendum sur la participation du pays à la zone Euro, ce qui ne présage rien de fameux. 

 

Sur le plan européen, la perte de Renzi va certainement poser problème, tant premièrement parce qu’il a été un moteur du développement e l’embryon de politique migratoire commune, tant deuxièmement parce que l’Italie était le soutien principal de la France sur les questions d’Europe de la défense. Cette dernière se retrouve maintenant presque seule pour porter ce projet. Que l’on apprécie ou non Renzi surtout lorsque l’on pense à sa politique économique, il a été un Président du Conseil qui a considérablement oeuvré pour des solutions collectives européennes qui sont nécessaires. Sa démission est un facteur de risque considérable à l’heure où l’Union européenne tremble devant l’incapacité des partis traditionnels à reprendre l’offensive pour re-planter le projet européen dans le coeur des citoyens. 

 

Ici à Bruxelles, tout le monde s’interroge. Mon interrogation à moi, et je conclurais là-dessus est la suivante: comment avons-nous pu en arriver au point que les gens sont tous persuadés que l’Union européenne et ses institutions ne travaillent pas au service des États-membres et de leurs citoyens? L’Union et ses institutions sont gérées et « drivées »  à 100% par les volontés des États-membres. Tout ce qui s’y passe, ne se passe que avec le consentement des États. Je suis amer en voyant que le projet politique collectif est toujours et encore un fusible politique utile pour dédouaner les petites bassesses des politiques nationales. Ce faisant, ils sapent encore et toujours un projet qui nous dépasse tous pour assurer de ridicules succès médiatiques court-termistes.