Blog

14. août, 2019

Midi Madagascar
Le 1er août 2019

11. déc., 2018

Médecins sans frontières et SOS Méditerranée ont annoncé jeudi devoir "mettre un terme" aux opérations de sauvetage de leur navire humanitaire Aquarius, devenu le symbole de la crise politique autour de l'accueil des migrants et privé de pavillon depuis deux mois.

"Renoncer à l'Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre", a déclaré dans un communiqué Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, en déplorant "les attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l'objet".

Mais l'ONG basée à Marseille "explore déjà activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon", et "étudie sérieusement toutes les propositions d'armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage". "Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer", a assuré M. Penard.

"C'est un jour sombre", a pour sa part déploré dans un communiqué distinct Nelke Mander, directrice générale de MSF, pour qui "la fin de nos opérations à bord de l'Aquarius signifie davantage de morts en mer".

Privé de pavillon par Gibraltar puis par le Panama, l'Aquarius, qui avait commencé ses opérations de sauvetage au large de la Libye en février 2016, s'est retrouvé bloqué à Marseille début octobre dans l'attente d'un registre où s'inscrire. La semaine dernière Berne lui avait refusé le pavillon suisse.

Fin novembre, la justice italienne avait pour sa part demandé le placement sous séquestre du navire pour une affaire de traitement illégal de déchets.

Des accusations "disproportionnées et infondées" pour SOS Méditerranée qui a déploré "dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation contre les ONG de recherche et de sauvetage" ayant pour résultat d'"encore davantage fragiliser les capacités de sauvetage en mer".

- "Valeurs d'humanité" -Depuis le début de ses opérations, l'Aquarius a porté assistance à près de 30.000 personnes. Mais le navire a vu les obstacles se multiplier depuis que l'Italie, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, a fermé ses ports cet été aux navires humanitaires.

"Malgré les efforts récents des organisations non gouvernementales en mer, il n'y a plus aucun bateau dédié au secours en mer Méditerranée", a ajouté MSF, qui a fait état de "2.133 personnes décédées en Méditerranée" depuis le début de l'année et a accusé les gouvernements européens d'avoir "contribué à ces événements tragiques en soutenant les garde-côtes libyens pour intercepter les personnes en mer".

L'Aquarius était devenu un symbole de la crise diplomatique autour de l'accueil des migrants en juin, après avoir dû errer pendant une semaine en Méditerranée avec à son bord 630 migrants que l'Italie avait refusé d'accueillir. Après avoir frôlé la Corse, le navire à la coque orange avait pu débarquer à Valence, en Espagne, convaincue d'ouvrir ses ports par la promesse de plusieurs pays européens de se répartir les réfugiés.

Plusieurs autres opérations de sauvetage en mer avaient déclenché des psychodrames diplomatiques similaires au cours de l'été, forçant une poignée d'Etats européens à improviser pour se répartir les réfugiés, et à réfléchir à un mécanisme plus pérenne.

"La fin des activités pro-migrants de l'Aquarius, complice des mafias de passeurs est une excellente nouvelle", a réagi sur Twitter la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, en se réjouissant de ce qu'elle estime être "la fin d'une imposture pseudo-humanitaire, et véritablement immigrationniste".

Après avoir perdu son pavillon panaméen, l'Aquarius était arrivé le 4 octobre à Marseille après avoir débarqué 58 personnes à Malte. La France, à qui SOS Méditerranée avait dans un premier temps demandé l'autorisation de débarquer les naufragés, avait refusé au nom du principe de "port sûr le plus proche".

Midi Madagascar

Le 8/12/18

27. déc., 2017

En accueillant un premier groupe d'une vingtaine de réfugiés africains, sélectionnés au Tchad, les autorités françaises veulent montrer leur nouveau cap en matière d'immigration: accueil sélectif des réfugiés et politique "intraitable" d'expulsion pour les autres migrants.

Ce durcissement de ligne a suscité l'hostilité de certaines ONG et militants de gauche, le Défenseur des droits mettant en garde contre un risque de "tri" dans les centres d'hébergement où le gouvernement veut opérer un recensement.

Djamel, un ancien épicier centrafricain de 42 ans, est arrivé lundi matin en France avec sa femme Korba et leurs quatre enfants. "J'ai passé quatre dans un camp" du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies(HCR) à N'Djamena, "on était 1.000 là-bas", explique-t-il à l'AFP.

Il fait partie d'un groupe de dix-neuf personnes - des Soudanais pour la plupart - que la France est allée chercher au Tchad. D'autres suivront via ce nouveau dispositif qui doit permettre d'accueillir 3.000 réfugiés africains d'ici 2019.

L'idée est "d'empêcher que des personnes ne se mettent en danger en prenant la mer, à partir de la Libye notamment", plaident les autorités françaises. Mais dans le même temps, elles ne cachent pas leur volonté de contrôler très strictement les flux migratoires.

 

L'Express de Madagascar

19/12/17

3. mars, 2016

Le Monde.fr

« L’Europe doit se ressaisir dans la question des migrants et assurer le droit d’asile »

 

Le Monde | 22.02.2016 à 12h15

 

Par Karine Berger, Valérie Rabault, Carsten Schneider, Jakob von Weizsäker,

 

« Je rêve à la prédestination de l’Allemagne et de la France, que la géographie et leur vieille rivalité désignent pour donner le signal de l’Europe ». L’Europe a été voulue par des hommes et des femmes qui venaient de survivre au plus épouvantable cataclysme du XXe siècle, comme l’était François Mitterrand auteur de ces mots. Par des hommes et des femmes qui pensaient que la démocratie et la solidarité étaient les seuls remparts à la guerre qui prétend dicter l’Histoire. Par des hommes et des femmes qui venaient de se combattre, par des hommes et des femmes qui avaient cherché refuge pendant 6 longues années pour survivre, par des hommes et des femmes qui ont ouvert leurs frontières malgré la folie nationaliste qui venait de se déchaîner.

 

Depuis quelques mois, l’Europe traverse la plus grave crise identitaire de sa jeune histoire. L’été dernier déjà, la crise économique a fragilisé son évidence, mais l’Europe de la solidarité et de la cohésion, comme par exemple avec des pays comme la Grèce, l’a emporté sur le fil. En cet hiver 2016, c’est la crise des réfugiés des guerres en Méditerranée qui de nouveau met en doute la sincérité de l’engagement des uns et des autres. Certes le gouvernement allemand aurait dû consulter ses partenaires avant de modifier sa politique d’accueil et d’ouvrir largement ses frontières. Mais nous regrettons de même que le gouvernement français ne soutienne pas plus la politique d’accueil de l’Allemagne vis-à-vis des réfugiés fuyant la guerre en Syrie. Nous le regrettons non seulement parce que l’amitié européenne ne permet pas à un gouvernement de venir faire la leçon politique chez un de ses voisins. Mais surtout parce que c’est l’idéal européen qui en ressort affaibli. Celui de la paix, des droits de l’homme et de la démocratie.

 

Nous, continent de 500 millions de personnes, ne serions-nous pas en mesure d’accueillir 1 million de nos frères humains qui risquent le massacre ? Nous, continent de 500 millions de personnes, ne serions-nous pas capables de tendre la main aux enfants, aux hommes, aux femmes qui meurent chaque jour dans les eaux séparant l’Europe de leurs territoires de terreur ?

 

L’Europe est un continent et un pacte politique qui –parce qu’ils sont nés des cendres de la guerre - reposent d’abord sur des valeurs. Tous ceux qui veulent mettre en balance ces valeurs avec des petits calculs nationaux prennent un mauvais chemin. Les pays membres qui ont fondé l’Europe ne doivent jamais oublier pourquoi ils l’ont fondée et défendre sans relâche ses valeurs, face aux doutes nationalistes ou populistes qui naissent en leur sein. Les pays membres qui ont rejoint ce rêve européen, parfois après des années de régimes autoritaires, et tous les hommes et les femmes qui ont été un jour accueillis par cet idéal, ne peuvent pas prétendre fermer la porte derrière eux.

 

L’Europe doit se ressaisir et proposer un plan cohérent de financement commun de l’aide et de l’accueil aux réfugiés sur son sol et aussi dans les pays du Proche-Orient d’accueil. Les pays européens doivent aller jusqu’au bout du premier accord qu’ils ont trouvé sur l’accueil par pays des réfugiés. L’Europe doit aussi lancer le chantier d’un Schengen 2.0 qui reconstruise l’unité continentale territoriale, la libre circulation des personnes et la mise en place de frontières extérieures communes et solides.

Nous, jeunes parlementaires français et allemands, demandons que l’Europe continue d’assurer le droit d’asile qui est indissociable de son histoire. Nous demandons que les frontières externes de l’Europe soient claires et fortes, et que ceux qui s’y présentent sachent qu’ils rejoignent un continent et non une alliance d’égoïsmes. Nous demandons que notre génération ait le choix de poursuivre le rêve responsable européen.

 

Karine Berger et Valérie Rabault sont députées PS à l’Assemblée nationale, Carsten Schneider et Jakob von Weizsäker sont députés SPD respectivement au Bundestag et au Parlement européen

 

29. sept., 2015

 Communiqué de Presse de la Fédération des Français de l'Etranger du Parti Socialiste

 

Drame humanitaire aux frontières de l’Europe : l’Union européenne peut et doit faire davantage! 

 

2 000 cadavres repêchés depuis le début de l'année. Quand ceux nés du bon côté de la Méditerranée se baignent en cette période estivale, d'autres se noient. L'ambivalence de ce tableau marin nous est à tous insupportable. Pourtant, il s'installe insidieusement. Selon les chiffres compilés par l'ONU pour le premier semestre 2015, 137 000 personnes ont essayé de franchir les frontières extérieures de l’UE que ce soit par la Méditerranée ou par la route des Balkans : ces hommes, ces femmes et ces enfants (qui représentent plus de la moitié des réfugiés) mettent leur vie en jeu pour fuir des pays en guerre, Syrie et Somalie, des régimes dictatoriaux, tel que l'Érythrée, des flambées de violences djihadistes ayant cours au Nord Mali et au Nord Nigéria, l’instabilité induite par les Printemps arabes ou tout simplement l’extrême pauvreté. Tout au long des milliers de kilomètres parcourus, le racket des passeurs, les violences et viols, et parfois même l’esclavage dans le Sinaï constituent les étapes de ce calvaire humain que connaissent bon nombre de réfugiés. La dureté des épreuves subies remet en cause le droit légitime de tout être humain à une vie digne et sûre.

 

Alors qu'il y a eu 2.8 millions de réfugiés supplémentaires entre 2013 et 2014, la Fédération des Français de l’Etranger du Parti Socialiste (FFE-PS) appelle l’ensemble des pays européens à appliquer les dispositions de la convention de Genève sur l’asile. Si le contrôle des frontières et la lutte contre les filières criminelles de passeurs s’avèrent essentiels, la FFE-PS s’oppose à l’idée d’une fermeture des frontières européennes intérieures et extérieures qui relève d’une myopie condamnable en alimentant les discours populistes et démagogiques tout en attisant les feux de la xénophobie. Ériger murs et barbelés ne saurait en aucun cas constituer une solution durable et honorable pour une Europe, dont la forme actuelle doit beaucoup à la chute du mur de Berlin supposé bloquer les migrations, et dont le « vivre ensemble » est façonné par le droit fondamental de ses citoyens à la libre circulation garanti par la convention Schengen.

 

 Ainsi, la FFE-PS exprime sa solidarité avec les pays d’accueil des réfugiés et tient à saluer la première réponse humanitaire apportée par l’Italie avec l’opération Mare Nostrum. Injustement critiquée par les droites réactionnaires européennes comme créant un supposé appel d’air, Mare Nostrum a sauvé la vie à près de 150 000 personnes jusqu’à son arrêt en octobre 2014. L’initiative Triton lancée en novembre 2014 et gérée par l’Agence Frontex puis renforcée en avril 2015, relève malheureusement d’une approche sécuritaire limitée à la protection des frontières européennes dans les eaux italiennes et souvent loin des zones de naufrage des embarcations.

 

 En ce mois d’août 2015, la FFE-PS prend note des avancées politiques de la France et de l’Allemagne pour dépasser la seule approche sécuritaire. L’appel du 24 août du président François Hollande et de la chancelière Angela Merkel pour la mise en œuvre d’un système unifié de droit d’asile et la mise en place de centres d’accueil en Grèce et en Italie constitue à ce titre un premier pas. Face à cette situation exceptionnelle, la FFE-PS demande aux Etats membres de l’Union européenne de renforcer leur coopération : une unification des procédures d’asile et la mise en place de centres d’accueil européens appellent un financement européen, approfondir la coopération européenne en matière de renseignement sur les filières illégales et entre les polices (formation, check point d’urgence) mais aussi repenser notre approche commune des migrations et de la mobilité face aux réalités du XXIème siècle.

 

Ainsi, la FFE-PS apporte son soutien, d’une part à la proposition de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti Socialiste, d’une conférence internationale sur les migrations et les réfugiés, et d’autre part, à l’ensemble des initiatives diplomatiques menées par le gouvernement français pour contribuer au règlement des crises politiques et sécuritaires en Syrie et en Libye.  

 

Paris, 28/08/2015

La Fédération des Français à l’étranger du Parti Socialiste. 

Contacts

Mehdi Tanani – secrétaire fédéral à l’International

Gabriel Richard-Molard – secrétaire fédéral à l’Europe -