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31. juil., 2017

L’appel à des élections libres et inclusives a été l’un des points d’orgue du discours de l’ambassadeure de France, hier. Des propos qui rejoignent le message de la communauté internationale, ces derniers temps.

Rappel. C’est ainsi que Véronique Vouland-Aneini, ambassadeure de France, a expliqué le message qu’elle a lancé en vue des prochaines élections à Madagascar, hier à la résidence de France à Ivandry, à l’occasion du 14 juillet.


À l’instar de ses homologues britannique et américain, la diplomate française a profité de son discours d’ouverture de la célébration de la fête nationale de son pays pour déclamer son souhait, concernant les échéances électorales dans la Grande île.


« Notre souhait le plus cher est que ces élections, qui sont déjà dans tous les esprits, renforcent l’ancrage du pays dans le camp des démocraties, qu’elles traduisent le libre choix des Malgaches, qu’elles soient transparentes et inclusives et se déroulent sans porter atteinte à la stabilité du pays et à l’intégrité des personnes », a déclaré Véronique Vouland-Aneini, tranchant dans le vif dès le début de son allocution.


En l’espace d’un mois, le discours de l’ambassadeure de France, hier, est le quatrième du genre à l’endroit particulièrement des autorités étatiques et acteurs politiques malgaches. Questionné sur ce qui pourrait être la raison de ce fréquent appel de la commu­nauté internationale à des élections libres, ouvertes et inclusives, la diplomate a indiqué que c’est là le rôle de la communauté internationale, que d’aider Madagascar à rester dans le concert des nations.


Elle ajoute par ailleurs que ce sont des principes généraux qu’il est toujours bon de rappeler. Devant quelques journalistes, en marge de la cérémonie d’hier, l’ambassadeure Vouland-Aneini a néanmoins concédé que ces rappels ont forcément un lien avec le contexte socio-politique du moment. À un peu plus d’un an avant l’échéance présidentielle annoncée vers la fin de l’année 2018, l’arène politique est en effet en effervescence.

Continuité
Outre les tenants du pouvoir, certains prétendants affirmés à la magistrature suprême et leurs partisans battent le pavé pour se rappeler au bon souvenir des électeurs. Il y a aussi ceux qui n’hésitent pas à partir au clash avec les dirigeants pour truster les informations. En face, l’on note une frange d’entités politiques qui veulent, préalablement aux élections, remettre à plat le système de gouvernance et un nouveau partage de sièges.


Durant la réception à la résidence de France, certains observateurs ont indiqué que la démonstration de force qu’a voulu faire Marc Ravalo­manana, ancien chef d’État samedi dernier, présage un climat pré-électoral tendu. Ce qui expliquerait le fait que la communauté internationale monte au filet, pour défendre de manière univoque le processus électoral.
Afin de dissiper certaines craintes, Violette Kakyo­mya, coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies (SNU) à Madagascar, est allée jusqu’à soutenir, lors d’une conférence de presse à Andraharo jeudi : Je ne pense pas que cela s’applique aux élections de 2018. Des propos qui ont fait jubiler le fondateur de l’empire Tiko, hier à la résidence de France. Ce dernier, dont le principal tracas est de se voir, une nouvelle fois, tenu à l’écart d’une élection présidentielle.


Face aux journalistes, durant la brève interview en marge de la cérémonie à la résidence de France, Véro­nique Vouland-Aneini a insisté sur le fait que les prochaines élections devant clore le premier quinquennat de la quatrième République doivent confirmer la stabilité retrouvée à Madagascar, et garantir sa continuité. Durant cet échange, la diplomate a avancé un autre paramètre motivant le plaidoyer de la communauté internationale. Il s’agit aussi de la continuité des investissements internationaux.


Sur le processus électoral, l’ambassadeure a également déclaré dans son discours que la France est aux cotés de Madagascar, pour mener à bien cette entreprise parce que si l’instauration d’une démocratie qui fonctionne est dans l’intérêt des Malgaches, c’est aussi celui de tous vos grands partenaires. À propos des élections, la position de la communauté internationale est visiblement bien tranchée.

L'Express de Madagascar

Le 15/07/17

Garry Fabrice Ranaivoson

21. juil., 2016

Interview de SE Madame l'Ambassadeur de France à Madagascar Voahangy RAKOTOZAFY / Gazetiko 14 juillet 2016
 
« Ambassadeur de France à
Madagascar : Des élections anticipées constitueraient un retour en arrière »
 
1-Le 26 juin dernier, au  Palais d’Iavoloha, vous avez promis  d’aider  Madagascar dans le but  d’améliorer  la sécurité durant le sommet de la francophonie. Est-ce que vous pouvez préciser les formes d’aide  ainsi que le budget que la France a prévu d’octroyer dans  le volet sécurité.
 
Vous  connaissez  le  contexte  sécuritaire  international.  Ce  qu’il  s’est  passé  au  stade  municipal  de Mahamasina le 26 juin dernier renforce encore l’attention portée à la sécurité.  La partie malgache a, sur ce point, sollicité des pays membres de l’OIF, dont la France. Pour ce qui concerne mon pays, plusieurs missions se sont très récemment rendues à Madagascar durant la 42eme session de l’Assemblée plénière  de  l’Assemblée  Parlementaire  de  la  Francophonie  qui  vient  de  s’achever  pour,  justement, tester,  en  grandeur  nature,  certains  aspects  du  dispositif  sécuritaire  pour  lesquels  les  autorités
malgaches nous avaient sollicités.  
Même si les conditions générales et le format n’étaient pas identiques à ceux du sommet de novembre, qui  sera  plus  important  avec  beaucoup  de  chefs  d’Etat  et  de gouvernement,  ces  missions  doivent permettre  d’évaluer  de  façon  précise  les  matériels,  les  méthodes  et  les comportements  qu’il  faudra adopter lors du sommet de l’OIF de novembre.   
Et puis, entre juillet et octobre, il y aura encore d’autres coopérations ; je pense notamment en août à une formation à destination des forces armées sur la sécurisation des points sensibles, les check-points, les escortes etc.
Mais il est sans doute encore trop tôt pour tirer tous les enseignements des missions qui viennent de s’achever.  

 
2-En  vue  du  sommet    de  la  Francophonie,  est    ce  que  vous  êtes  convaincue  que  les infrastructures d’accueil  seront prêtes  à temps  ainsi qu’en termes de sécurité ?
 
Ca n’est pas vraiment à moi de porter un jugement sur l’état d’avancement des travaux entrepris et qui perdureront bien après les sommets de cette seconde moitié de l’année. C’est au pays hôte et à l’OIF d’évaluer cela, ce qui explique d’ailleurs les missions régulières qui sont faites.  
Le site principal pour la tenue du sommet est le CCI d’Ivato qui va accueillir la séance d’ouverture et les débats.   Comme  vous  le  savez,  c’est  un équipement  déjà  existant  et  opérationnel  qui  doit  faire l’objet d’un rafraîchissement et de quelques aménagements. J’ai pu constater, il y a quelques semaines déjà, qu’ils ont été engagés et qu’une nouvelle salle plénière est en train de sortir de terre. L’essentiel me semble donc être assuré.   
Vous  avez  vu  que  la  Secrétaire  générale  de  l’OIF,  Mme  Michaëlle  Jean,  était  ces  jours  derniers  à Madagascar pour  participer à  l’Assemblée  parlementaire  de  la  Francophonie,  une  opportunité  aussi j’en suis sûr de suivre l’avancement des préparatifs en vue du sommet de novembre.
 
3-La  France  est    toujours  critiquée  par  les    nationalistes    malgaches  d’être  derrière  les manipulations  qui  portent    atteinte  à  la  souveraineté  nationale,notamment  l’explosion meurtrière du 26 juin dernier. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
 
Comme  vous  le  dites,  la  France  est  souvent  critiquée.  Dans  le  même  temps,  mon  pays  peut  être critiqué par certains pour son absence supposée d’action, et par d’autres pour un interventionnisme coupable.  Le fait  d’être  le  bouc  émissaire  « naturel »  est  la  contrepartie,  je  suppose,  du  fait  que  la France est aussi dans maints domaines la référence ou l’une des références. Je ne dis pas que je m’y suis habituée mais c’est une donnée avec laquelle il faut vivre et continuer à travailler.  
Quant à envisager que la France qui a été meurtrie si profondément par des attaques terroristes sur son sol,  avec  d’importantes  pertes  en  vies  humaines,  pourrait  être  derrière  l’acte  insensé  du  stade municipal, je trouve ça évidemment malveillant, irresponsable et surtout dangereux.  
Vous me donnez en tout cas l’occasion de réitérer mes sentiments de compassion et de solidarité avec les familles des victimes innocentes du stade, comme je l’ai fait au lendemain de cet acte odieux et comme l’a fait également le porte-parole du Ministre des affaires étrangères français.    
 
4-Quelle serait éventuellement l’impact pour Madagascar de la sortie de la Grande Bretagne de l’union Européenne ?
 
Avec cette décision sans précédent, il est difficile d’anticiper toutes les implications de cet évènement inédit.   
Le  Royaume-Uni  est  un  partenaire  de  Madagascar,  notamment  en  termes  d’investissement,  et  le demeurera probablement à l’avenir. A court terme, le Royaume-Uni reste un membre à part entière de l’UE, un membre engagé, y compris à Madagascar. Le BREXIT n’a pas de conséquence immédiate et les engagements de l’Union européenne seront bien sûr respectés.
 
5-En  tant  que  nouvel  ambassadeur,  est  ce  que  la  France  envisage  une  nouvelle  politique  par rapport à Madagascar du fait que l’Etat Français a écourté les séjours à Madagascar de votre prédécesseur ?
 
La France souhaite que Madagascar réussisse, que les Malgaches vivent mieux et que l’économie de leur pays décolle. C’est l’intérêt de  Madagascar et sa population, et c’est l’intérêt de tous ceux qui investissent ici qu’ils soient malgaches ou français. Cela a toujours été la politique de la France vis-à-vis de la Grande île. De ce point de vue, la communauté internationale et la France partagent le même objectif.  
Toute mon action depuis mon arrivée à Madagascar en septembre dernier est allée dans ce sens.  Ce pays  a  besoin  d’une  stabilité  qui  est  la  condition  de  son  redressement  économique.  Les  crises politiques  successives  qu’a  traversées  Madagascar  depuis  son  indépendance  ont  toujours  été accompagnées  de  régression  économique  avec  tous  les  problèmes  sociaux  que  cela  implique.  La pauvreté n’a cessé de croitre, le PIB par habitant de chuter etc. Il faut que le pays rompe avec ces
cycles destructeurs et se tourne résolument vers l’avenir. Sans stabilité, pas d’avenir possible.
J’entends  ici  et  là  parler  d’élections  anticipées,  qui  voudraient  dire  un  retour  en  arrière.  Est-ce vraiment ce que veulent la majorité des Malgaches qui ont tant de mal à vivre au quotidien. Je pense que ces Malgaches aspirent à vivre en paix, dans un environnement économique qui leur permette de vivre décemment.  
 
6-La  France  est  très  active  dans  le  domaine  de  la  justice  et  de  la  bonne  gouvernance.  Or actuellement,  beaucoup  de  critiques  sont  émises  contre  le  régime  actuel  dans  ces  domaines.
Qu’en pensez-vous ?
 
La  France  est  attentive  à la  gouvernance démocratique,  un  terme  qui traduit notre  attachement aux processus démocratiques et à la défense des libertés fondamentales. Cette approche implique que notre engagement ne se limite pas au seul soutien institutionnel mais concerne également la société civile et de  nombreux  partenariats  entre  écoles  de  formation  (ENAM,  école  des  Finances  publiques,  Ecole Nationale de la Magistrature, écoles des Douanes etc…).
Nous avons proposé ainsi des experts techniques auprès de plusieurs ministères : justice, finances et budget,  Ministère  des  Projets  Présidentiels,  de  l'Aménagement  du  Territoire  et  de  l'Equipement,
ministère de l’éducation nationale, mais également auprès de la Gendarmerie et de défense.  
Je tiens à rappeler aussi que l’année 2015 a été celle de la relance de la coopération parlementaire entre les chambres françaises et malgaches, coopération que nous soutenons avec d’autres partenaires tels que le PNUD et l’APF, pour répondre aux besoins de formation établis par l’Assemblée nationale et  le  Sénat  malgaches.  A  cet  égard,  la  tenue  de  la  42ème  session  de  l’Assemblée  générale  de l’Assemblée Parlementaires de la Francophonie à Madagascar est très importante.
Dans le secteur de la Justice, je soulignerai le projet « Appui à la Sécurité Juridique et Judiciaire » qui s’inscrit dans  un partenariat de  longue  date  et  dans notre compréhension  commune  que  la  Sécurité juridique permet d’éviter les conflits.
La  force  du  droit  est  essentielle  dans  une  société  démocratique  notamment  pour  lutter  contre  la corruption. Je pense que l’une des raisons de la rupture de confiance entre le citoyen et sa justice tient à  une  absence de  moyens.  Mais  c’est aussi souvent le  recours  à des  pratiques préjudiciables  à  une justice juste et transparente. C’est là que nous voulons apporter notre aide avec mes collègues de la communauté internationale et au travers d’un dialogue franc et constructif avec le gouvernement.
Madagascar  a  besoin  de  stabilité  pour  retrouver  la  croissance  économique  et  une  amélioration  des conditions de vie de toute la société.  
 
7-La revendication des Iles Eparses par les nationalistes est plus que jamais d’actualité, est ce que le dossier a avancé par rapport à ce que vous avez déjà expliqué la dernière fois ?
 
Comme vous le savez les Présidents français et malgache se sont  entendus pour que des discussions s’ouvrent sur ce dossier au niveau des hauts fonctionnaires. Je réitère cette intention partagée. Ce type de dialogue est  un exercice de longue  haleine qui doit se tenir dans la sérénité et la confiance pour pouvoir aboutir.  
 
Si vous me permettez d’ajouter un mot de portée générale en cette période de l’année où la France célèbre  sa  fête  nationale,  quelques  jours  après  les  célébrations  de  la  fête  nationale  malgache, endeuillée comme on le sait. Une fête nationale est toujours un moment fort dans la vie d’une Nation, il permet de se retrouver sur les valeurs essentielles que partage le peuple et d’envisager les étapes à venir. Ce peut être aussi l’occasion de faire une sorte de bilan d’étape de ses relations avec les autres.
Cela fait presque un an que je suis arrivée à Madagascar, et je voudrais dire à vos lecteurs que je suis particulièrement fière d’avoir la chance d’y représenter mon pays. Notre histoire commune ne doit pas être  perçue  comme  un  handicap  mais  au  contraire  comme  un  bien  commun.  La  coopération  de  la France et de Madagascar est très variée, dans les domaines de l’éducation, de la justice, de la santé, de la recherche etc. Au bout du compte, elle n’a pas d’autre ambition que d’aider ce magnifique pays à prendre son destin en main et à en faire le succès que son peuple mérite. Pour ça, il faut que nous travaillions  ensemble  et  en  confiance.  J’attache  beaucoup  d’importance  à  la confiance  entre  les partenaires malgaches et français.      
 
 

24. juil., 2015

«Chaque Français fut, est ou sera gaulliste» avait pu dire le général de Gaulle, en 1952. De fait, quand un ambassadeur de France, a priori nommé par un gouvernement socialiste, en vient à nous parler du «cher et vieux pays» (discours du 29 janvier 1960), il faut sans doute y reconnaître la transcendance de l’homme du 18 juin 1940, par-dessus les appareils de parti.

Ce 14 juillet 2015, l’ambassadeur de France a d’abord, me semble-t-il, exalté son pays, la France, sans chauvinisme. Citant longuement un texte de Georges Duhamel, l’ambassadeur François Goldblatt a rappelé la France d’il y a cinquante ans. «Les belles routes, les voies ferrées, les canaux», qui irriguent et vivifient un pays qui put être à la tête d’un immense empire colonial, nous ne pouvons même pas en dire autant pour Madagascar, cinquante ans plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui. Les images du Tour de France nous confirment les «cultures bien soignées», et le merveilleux ordonnancement des parcelles agricoles. Notre Betsimitatatra avait pu en supporter la comparaison, avant que les multiples remblais n’étouffent les rizières qui avaient pu suffire à nourrir le peuple d’Andrianampoinimerina.

«Je connais un beau pays. Il est situé à la pointe occidentale d’un grand continent. Il n’est pas écrasé par le soleil, ni engourdi toute l’année sous la neige : il jouit du froid et du chaud avec modération. Il est couvert de cultures bien soignées et de forêts verdoyantes. On peut y trouver des sapins et des orangers. Il est arrosé par des fleuves puissants et raisonnables. Il produit tout ce qui est nécessaire à la nourriture d’un grand peuple, et ses habitants préparent toutes les boissons qui peuvent égayer les repas et désaltérer les travailleurs. Il est ouvert sur quatre mers et envoie ses navires dans le monde entier. Il est parcouru par de belles routes, par des voies ferrées, par des canaux. Tous les grands avions de la Terre viennent se poser sur ses aérodromes. Quand on le voit, ce pays, du haut du ciel, il apparaît merveilleusement ordonné. Le sol est partagé en milliers de parcelles (...) Héritier des plus illustres civilisations méditerranéennes, inspiré par la Grèce et par Rome autant que par son vieux terroir (...) oeuvre des rois qui, pendant des siècles, ont gouverné la nation et l’ont soustraite aux coutumes féodales (...) il a cherché, dans le régime républicain, certaines solutions aux problèmes des temps nouveaux».

Racontant la France, François Goldblatt aurait également pu s’inspirer d’un texte plus contemporain, chez Jean-Christophe Bailly, auteur de « Le dépaysement : voyages en France » (Seuil, 2011), qui, en introduction nous raconte dans quelles circonstances new-yorkaises il se redécouvrit Français et nous parle d’une «émotion de la provenance».

Mais, celui qui a, plus que tout autre, rêvé les ambitions obligatoires et théorisé le besoin de grandeur de la France, reste le général de Gaulle : «Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France.(...) J’ai d’instinct l’impression que La Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve le sentiment d’une absurde anomalie» (Mémoires de Guerre, tome 1, L’Appel, 1954).

Le même Charles de Gaulle, alors que la France était occupée par les troupes allemandes, trouvait encore le moyen d’affirmer qu’ «il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde» (1er mars 1941).

Finalement, le discours du messager François Goldblatt en reprend la philosophie : «Ce lien existentiel entre la culture politique et intellectuelle européenne, d’un côté, et la quête de la justice et de la connaissance de l’autre, rend nos nations européennes héritières d’obligations incontournables et porteuses de messages à vocation universelle. Ces obligations et ces messages ont fait de l’Europe ce qu’elle est devenue (...) Alors, ces héritages, qui ont produit le plus spectaculaire développement des sociétés humaines que le monde ait connu jusqu’à présent, nous autres, nations européennes, cherchons à les partager. Parce que, en dépit de toutes les adversités et de tous les accidents de l’Histoire, cet héritage nous a si bien réussi, nous cherchons, sans pour autant vouloir l’imposer, à le partager le plus largement possible. (...) pour favoriser la plus large diffusion, partout dans le monde, des idéaux et des valeurs qui sont les nôtres : paix, liberté, justice, sécurité, prospérité».