7. juil., 2016

Autriche

A propos de l’invalidation de l’élection présidentielle autrichienne,

 

Voici quelques informations concernant cet événement assez rare dans les pays démocratique. Une description de la situation a aussi été publiée  dans Le Monde

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/07/01/l-election-presidentielle-autrichienne-invalidee_4961933_3210.html

 

 Il faut rappeler que l’écart entre les 2 candidats Norbert Hofer du FPÖ et Alexander Van der Bellen était très faible avec seulement 34 000 voix d’avance pour Van der Bellen et une répartition des électeurs très inégale avec Norbert Hofer recueillant principalement les suffrages des ouvriers et de la campagne alors que Van der Bellen lui était plébiscité par les électeurs urbains et plus particulièrement ceux qui votent par correspondance.

 

 Le vote par correspondance très encadré est de plus en plus utilisé. Mais la loi électorale a été conçue à une époque où quelques milliers d’électeurs seulement utilisaient ce système. Cependant au fil des ans de plus en plus d’électeurs, qui n’avaient pas envie de se déplacer pour aller voter en personne, se sont tournés vers ce mode de scrutin. Résultat des courses plus de 900 000 personnes ont voté par correspondance.

 

 Le recours contre le l’élection présidentielle a donc été déposé devant la cour constitutionnelle par le FPÖ et son avocat l’ancien ministre de la justice. Les auditions des 90 témoins ont très rapidement mis en évidence un certain nombre d’irrégularités par rapport à la loi électorale et les décrets d’applications mais aucune malversation ou fraude n’a pu être identifié contrairement à ce qui a été prétendu par certains site d’information proche de l’Extrême Droite.

  • Les bulletins de vote par correspondance devaient de par la loi être traités uniquement à partir de 9h00 le lundi suivant le scrutin. Or il s’est avéré que vu le très grand nombre de bulletins de vote par correspondance dans certains bureaux de vote, ce traitement a commencé le dimanche soir par les employés municipaux et donc en dehors du contrôle des représentants des partis.
  • Les résultats partiels de vote ont été transmis à certains médias avant la clôture du scrutin. Même si rien n’a été publié avant l’heure, la circulation des informations via email ne pouvait donc exclure la possibilité que certains électeurs aient été influencés par ces informations.
  • Comme plus 78 000 votes ont été traités par ces bureaux de vote de façon incorrecte, ce nombre est deux fois supérieur à l’écart entre les deux candidats. Ce qui faisait que la Cour Constitutionnel n’avait pas vraiment le choix mais de demander la répétition du deuxième tour de l’élection.
  • Étant donné que tous les protocoles et procès-verbaux de tous les bureaux de vote ont été signés et aucune anomalie n’a été rapporté, font qu’un certain nombre de procédures judiciaires sont engagées pour faux et usage de faux, fausses déclarations, etc, etc… contre les présidents de bureaux de vote. Ironie dans l’affaire de très nombreux personnels du FPÖ sont concernés par ces poursuites !

 Clairement si l’écart entre les deux candidats n’avait pas été aussi faible il n’y aurait pas eu de recours car ces irrégularités étaient connues et le FPÖ n’a fait aucun effort lors du scrutin pour rappeler ses troupes à l’ordre pour s’assurer que tout soit fait correctement. Maintenant je pense que les électeurs autrichiens ne sont pas heureux du tout d’être montré du doigt et en veulent au FPÖ de les refaire voter ce qui va couter de l’argent et occuper l’espace médiatique jusqu’à fin septembre.

 

 Mais le résultat du scrutin va être serré même si cela ne veut pas dire que l’Autriche est un pays d’extrême droite car le président, même s’il a certains pouvoirs, a un rôle principalement protocolaire et est très loin de notre Président en ce qui concerne les prérogatives (pas de 49.3 !)