30. juin, 2016

Brexit

Conséquences sur le plan économique et financier

 

Juste ce court message à propos du Brexit. Au strict plan de l’économie et de la finance, ce n’est pas la catastrophe, loin de là. Certes, il y aura des conséquences, surtout pour les Britanniques, il me semble. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais comme toujours, les économies s’ajustent, et peut-être – comme ils semblent l’espérer – les Britannique y trouveront leur compte. Le seul vrai enjeu pour eux est le devenir de la place financière de Londres, mais ils sont parfaitement capables de tirer leur épingle du jeu dans ce domaine.
Mais il y a une conséquence plus importante, et surtout irrémédiable. Et chose intéressante, personne n’en parle. Par ce vote, les britanniques ont tourné le dos à ce qui fut, pendant des siècles – je dis bien des siècles – une constance de la politique britannique à l’égard de l’Europe continentale. Celle-ci consistait à exercer une influence déterminante sur tout ce qui concernait le devenir de l’Europe. Pendant longtemps, ce fut la politique dite de « l’équilibre européen », c’est-à-dire empêcher à tout prix l’émergence d’une puissance continentale, qui dominerait tout le reste. Les Français en savent quelque chose : les guerres de Louis XIV, les guerres napoléoniennes. Les Espagnols aussi (Philippe II et les territoires des Pays), l’Allemagne de Guillaume II également. Sans oublier aussi le refus de négocier toute paix avec Hitler en 1940 après la chute de la France.
Après la dernière guerre, les choses avaient changé. Le Royaume Uni n’était plus qu’une puissance moyenne. L’objectif de la politique extérieure britannique fut alors d’être le pont qui relie les Etats Unis et l’Europe. Et pour cela, il fallait prendre pied dans l’Europe politique qui était en train de se construire à partir des années 50. Ce qu’ils firent avec succès, après le départ du général de Gaulle qui, lui, avait tout compris des intentions britanniques. Faire de cette Europe une zone de libre-échange, conformément aux souhaits des américains, et empêcher a tout pris toute marche vers l’intégration politique et sociale, telle fut la constance de la politique britannique. Une politique remarquablement efficace, comme nous avons pu le constater au cours de ces quarante dernières années. Certes, il ne s’agit pas de rendre les Britanniques seuls responsables de la crise - ou du moins les difficultés - de la construction européenne. Mais globalement, cette situation leur convenait, car elle correspondait aux objectifs de leur politique.
En votant pour le Brexit, les Britanniques ont décidé – probablement sans en avoir eux-mêmes conscience – qu’ils n’auraient désormais plus aucune influence sur le devenir de l’Europe continentale. L’histoire de la construction européenne se fera – en bien ou en mal – sans eux. Et je pense qu’on ne reviendra pas en arrière : ce qui vient de se passer est définitif. Pour cette raison, je pense que le Brexit est une bonne chose (même s’il ne faut pas le dire trop fort, et qu’il est de bon ton de continuer de verser des larmes de crocodile). Le Brexit est pour moi une libération pour l’Europe, si du moins celle-ci veut continuer de progresser dans la voie de l’intégration politique et sociale.