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20. nov., 2018

Marianne

Après les Spice Girls, le retour de François Hollande et Ségolène Royal

Par Magazine Marianne

Publié le 14/11/2018

A quelques heures d'intervalle, l'ex-gagnant et l'ex-perdante à l'élection présidentielle pour le PS ont confié publiquement leur désir d'avenir politique… Alors, Hollande 2022 ou Royal 2022 ?

La période est au come-back. En une semaine, plusieurs géants de la scène ont annoncé leur retour après des années passées loin de leur public. Les Spice Girls, mythique groupe de pop emblématique du girl power des années 90, ont ainsi posté une vidéo sur Instagram où quatre des cinq icônes - Victoria Beckham manque à l'appel - ont officialisé une tournée au Royaume-Uni en 2019. Une première depuis leur retrouvailles éphémères aux Jeux Olympiques de 2012 à Londres. 2012, c'est aussi l'année où François Hollande était devenu président de la République, remportant l'élection que son ex-compagne et mère de ses enfants, Ségolène Royal, avait perdue cinq ans plus tôt. Et justement, ces deux-là ont ces derniers jours fini par dire ce qu'ils veulent, ce qu'ils veulent vraiment, vraiment : redevenir des wannabe de la politique française !

"Je vais revenir", lance François Hollande

François Hollande, qui distille tranquillement ses cartes postales depuis la sortie de son livre, Les leçons du pouvoir, a fini par faire son coming-out devant les caméras de Quotidien, qui filmaient le 10 novembre une séance de dédicaces de son ouvrage dans son fief de Brive, en Corrèze. Lors d'un dialogue avec une fan lui déclarant qu'on le "regrette beaucoup", l'ex-chef de l'Etat, répond, débonnaire : "Moi aussi je vous regrette, vous savez…". Son admiratrice lui claque alors une bise et lui demande, fébrile : "Vous êtes retiré de la vie politique intégralement ?". François Hollande jette alors un coup d’œil à la caméra de TMC puis énonce clairement : "Non. Je vais revenir". Et voilà comment, sans s'étendre davantage, celui qui n'a pas été en mesure de se présenter à sa réélection en 2017 - mais qui prend un plaisir gourmand à relever depuis les difficultés d’Emmanuel Macron - place une première pierre pour 2022…

Ségolène Royal s'y revoit déjà aussi

Pour dévoiler ses arrière-pensées politiques, Ségolène Royal a également profité de la tournée médiatique entourant la publication de son livre, Ce que je peux enfin vous dire, publié chez Fayard le 31 octobre, dans lequel elle étrille Emmanuel Macron mais aussi François Hollande (entre autres). Dans le JDD, après avoir affirmé que devenir députée européenne en 2019 n'était "pas du tout dans [ses] plans", l’actuelle ambassadrice en charge de la négociation internationale aux pôles Nord et Sud a d'abord confié : "S’il y a des événements politiques, des choses qui rassemblent, je réfléchirai avec celles et ceux qui ont des propositions"… Avant de faire un pas de plus sur le chemin du retour, ce dimanche 11 novembre sur France 2 face à Laurent Delahousse qui lui demande si son "combat pour la protection de la planète" peut "passer par la présidence de la République" : "Peut-être", répond l'ancienne ministre de l'Environnement, tout aussi sibylline que son ancien compagnon. Il ne lui aura sans doute pas échappé que la dernière étude Elabe la place en tête des personnalités politiques préférées des sympathisants de gauche.

If you want my future, forget my past…

A quelques heures d'intervalle, donc, l'ancien couple le plus célèbre du PS n'a donc certes pas annoncé sa reformation mais un commun désir d'avenir politique… Se sont-ils concertés, par exemple en se retrouvant au mariage de leur fils Thomas en septembre ? Ou est-ce au contraire leur rivalité de 2006 qui se réactive ? Faut-il s'attendre, pour la suite, à un nouvel affrontement Hollande-Royal, pour la candidature socialiste à l'élection présidentielle de 2022, ou à un ticket ? Le PS, toujours à un niveau très bas dans les sondages pour les européennes, aurait en tout cas bien besoin d'un effet Spice Girls… Reste à savoir si ses anciennes têtes d'affiche seraient en mesure de remplir les stades comme les Londoniennes.

 

3. sept., 2018

Le 01/09/2018

Il continue de surfer sur le succès de son livre. François Hollande a rencontré des militants socialistes ce 31 août à Cherbourg (Manche) et dans son discours, il n'a pas épargné son successeur à l'Élysée.

Ce n'est pas un retour, c'est sa rentrée. Dans la ville de son ancien ministre Bernard Cazeneuve, François Hollande est venu à Cherbourg (Manche) pour le service après-vente de son livre Les leçons du pouvoir, mais aussi pour quelques dédicaces à son successeur. Devant les militants socialistes, il évoque pour commencer les couacs autour du prélèvement à la source. "Cette réforme, elle était prête, elle a été déjà différée, elle peut être annulée. Chacun a le droit de prendre la décision, développe l'ancien Président, après c'est un problème de choix politique". Sans jamais le citer, il critique Emmanuel Macron et un certain exercice du pouvoir. "Ce qui est plus difficile à vivre sur les comportements personnels, poursuit François Hollande, il peut y en avoir de formidables, de magnifiques dès lors qu'ils supposent de l'engagement, du désintérêt, de l'abnégation et du sens du collectif."

Vers un retour d'une social-démocratie ?

"Le narcissisme, une terrible maladie", la phrase est lâchée. Quant à l'annonce de son retour, François Hollande répond qu'il n'est jamais parti. Enfin, l'ancien Président appelle au retour de la social-démocratie pour faire barrage au "populisme" et au "libéralisme".

 

4. mai, 2018

POLITIQUE L’ancien président de la République envoie des piques régulières à son successeur depuis son retour médiatique…

Publié le 26/04/18 à 13h24 — Mis à jour le 26/04/18 à 17h12

François Hollande le 1er décembre 2017 à Bordeaux. — MEHDI FEDOUACH / AFP

  • François Hollande a qualifié Emmanuel Macron de président des «très riches».
  • L'ancien chef de l'Etat multiplie les apparitions médiatiques depuis la sortie de son livre.
  • Il a pris son successeur pour cible, notamment sur sa politique économique.

Emmanuel Macron est-il le président des riches ? « Ce n’est pas vrai. C’est le président des très riches ! » La question était posée mercredi soir par Yann Barthès sur le plateau de Quotidien, et la réponse, goguenarde, apportée par un ancien président de la République, François Hollande, pas mécontent de l’effet produit. Quasiment un an après son départ de l’Elysée, l’ex-premier secrétaire du Parti socialiste est en pleine campagne médiatique autour de son livre Les leçons du pouvoir (éd. Stock).

France 2, France 5, Le Monde, L’Obs, France Inter, France Culture, Quotidien… Tous les médias ou presque (pas 20 Minutes, qui n’a pas demandé) ont eu leur dose de François Hollande en chair et en os depuis la parution du livre le 11 avril. Et l’ancien chef de l’Etat a trouvé son créneau pour profiter de cet éclairage médiatique, taper sur le successeur Emmanuel Macron. Dans son bouquin déjà, on trouvait ce tacle au niveau de la carotide : « Mes gouvernements réduisaient les inégalités. Celui-là les creuse ». Bim.

« J’entends toujours faire de la politique »

Puis il y a eu cette phrase sur le président des « très riches », mercredi soir sur TMC. François Hollande aurait-il décidé de pourrir le quinquennat de son successeur, et si oui, pourquoi ? « Quand il communique, c’est qu’il est en campagne pour quelque chose. Hollande a un agenda », explique le spécialiste de la com’politique Philippe Moreau Chevrolet. L’ex-député de Corrèze n’en a pas fini avec la vie publique, mais ça, on le savait, il l’avait lui-même écrit dans ses Leçons du pouvoir : « J’entends toujours faire de la politique. Je n’ai d’ailleurs jamais déclaré que j’y renonçais. Mais faire de la politique n’est pas forcément solliciter les suffrages, diriger un parti, ou préparer des échéances ».

Cela peut donc passer par des interventions médiatiques contre la politique actuellement menée par l’exécutif. Mais pourquoi donc ? « Il n’a pas supporté de ne pas pouvoir se représenter. Il l’a vécu comme une humiliation d’être supplanté par un type jeune, inexpérimenté, qu’il lui a pris la présidence dans le dos. C’est en tout cas comme cela qu’il le vit », commente Moreau Chevrolet.

« Il essaie d’être le meilleur opposant de gauche à Emmanuel Macron »

Au-delà de l’argument de l’ego blessé, François Hollande souhaiterait remettre la main sur le Parti socialiste, pense le communiquant : « Il essaie d’être le meilleur opposant de gauche à Emmanuel Macron. Hollande est clairement mal aimé, mais il y a un vide à gauche, Mélenchon n’a pas convaincu une frange de l’électorat socialiste qui peut être sensible au discours d’un ancien président, et qui ne voit pas Olivier Faure comme quelqu’un de suffisamment crédible. François Hollande rappelle ainsi que le chef, c’est lui. »

En tout cas, il semble avoir un public post-Elysée. Son livre marche très bien selon son éditeur, qui a annoncé une réimpression, et les files d’attente sont longues lors des séances de dédicaces. Déjà ça de pris, avant un vrai retour sur la scène politique ?

4. mai, 2018

POLITIQUE L’ancien président de la République envoie des piques régulières à son successeur depuis son retour médiatique…

Publié le 26/04/18 à 13h24 — Mis à jour le 26/04/18 à 17h12

26. juil., 2017

ParisMatch le 08/07/2017

Pour le journaliste François Bazin, l'échec du quinquennat Hollande a été le laboratoire de l'avènement d'Emmanuel Macron.

© REUTERS Hollande: "Rien ne s'est passé comme prévu"

Hollande n’y a vu que du feu. Comment celui qui passait pour un des meilleurs experts politiques a-t-il pu se faire berner par son protégé Macron ? Le journaliste François Bazin a revisité ce quinquennat déconcertant et raté. Le sous-titre résume son pitch : « Les cinq années qui ont fait Macron ». Chroniqueur des années Hollande, l’ex-journaliste de « L’Obs » raconte par le menu cet échec sans précédent. Le chapitre « Etions-nous prêts ? » est le plus édifiant.

Le prédécesseur de Macron a construit non pas une ligne mais "une bombe"

En septembre 2012, après un été calamiteux, « son quinquennat lui a filé entre les doigts sans que jamais, depuis, il n’ait été en mesure d’y imprimer durablement sa marque », constate l’auteur. A force de vouloir marier les contraires, le prédécesseur de Macron a construit non pas une ligne mais « une bombe ». Son casting gouvernemental lui explose au visage. Ayrault et Montebourg ne sont pas à leur place. Seuls Valls et Cahuzac ont trouvé la leur. « Jupiter est empêtré », dit-il à propos de Hollande en reprenant le surnom que s’est attribué Macron. « Darwinien et farceur, François Hollande s’est ainsi résigné à ce que son assassin puisse devenir le sauveur apparent de sa réputation », conclut-il.