9. oct., 2015

Faire entendre les musulmans sans fanatisme

CHRONIQUE DE VANF

Faire entendre les musulmans sans fanatisme

 

À l’occasion d’un voyage en Turquie, notre parcours nous avait conduit à la Fondation de Fethullah Gülen. Érudit, humaniste, tolérant, son fondateur présente un profil radicalement différent de celui des islamistes fanatiques et obtus qui ont détruit les Bouddhas géants d’Afghanistan, dynamité les ruines de Mossoul et de Palmyre en Irak et en Syrie, saccagé la bibliothèque de Tombouctou au Mali,  menacé détruire les pyramides en Égypte, décapité des Occidentaux avec large diffusion sur les réseaux sociaux, mutilé la jeune Malala future Prix Nobel de la paix, fait exécuter des soldats syriens par des enfants endoctrinés et fanatisés, vendu comme esclaves les Chrétiens d’Orient, enlevé des écolières au Nigéria pour les convertir de force ou les réduire en esclaves sexuelles.

 

Fethullah Gülen qualifie clairement les islamistes de Daesh de cancer et de terroristes.  Au nom d’une idéologie totalitaire, ces radicaux violents commettent des atrocités qui souillent l’image de l’islam.

 

Dans cette Chronique, j’en avais appelé souvent à la prise de parole des Musulmans qui vivent tranquillement leur foi, sans prosélytisme sauvage, dans l’acceptation des Croyants des autres religions. Il faut que ces Musulmans férus de paix sociale se fassent entendre pour que les éructations de haine des jihadistes ne passent pas pour le message habituel de l’Islam. Il faut que les Musulmans en paix avec leur foi condamnent les abominations qui se commettent au nom de leur religion dont certaines figures du passé avaient pu compter parmi les plus illustres représentants du génie humain. Que Fethullah Gülen ait pris la parole en ce sens, cette Chronique se doit de lui faire écho, reprenant ce que L’Express de Madagascar avait déjà publié dans son édition du 10 septembre 2015.

 

(Début de citation) Les musulmans doivent publiquement promouvoir les droits de l’Homme : la dignité, la vie, la liberté. Ce sont là les principes fondamentaux des valeurs islamiques et aucun individu, ni aucun leader politique ou religieux, ne peut les écarter. Vivre l’essence de notre foi signifie respecter la diversité sociale, religieuse et politique. Les musulmans doivent donner la chance à chaque membre de leurs communautés d’être éduqué, là où l’étude des sciences dures, des sciences humaines et de l’art est ancrée dans une culture du respect. Les gouvernements du monde musulman doivent ébaucher des programmes scolaires qui soutiennent les valeurs démocratiques. Fournir une éducation religieuse aux musulmans est essentielle pour priver les extrémistes d’un outil qu’ils utilisent pour diffuser leurs idéologies tordues. Quand la liberté religieuse est niée, comme cela a été le cas pendant des décennies dans certaines parties du monde musulman, la foi pousse dans l’ombre et est interprétée par des figures non qualifiées et radicales. Il est impératif que les musulmans soutiennent l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Les femmes devraient avoir des opportunités et être libérées de toute pression sociale qui nie cette égalité (fin de citation).

 

C’est d’abord aux Musulmans de faire le ménage dans leur religion, en discréditant définitivement ces imams qui prétendent lire le Coran avec la grille de lecture du 7ème siècle, renvoyant une image archaïque et inquiétante de l’Islam. Il faut que les voix modérées et instruites puissent devenir les seuls interlocuteurs des Croyants en quête de repères.

 

«L’Islam est une religion à laquelle les agissements des plus fanatiques de ses pratiquants ont donné une image moyenâgeuse. Décapitation d’otages occidentaux, attaques au couteau à Jérusalem ou à la hache à Londres, attentats suicides dans un bus ou sur une place de marché. Quel type d’Islam s’active sur Madagascar : celui qui refuse l’éducation aux petites filles comme le Prix Nobel Malala ? Celui qui impose le voile intégral aux femmes ? Celui qui a déjà bombardé les Bouddhas géants en Afghanistan et qui pousse le délire fanatique à vouloir s’en prendre aux pyramides des Pharaons en Égypte ? Il n’y a pas que les fous d’Allah obscurantistes dans l’Islam. Il existe bel et bien une majorité, sans doute trop silencieuse, qui aspire à vivre en paix avec le reste du monde, qui pratique sa religion sans histoires et qui n’a pas de prosélytisme à revendre. Un Islam compatible avec le 21ème siècle» (Chronique VANF, Peuple en état second, 09.12.2014).

 

Pour un Fethullah Gülen qui brave l’omerta, et qui se désolidarise clairement des islamistes pour rejoindre le parti de l’Humanité, où sont-ils tous les autres, où êtes-vous, les Musulmans sans fanatisme, sans obscurantisme, ouverts à notre siècle commun dans la convivialité de la différence ?