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21. mars, 2019

Marianne

Schiappa contre Taché : ce serre-tête qui coupe LREM en deux camps opposés sur la laïcité et le voile

 

 Par Louis Nadau Publié le 04/03/2019

Après que le député Aurélien Taché, interrogé sur la polémique Decathlon, a comparé le port du voile pour une jeune musulmane à celui d'un serre-tête pour une jeune catholique, La République en marche est apparue profondément divisée sur la question de la laïcité et du vivre-ensemble.

Un voile qui dévoile. En comparant le port du voile pour une jeune musulmane à celui d'un serre-tête pour une jeune catholique, ce samedi sur France 5, le député de La République en marche Aurélien Taché a exposé au grand jour la fracture qui divise la majorité sur son rapport à la religion, et notamment au foulard islamique. Largement critiqué au sein de son propre camp, celui qui co-anime le pôle idée de LREM avec Marlène Schiappa a même été sèchement recadré par cette dernière, dimanche 3 mars. "Il faut cesser ce relativisme qui nous fait mettre sur le même plan des choses qui sont opposées. On voit bien avec cette allusion au serre-tête quelle catégorie de la population est visée (...) Aucune femme dans le monde sera lapidée parce qu'elle porte un serre-tête ", a-t-elle déclaré sur RTL.

Tout a commencé par la polémique Decathlon. Samedi 2 mars dans l'émission de France 5 C l'hebdo, Aurélien Taché était invité à s'exprimer sur le sujet, face à la journaliste Zineb El Rhazoui. L'enseigne française voulait commercialiser un hijab pour la course à pied avant de renoncer la semaine dernière devant le tollé provoqué par cette initiative. Une affaire qui a inspiré cette comparaison à l'élu du Val d'Oise, Don Quichotte de l'islamophobie : "Vous me posez cette question pour une jeune fille de 12 ans qui porterait le voile et donc qui serait élevée dans une famille musulmane. Est-ce que vous me poseriez la question sur une famille catholique dans laquelle on mettrait un serre-tête ou autre à une jeune fille ? Bien sûr que non."

"Tout ne se vaut pas"

Cette sortie a fait bondir au sein du parti macroniste, dont les différentes sensibilités sur la laïcité s'opposent de plus en plus ouvertement au fil des polémiques. En face du camp des "libéraux", qui aiment insister sur les valeurs de tolérance et d'ouverture aux pratiques religieuses, se dresse de plus en plus clairement un courant républicain. Comme un symbole, chaque courant est animé par un des deux patrons du pôle idées de LREM, Aurélien Taché et Marlène Schiappa.

Plusieurs figures de LREM, comme sa porte-parole Aurore Bergé ou le questeur de l'Assemblée nationale Laurianne Rossi, se rattachent naturellement à la philosophie défendue par la secrétaire d'Etat. "Tout ne se vaut pas", a rappelé la première sur Twitter, tandis que la seconde a estimé que cette comparaison était "dangereuse". "Je me refuse, comme beaucoup de mes collègues députés, à un tel relativisme", a tranché dimanche sur LCI la députée des Hauts-de-Seine.
"
Aurélien Taché a fait honte à ses collègues avec ses propos stupides sur le serre-tête", a également tweeté le député François Cormier-Bouligeon, auteur d'une tribune acide à l'encontre de son collègue du Val-d'Oise, publiée sur le site de Marianne.

 "La loi, pas la morale"

Contraint de battre en retraite, Aurélien Taché a présenté dimanche soir des "excuses à ceux que ces propos auraient pu blesser". Sans désarmer sur le fond. Il est d'ailleurs loin de livrer bataille seul contre tous au sein de La République en marche. Dès samedi, son collègue Sacha Houllié, vice-président de l'Assemblé nationale, lui a apporté son soutien. "Entièrement d'accord avec le propos d'Aurélien Taché s'agissant du voile et du rôle du législateur : 'je fais la loi, pas la morale'", a-t-il tweeté.

Parmi les représentants notables du courant dit "libéral", qui se sont emparés de la critique du cynisme commercial de Decathlon pour réduire le débat au rappel de la stricte neutralité de l'Etat, figure également la présidente du bureau exécutif de LREM, Laetitia Avia. Sur Twitter, cette dernière dénonçait mardi dernier "une hystérie collective" à propos du hijab de course.

Le délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guerini, semble lui aussi se rattacher à cette famille idéologique. Peu disert sur la laïcité, il s'était toutefois exprimé à l'occasion de la polémique concernant le port du voile par Maryam Pougetoux, responsable syndicale de l'Unef. "Pas choqué", Stanislas Guerini avait affirmé, en mai dernier sur franceinfo, vouloir "mener une bataille culturelle, dans tous les espaces de notre République, pour dire aux femmes qu'elles doivent avoir la liberté de porter ou de ne pas porter le voile".

Silence assourdissant d'Emmanuel Macron

Au gouvernement, la ministre des Sports Roxana Maracineanu paraît partager elle aussi cette ligne. "Sur le sujet de la laïcité, référons nous toujours au droit en vigueur. Et gardons comme seule boussole le respect du cadre républicain. (…) Je veux aller chercher les femmes, les mères, les jeunes filles partout où elles sont et comme elles sont, les encourager à la pratique du sport car c’est, j’en suis convaincue, un levier puissant d’émancipation", a écrit sur Twitter l'ancienne championne de natation. Une position qui tranche nettement avec celles du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, ou de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. "Le hijab n'est pas interdit par la loi, cependant, cette une vision de la femme que je ne partage pas. Je trouve que ça ne correspond pas bien aux valeurs de notre pays", a expliqué l'ex-belle-fille de Simone Veil mardi sur RTL.

Au sommet de l'Etat, Emmanuel Macron s'est toujours refusé à prononcer un discours sur la laïcité et le vivre ensemble afin de fixer un cap clair à sa majorité. Doit-on dès lors s'attendre à une guerre civile chez LREM à chaque fois qu'un dossier touche à la question sensible de la laïcité ? Prochain élément de réponse au plus tard le 20 mars, puisque le parti présidentiel organisera ce jour un grand débat sur la question. Les spécialistes Laurent Bouvet et Jean-Louis Bianco, en désaccord sur tout ou presque, seront notamment présents. Cela promet une belle ambiance.

27. févr., 2019

La Réunion : soixante six Sri-lankais rapatriés

 

Soixante-douze Sri-lankais étaient arrivés, le 5 février dernier, à La Réunion par voie maritime. Ils ont tous demandé l’asile, mais seulement le cas de six d’entre sera étudié.

 

Six d’entre eux ont été admis sur le territoire. Leur demande d’asile sera étudiée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).


Soixante six migrants srilankais n’ont pas été admis à demander l’asile en France. Les décisions de refus d’entrée ont été confirmées par le juge administratif. Ils sont reconduits au Sri-Lanka ce matin par un vol spécial affrété au départ de l’aéroport Roland Garros, dans le cadre d’un marché national d’affrètement aérien. Les migrants sont escortés par soixante huit personnels de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale.


C’est au terme d’une nouvelle audience marathon, deux jours et trois magistrats mobilisés, que les derniers recours pour faire changer le sort des migrants ont été épuisés hier devant le tribunal administratif. Peu avant 19 heures ce mercredi, Soixante six des soixante douze migrants ont dû se résoudre à l’inévitable.


Après une semaine en zone d’attente et de nombreuses péripéties procédurales, juridiques ou encore administratives, ils s’apprêtent à s’envoler tôt ce matin pour un réacheminement express dans leur pays.


Pour ce faire, un avion de la compagnie Air Seychelles doit être affrété spécialement au départ de Gillot aux aurores, avec Colombo comme destination directe. Placés sous escorte des membres de la police aux frontières et de la Compagnie départemental d’intervention, les soixante six migrants qui se sont vus opposer une interdiction d’entrer sur le territoire français seront remis aux autorités sri-lankaise dans la journée. Un retour est prévu ce même jour, afin de permettre aux policiers mobilisés de rentrer chez eux le plus rapidement possible. Fin de l’épisode V des migrants sri-lankais.


Six demandes


«Personne n’a tort ou raison dans cette affaire», concédait Me Yannick Mardénalom mardi soir, après avoir vu la cour d’appel confirmer le maintien en détention des soixante huit migrants (notre édition d’hier). Pour le juriste, toujours présent aux côtés des migrants hier près de la juridiction administrative, il s’agit avant tout de «savoir de quelle manière nous traitons les êtres humains qui se présentent à nos portes». Restent donc ces soixante six personnes, comme piégées entre deux feux. Qui reste et qui part? Il faut trancher. Mais comme le rappelait un magistrat de la cour d’appel en début de semaine, «hors de question de faire un traitement industriel des dossiers». Du cas par cas, avec le temps nécessaire pour entendre chacun.


Au terme des entretiens avec l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) la semaine dernière, quatre dépôt de demandes d’asile seront acceptées.


L'Express de Madagascar

Le 15/02/19

© JIR

28. déc., 2018

La Réunion : des migrants sri-lankais repérés

Une soixantaine de personnes dont des femmes et enfants sont escortés vers le Port Ouest. Elles se trouvaient sur un bateau au large de Saint-Philippe.

Un bateau transportant une soixantaine de personnes très vraisemblablement originaires du Sri Lanka, a été signalé au Cross (centre de sauvetage en mer) vers 11h10, hier, au large de Mare Longue à Saint-Philippe, à environ 400m de la côte. Environ soixante personnes sont présentes à bord dont une dizaine d’enfants de 4 à 12 ans et 7 femmes.


Selon des sources maritimes, ce bateau de pêche proviendrait du port de Colombo au Sri Lanka. Les passagers seraient très vraisemblablement des migrants tentant de rejoindre La Réunion.


L’embarcation a été longuement survolée par l’hélicoptère de la section aérienne de la gendarmerie qui a pu voir les passagers affichant des drapeaux blancs.

Évaluation sanitaire


Les gendarmes n’ont pas repéré de personnes en détresse. Accompagné par la vedette de la société
nationale de sauvetage en mer (SNSM) « Talmon­daise II » de la station de Saint-Pierre, le bateau a reçu l’ordre de faire route en direction du Port Ouest, où la police aux frontières les attendra.


«À titre de précaution, trois policiers du commissariat de Saint-Pierre sont embarqués à bord de la vedette afin de sécuriser le personnel de la SNSM», souligne la préfecture. Escorté par la brigade nautique, il devrait arriver dans la soirée, et les passagers seront soumis à une évaluation sanitaire et administrative.
Sur des photos aériennes, on peut voir que l’embarcation se nomme le Wasana 1 mais son véritable nom serait le Anosh Putha 1.


Pour rappel, si la présence de migrants à bord est avérée, il s’agirait de la quatrième fois cette année que des Sri-lankais tentent de rejoindre notre île, qu’il s’agisse d’une étape ou de leur point de chute final. En octobre dernier, huit migrants sri-lankais étaient parvenus à rejoindre La Réunion sur un bateau de pêche. Un mois avant, la marine de Colombo avait intercepté, à 75km des côtes sri-lankaise, un chalutier avec à son bord quatre vingt dix candidats au départ. Encore précédemment, en mars, six migrants sri-lankais avaient été secourus au large de l’île.

 

L'Express de Madagascar

Le 15/12/18

© JIR

 

2. juil., 2018

Le Huffpost

29/06/2018

L'UE arrache un accord sur les migrants au bout de la nuit, Macron salue "la coopération" des 28

Les 28 ont finalement réussi à s'accorder, surmontant notamment les réticences italiennes.

  • Le HuffPost avec AFP

MIGRANTS - Les 28 dirigeants de l'UE ont trouvé un accord vendredi 29 juin au petit matin sur les migrations lors d'un sommet tendu à Bruxelles, que l'Italie menaçait de faire capoter faute d'engagements précis de ses partenaires européens concernant l'accueil des migrants.

"Les dirigeants de l'UE28 se sont accordés sur les conclusions du sommet, y compris la migration", a annoncé sur Twitter le président du Conseil européen Donald Tusk à 04h30 du matin, après des tractations marathon entamées la veille en début de soirée. Les détails de l'accord n'ont pas été précisés dans l'immédiat.

"Un très bon compromis"

Le président de la République Emmanuel Macron a salué l'accord. "C'est d'abord le fruit d'un travail commun et c'est la coopération européenne qui l'a emporté sur le choix d'un non accord ou de décisions nationales qui n'auraient été ni efficaces ni durables", a-t-il déclaré à la sortie du sommet à Bruxelles, après neuf heures de discussions sur la gestion de l'accueil des migrants.

Parmi les solutions avancées, les 28 se sont accordés sur la proposition "d'avoir des centres contrôlés sur le territoire européen pour mieux organiser cet accueil", a indiqué le chef de l'État. "La solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée lors de ce sommet", s'est-il félicité.

C'est "un très bon compromis", s'est réjoui le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. "Il y a des déclarations sur des relocalisations (répartition de demandeurs d'asile, ndlr) sur une base volontaire et elles sont basées sur le consensus", a-t-il ajouté.

L'Italie satisfaite

"L'Italie n'est plus seule", s'est réjoui le chef du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte qui avait fait monter la pression sur ses partenaires européens. Il avait bloqué l'adoption d'une première salve de conclusions, portant sur la défense et le commerce, avant même que ne commence les débats sur les migrations.

Il s'est notamment félicité que l'accord prévoit "une approche intégrée, comme nous l'avions demandé" avec "une Europe plus responsable et plus solidaire". "C'était une longue négociation" mais "nous sommes satisfaits", a-t-il affirmé devant les journalistes.

L'Italie avait ainsi montré qu'elle ne donnerait son accord à aucun texte commun du sommet si elle n'obtenait pas ce qu'elle voulait sur les migrations. "Nous attendons des actes", avait d'emblée déclaré Giuseppe Conte, reprochant à ses voisins d'avoir trop longtemps laissé l'Italie gérer seule les arrivées de migrants.