29. juil., 2015

Duplicité Turque cynisme communauté internationale

Depuis l’émergence de l’ « Etat islamique » (EA) en Syrie et en Irak , la communauté internationale, avec pour « chefs de file » les Etats Unies et la France, est intervenue  sur ce théâtre d’opération en apportant un soutien aérien aux troupes engagées  contre l’EA. Mises en déroute, les troupes irakiennes ont été largement supplées dans la lutte contre l’EA par les combattants kurdes, principale force militaire de résistance puis de reconquête contre les islamistes. Durant ces deux années, la Turquie a observé une « neutralité complaisante » envers l’EA. Puis, brusquement, elle vient d’entrer en guerre, bombardant sans discernement aussi bien l’EA que les Kurdes.

 

L’attitude de la Turquie s’analyse à l’aune de la problématique Kurde. Vu d’Ankara, l’affrontement entre les kurdes et les islamistes était une aubaine. Ceci ne pouvait, en effet,   qu’affaiblir les Kurdes, l’ennemie héréditaire. Aussi les Turcs ont-ils observé le massacre des Kurdes sans intervenir. Mais en deux années, armés et appuyés par les frappes aériennes de la coalition, les combattants kurdes ont progressivement repris l’offensive dans les territoires traditionnellement sous leur contrôle. Au point de prendre l’avantage et d’apparaître de plus en plus comme des partenaires incontournables dans la guerre contre l’EA. C’était aussi le principal objectif politique recherché par les kurdes que cette reconnaissance internationale.

 

C’est le moment qu’a choisi la Turquie pour entrer dans le conflit, de façon unilatérale, en frappant sans discernement l’Etat Islamique comme les Kurdes, sous le prétexte de quelques attentats. L’émergence des Kurdes sur la scène politique locale n’était, en effet, pas tolérable du côté d’Ankara.

 

Que la communauté internationale, Etats-Unis et France en tête, salue l’entrée en guerre d’Ankara contre l’EA et demande aux Turcs « de la modération » dans leurs frappes contre les Kurdes, relève d’un cynisme inacceptable. Les Kurdes n’auraient-ils donc jamais été que «  de la chair à canon » ?

 

Je remarque que la France, avec un Président et un gouvernement socialiste, s’aligne sur ce concert de duplicité. Constatons que nous perdons, socialistes, de plus en plus nos repères idéologiques, y compris sur le plan international.

 

Jean-Daniel Chaoui

Membre du Conseil fédéral de la FFE

Conseiller AFE Afrique