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1. mars, 2019

 Le Monde

 « Je ne veux rien laisser sous le tapis » : Olivier Faure fait un inventaire implacable du quinquennat Hollande

Alors que se profilent les élections européennes, le premier secrétaire du PS a rappelé les « trahisons » envers les électeurs socialistes.

Par Sylvia Zappi Publié le 29/01/2019

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, au nouveau siège du PS, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 8 janvier. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les badges donnés à l’entrée du siège du Parti socialiste (PS) à Ivry (Val-de-Marne) annonçaient la couleur : « Devoir d’inventaire ». Comme un revival de l’année 1995, quand Lionel Jospin, alors candidat socialiste à la présidentielle, réclamait ce même devoir sur le bilan du septennat de François Mitterrand, en déclarant « n’est-ce pas l’attitude de la raison (…) de l’esprit critique et de progrès ? ». Olivier Faure s’est lancé, lundi 28 janvier, dans un exercice d’introspection quant au legs de François Hollande après la débâcle du scrutin de mai 2017. Avec des accents très accusateurs envers son ancien mentor.

L’enjeu était de taille : alors que se profilent les élections européennes, pour lesquelles son parti est à la peine, le premier secrétaire devait se délester d’un héritage très critiqué à gauche. Le député de Seine-et-Marne a fustigé la dérive d’un pouvoir qui est sorti de son « socle de valeurs ». Les mots employés ont été sévères, faisant écho aux nombreux reproches émis à l’intérieur du parti, mais aussi aux accusations du reste de la gauche. Dans un discours d’une quarantaine de minutes, M. Faure est allé loin dans l’exercice de contrition. « Je ne veux rien laisser sous le tapis », a-t-il averti.

D’emblée, le chef de parti a marqué ses désaccords avec un François Hollande qu’il essaie de maintenir à distance alors que le PS tente de retrouver des couleurs. A ses yeux, le malentendu avec les Français s’est noué dès la campagne de 2012 : le contrat passé promettait un « changement » trop flou, « sans définition claire des objectifs » et un logiciel politique « qui datait déjà ».

L’espoir d’une gauche unie aux européennes

Pour ne pas trop mécontenter les amis de l’ancien président de la République, le numéro un socialiste a bien énuméré une à une les réformes positives du quinquennat : de la retraite à 60 ans pour les carrières longues au remboursement total de l’IVG ; du mariage pour tous au non-cumul des mandats ; des emplois d’avenir aux 54 000 postes créés dans l’éducation nationale. Mais cela n’a pas suffi à masquer le fait que les socialistes n’ont fait que « mettre des pansements sur des hémorragies », a regretté M. Faure.

« La vérité, c’est que nous n’étions préparés qu’à apaiser les douleurs les plus saillantes, pas à répondre aux mutations sourdes. »

La suite a relevé d’une repentance presque douloureuse. « Premier revirement » avec le CICE, « occasion manquée de la remise à plat fiscale », « blessure profonde » à propos de la déchéance de nationalité, « dernière année douloureuse » avec la réforme du code du travail… Autant de « ruptures inexplicables » et de « trahisons » pour les électeurs de gauche, a concédé le premier secrétaire. Si le ton est resté monocorde, les termes employés furent implacables. D’autant que M. Faure s’est refusé à accuser tel ou tel courant : légitimistes ou frondeurs, « le match a été perdu ensemble », a-t-il assuré.

Il restait au leader socialiste à ouvrir la porte pour faire entrer un peu d’espoir. Ce qu’il a fait en réitérant son intention d’unir la gauche aux européennes. « Il n’y a pas de gauches irréconciliables », a-t-il lancé dans une dernière allusion à la formule de Manuel Valls. Il aura au moins réussi à s’attirer les louanges tant de Boris Vallaud, qui a vanté la « lucidité de l’inventaire », que de Laurent Baumel : « C’est exactement ce que nous disions », a-t-il lancé tout sourire.

 

1. mars, 2019

 Le Monde

 « Je ne veux rien laisser sous le tapis » : Olivier Faure fait un inventaire implacable du quinquennat Hollande

Alors que se profilent les élections européennes, le premier secrétaire du PS a rappelé les « trahisons » envers les électeurs socialistes.

Par Sylvia Zappi Publié le 29/01/2019

18. oct., 2017

DEPECHE AFP  13/10/2017> Filippetti, exclue du PS par la Fédération de Moselle, dépose un recours

Filippetti, exclue du PS par la Fédération de Moselle, dépose un recours

L'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti a reçu un courrier de la fédération de Moselle du PS lui signifiant sa "sortie" du parti pour avoir soutenu une liste dissidente lors des élections sénatoriales, décision qu'elle conteste devant la Commission des conflits du PS.

Selon Le Républicain Lorrain, l'ancienne députée s'est vue signifier son éviction pour avoir soutenu la liste divers gauche conduite par Philippe Gasparella (4,13%) contre celle de Jean-Marc Todeschini (19,78%), à l'arrivée seul élu de gauche dans ce département.

Sur sa page Facebook, Mme Filippetti "confirme avoir reçu cette lettre ainsi que [ses] amis". "Le délit d'opinion n'existant pas en démocratie, n'ayant enfreint aucune règle interne, j'ai adressé un recours à la Commission nationale des conflits du Parti socialiste", ajoute-t-elle.

Aurélie Filippetti a été ministre de la Culture de 2012 à 2014, dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls. Elle l'a quitté en même temps qu'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon en août 2014 avant de récupérer son siège de députée de Moselle. Elle a été battue au premier tour lors des législatives de 2017.

31. août, 2017

 

Challenges le 25/08/2017

 Dans un article publié par le magazine M du Monde, Manuel Valls revient sur ses rapports avec François Hollande, son choix de rallier Emmanuel Macron, sur son avenir politique et sur le PS. 

© Fournis par www.challenges.fr François Hollande et Manuel Valls

Manuel Valls affirme dans un article de M, le magazine du Monde à paraître samedi 26 août, qu'il n'a "rien à dire" à François Hollande dont il a été Premier ministre entre mars 2014 et décembre 2016, et "lui non plus". "On ne se voit pas. Je n'ai rien à lui dire. Et lui non plus, sans doute", lâche le député de l'Essonne dans cet article revenant sur sa vie politique depuis son échec en janvier à la primaire PS face à Benoît Hamon puis sa réélection houleuse dans son fief de l'Essonne aux législatives de juin.

Manuel Valls, qui a pourtant dîné à nouveau avec M. Hollande le week-end du 15 août d'après cet article, lui reproche son "arrogance" dans sa gestion de l'ascension d'Emmanuel Macron. M. Hollande "a laissé faire car il était trop sûr de lui, il croit toujours qu'il est le meilleur."

Selon les journalistes, Manuel Valls a lancé à l'ex-chef de l'État lors d'un déjeuner à l'Élysée le 24 mars : "Tu n'as rien fait, car tu pensais que le missile (ndlr: Macron) était dirigé contre moi. Or, il était dirigé contre toi."

Manuel Valls, qui entendait concourir au premier tour de la présidentielle contre le futur chef de l'État, estime avoir "forcément incarné une forme de pessimisme" en comparaison de "l'envie d'optimisme que Macron a réussi à capter".

Valls tire un trait sur le PS

Sur son ralliement cahoteux, fin mars, l'ancien maire d'Évry dit avoir fait "un choix de cohérence". "En prenant position pour Macron, je tire un trait sur le PS. C'est ma vie, mais je n'ai plus ma place dans ce parti qui a tant de mal avec le pouvoir. Je pars sans états d'âme", assure-t-il.

Candidat une nouvelle fois dans l'Essonne aux législatives pour "survivre", une réélection qui fait l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel de la part de la candidate de la France Insoumise Farida Amrani, il voulait selon Le Monde éviter que sa circonscription soit détenue par la +bande de La France insoumise+".

"S'ils gagnaient, c'est qu'ils avaient raison ! Or, sur la laïcité, le communautarisme qui gangrène la société, l'islamisme, je pense immodestement que c'est moi qui ai raison", assure-t-il encore.

"Ma vie politique est encore devant moi..." pense-t-il aussi, voyant "un signe" dans sa réélection en Essonne, malgré les difficultés et le fait qu'il "suscite la violence" et qu'il a "ressenti une hostilité presque physique" à son encontre.

(Avec AFP)

 

30. août, 2017

 Trois mois après la défaite historique à la présidentielle et aux législatives, les socialistes se retrouvent à La Rochelle pour faire le point. Tout est à refaire.

 Après le renoncement du président Hollande, l'explosion de Manuel Valls, la déroute ruineuse de Benoît Hamon (15 millions d'euros de campagne pour 6 % des suffrages) et l'hégémonie du personnage Mélenchon sur la gauche de coeur, les cadres du PS qui se retrouvent à La Rochelle, puis le week-end suivant en séminaire à Paris, n'ignorent rien de la difficile reconstruction qui les attend. Le PS se cherche un nouvel Épinay, en référence au congrès refondateur de 1971 qui avait permis à François Mitterrand de ramasser le socialisme à terre et de conduire une stratégie d'union de la gauche avec le PCF.

 Si le contexte a changé, les questions qui se posaient aux socialistes en 1971 ne sont pas totalement absentes des débats qui traversent les héritiers paumés du hollandisme aujourd'hui. Quel PS reconstruire ? Sur la base de quelles idées ? Comment se faire entendre entre le pouvoir macronien et l'agitation mélenchoniste ? L'idée d'un congrès en février 2018 fait son chemin. Il s'agirait alors d'un « congrès de clarification » afin de définir quel pourrait être le type d'opposition à Macron ? Une opposition radicale comme la prônent les amis de Benoît Hamon (lui-même a quitté le PS pour fonder son mouvement) ou une opposition plus douce qui n'obère pas des possibilités d'alliances futures dans le cadre d'un scrutin proportionnel ? Autant de questions à trancher.

 Une troïka ou un premier secrétaire ?

 Certains se demandent surtout s'il ne faudrait pas changer la forme des congrès du PS, qui, depuis très longtemps, sont le rendez-vous des conciliabules autour d'une myriade de motions qui, finalement, font alliance et convergent vers une motion de synthèse conduite par un premier signataire qui, en cas de victoire lors d'un scrutin proportionnel, devient ensuite premier secrétaire. « Penser que le vieux logiciel poussif des motions est encore valide, c'est n'avoir rien compris à ce qui se passe », soupire Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne élu en juin à contre-courant de la vague LREM. Même son de cloche du côté de Stéphane Le Foll, animateur de Répondre à gauche, héritier du courant hollandais : « Il faut trouver une forme rénovée. Les motions qui s'écrivent par petits bouts, 15 lignes ici, 30 lignes là, pour faire parler de soi, c'est fini. » Les militants PS seront appelés à voter fin septembre sur la forme du prochain congrès.

 Deuxième problème : l'incarnation. « Notre défaut d'incarnation nous a coûté cher aux législatives, estime Luc Carvounas. Hollande avait disparu, Hamon s'est retiré et Bernard Cazeneuve n'a mené campagne que là où il y avait des journalistes. » Pour l'heure, le PS dispose d'une direction collégiale à 16 membres qui, en l'état, est tout bonnement illisible. Pour certains, il faudrait d'abord parvenir, en février, à une direction resserrée, un triumvirat, qui serait chargé de préparer un « congrès de refondation » plus tard, à mi-mandat. Ce serait une manière d'éviter de retomber dans la présidentialisation à plus de quatre ans de la prochaine échéance... » Ça ne sert à rien de se précipiter. À quoi bon un chef qui s'userait avant l'heure ? » estime Jean-Christophe Cambadélis. « Une troïka n'évitera pas le problème de la présidentialisation, car qui nous dit que les trois ne seront pas candidats à la présidentielle ? » estime, pour sa part, Stéphane Le Foll.

 Le renouveau des visages

 En tout cas, si le PS devait désigner un nouveau leader dès février, ce ne sont pas les candidats officieux qui manquent. La génération des Éléphants (Fabius, Aubry, DSK...) n'est plus, le champ est libre. Dans les coulisses, plusieurs personnalités se positionnent ou tâtent le terrain. L'exemple de précocité du président Macron fait naître des vocations chez les plus jeunes. Matthias Fekl, le dernier ministre de l'Intérieur du gouvernement Cazeneuve, revoit ses ambitions à la hausse. Najat Vallaud-Belkacem se tient sur la touche, mais certains devinent des ambitions naissantes chez son époux, Boris Vallaud... Olivier Faure, le chef du groupe à l'Assemblée, occupe, de fait, un espace central pour se faire entendre, même s'il lui faut un peu de temps pour se déployer vraiment. Guillaume Bachelay, qui ne manque pas d'idées, serait décidé à forcer sa timidité. Rachid Temal, qui se tenait aux côtés de Cambadélis, a entrepris sa campagne auprès des premiers fédéraux du parti. Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, se verrait bien en refondratice depuis les territoires. Ce dont se gausse Emmanuel Maurel (sur une ligne hamoniste), lui aussi en quête d'un sceptre, se moquant de ce « crétinisme des territoires ».

 « Le hollandisme est un sectarisme » (Carvounas)

  « On ne va pas refonder la gauche dans les bureaux parisiens ni dans celui de l'ancien président de la République », réplique Luc Carvounas, décidé à tenter sa chance, mais à condition de renouer le fil du dialogue avec toutes les gauches. Le député du Val-de-Marne prend son bâton de pèlerin et se rendra à l'université d'été des communistes, le 25 août à Angers, quitte à essuyer des critiques de son camp, puis à Marseille, le 16 septembre, à la rencontre des élus PS de la région, enfin le 23 septembre, dans le Cher, chez Yann Galut, qui avait soutenu la censure de gauche contre la loi travail.

 « Poser comme préalable le rassemblement de la gauche sans se définir soi-même, ça ne marche pas, souligne, pour sa part, Stéphane Le Foll. Ce n'est pas la réunion, c'est la dilution. Avant de faire le rassemblement, il faut avoir quelque chose à dire. » La critique de Le Foll appelle la réponse suivante de Carvounas : « Stéphane Le Foll et ses amis veulent scier une branche du socialisme français en tapant, comme ils l'ont fait cet été, sur Benoît Hamon. Le hollandisme, en vérité, est un sectarisme. On ne va pas recommencer à refuser tout dialogue, car c'est ce refus qui a amené le phénomène dit des "frondeurs". Nous sommes désormais 64 députés de gauche à l'Assemblée, 31 députés PS, 17 de La France insoumise et 16 communistes. Si on continue de se taper dessus, on ne réussira jamais. Repartons de la base et regardons les majorités rose-rouge-vert qui fonctionnent dans nos collectivités locales. Surtout, allons humblement à la rencontre de ce peuple de gauche qui est toujours là. Quand nous serons de nouveau fiers d'être de gauche, alors, on pourra envisager de gouverner. » Dans ce cadre, Carvounas plaide pour un second congrès refondateur à l'automne 2019, donc après les européennes, qui n'ont jamais été un bon rendez-vous électoral pour les socialistes.

 Les petits conseils de François Hollande

 Si la mode est à la jeunesse et au « renouvellement des visages », on aurait tort d'enterrer les anciens trop vite. François Hollande, comme ancien président, continue d'étudier attentivement les soubresauts de son petit monde et de prodiguer des conseils. Selon lui, il ne faut pas perdre deux ans, mais, au contraire, hâter le pas, car « le pays se réveille ». Il ne faudrait pas, à son avis, que les socialistes aient l'air de discuter entre eux pendant que le peuple se mobiliserait contre Macron... Et puis, sait-on jamais... Si la mode du « vieux » devait revenir, François Hollande ne serait pas loin. Jean-Christophe Cambadélis s'est mis en retrait de la direction du PS... pour mieux préparer son retour, murmure-t-on. Bref, la vie socialiste redémarre lentement mais sûrement avec des stratégies de reconquête aussi diverses que chez Les Républicains... « Une chose est certaine, ceux qui pensent que le mouvement de balancier reviendra vers le PS à cause des ennuis de Macron se trompent, juge Stéphane Le Foll, pour une fois en accord avec Luc Carvounas. Ça ne nous tombera pas tout cuit dans le bec. »

http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/le-parti-socialiste-cherche-un-chef-et-des-idees-23-08-2017-2151597_1897.php

 

 Parti Socialiste

Par Emmanuel Berretta