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30. janv., 2019

Christophe Courtin , le 19/01/2019

Le pacte de Marrakech : instrumentalisation, cynisme et bonne conscience.

A partir des années quatre-vingt, le Front National a mis la question des immigrés au cœur du débat politique. Aujourd’hui encore cette question présente un rendement électoral meilleur que celui du climat, des inégalités ou des désordres de la mondialisation qui sont à l’origine des migrations. Débattre sur l’immigration évite de parler des questions sociales, c’est un classique des campagnes électorales. Tous les partis politiques de droite se sont emparés du sujet, depuis la fermeture des frontières jusqu’aux quotas et au lien avec les questions d’identité et de terrorisme. Quant aux partis progressistes, empêtrés dans le social libéralisme, ils n’ont jamais trouvé la réponse politique à la hauteur de cette pensée xénophobe qui vient d’un sentiment de peur de déclassement social que le creusement des inégalités aggrave tous les jours.

Le 10 décembre dernier, le jour du 70e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, en pleine crise des gilets jaunes la France a signé le pacte mondial sur les migrations, appelé pacte de Marrakech : 40 pages, négociées depuis deux ans à L’ONU, listant des recommandations non contraignantes, un catalogue de bonnes intentions, sans agenda, sans objectif chiffré, une sorte de catéchisme compassionnel et humaniste pour rassurer les consciences, un accord international sans portée juridique qui réaffirme que les États peuvent faire ce qu’ils veulent dans le domaine, du moment qu’ils respectent les droits fondamentaux des individus. Rien de nouveau, sinon qu’on aura dû « mettre un pognon de dingue » dans cette affaire, en expertise, conférences et voyages pendant que l’empreinte carbone de la technostructure onusienne se sera bien dégradée.

Comme face à une muleta rouge agitée sous le museau d’un taureau, les milieux d’extrême droite ont sur réagi à ce pacte. Quelques têtes de gondole médiatiques de gilets jaunes complotistes, inspirées par l’idéologie nationale identitaire, ont également tenté d’instrumentaliser le pacte sur les réseaux sociaux. En réponse ses promoteurs, dans un beau mouvement pour éviter la bête brune, vendent un engagement moral international faisant rempart à la montée de l’illibéralisme des États comme les États-Unis, la Hongrie et l’Italie qui remettent en cause les libertés fondamentales. La morale et la bonne conscience contre le nationalisme et le populisme. On sait ce que cette posture avantageuse donne dans les relations internationales. On sait aussi ce qu’elle cache et qu’elle partage avec ses supposés adversaires : liberté des marchés, dérégulation financière et démantèlement des droits économiques et sociaux. Dans le contexte des élections européenne à venir, la ficelle est grosse.

A partir de la liste de la vingtaine de textes internationaux sur lesquels il s’articule en préambule, le pacte de Marrakech mentionne dans une note de bas de page non référencée la convention internationale sur la protection des migrants adoptée par l’assemblée générale de l’ONU en 1990, entrée en vigueur en 2003 quand vingt pays la ratifièrent. Ils sont 35 aujourd’hui, essentiellement des pays de départ. Aucun pays occidental ou de la péninsule arabique, pays d’arrivées, ne l’a signé jusqu’à présent. Et pour cause, dans la grande tradition des textes onusiens fondateurs, la convention de 1990 rappelle précisément les droits des travailleurs migrants, elle ne fait pas de distinction entre les bons et les mauvais migrants, elle définit les concepts juridiques, bref elle produit du droit et elle est contraignante. Depuis 1990 la question migratoire a évolué du fait de l’augmentation des crises humanitaires et de l’arrêt des processus de démocratisation mais le nouveau pacte ne crée aucun droit et ne répond pas aux questions cruciales contemporaines : comment arrêter les naufrages en mer, en finir avec les rétentions administratives, les politiques criminalisant les migrations, le pillage des ressources humaines par l’immigration choisie ou le fichage biométrique à l’échelle internationale.

Comme pour le climat, les études scientifiques sur la réalité des migrations démontrent l’inverse des discours niant la réalité des phénomènes. Les migrations concernent 3,5% de la population mondiale (2,9 % en 1990), ce sont les ressortissants des pays à revenu intermédiaire qui migrent vers les pays riches et peu ceux des pays les plus pauvres, les trois quart des migrations africaines restent sur le continent, et 16% seulement sont recensées en Europe. La France arrive à la 17e place des pays européens pour l’accueil des migrants, ramenée à sa population totale et au 27e rang pour le taux d’acceptation des demandes d’asile (25%). On est très loin de la vague migratoire et pourtant en catimini le grand débat voulu par le président de la République relance à nouveau la question. Encore une fois, une manière d’éviter la question centrale du changement du modèle social et économique qui nous entraîne vers la catastrophe sociétale et climatique.

 

18. janv., 2018

Immigration et asile

Migrants : « M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! »

Richard Yung , 17 janvier 2018

Vous trouverez ci-après une lettre ouverte de plusieurs personnalités du monde économique et social sur la politique d’immigration et d’asile du Gouvernement.

Ces personnalités ont en commun d’avoir soutenu l’élection et la politique d’Emmanuel Macron.

Je dois dire que je me sens proche des positions exprimées dans cette lettre ouverte.

Par Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova), Jean Pisani-Ferry (professeur à Sciences Po), Jean-François Rial (PDG du groupe Voyageurs du monde) et Lionel Zinsou (président de Terra Nova).

Monsieur le Président de la République, de votre projet, nous avions retenu que nous aurions une politique de l’asile stricte, mais exemplaire : que sous votre autorité la France veillerait à ce que le droit d’asile ne soit pas détourné de son objet, et que, dans le même temps, elle accorderait sa protection à celles et ceux qui sont légitimes à la demander.

Les Français pour qui la protection des persécutés ne fait qu’un avec la vocation historique de notre pays pensaient trouver là un motif de fierté. Ils accueillirent donc avec joie votre profession de foi « universaliste » à Orléans le 27 juillet 2017. Ils saluèrent votre promesse d’une France où plus personne ne dormirait « dans la rue, dans les bois » et où l’on ne chercherait plus à dissuader quiconque d’exercer son droit à la protection. Comme ils avaient salué, quelques mois plus tôt, votre coup de chapeau à l’Allemagne de Madame Merkel qui, disiez-vous alors, avait sauvé la « dignité collective » de l’Europe en accueillant plus d’un million de réfugiés. Enfin, ils approuvèrent votre souci de raccourcir les délais de procédure des demandes d’asile. Bref, à leurs yeux comme aux nôtres, et dans une assez grande diversité de sensibilités, votre présidence se plaçait sous les auspices d’un humanisme responsable et assumé.

« Mépris du principe d’accueil inconditionnel »

Nous nous sommes hélas réveillés dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants à Calais. Où l’on lacère leurs toiles de tente à Paris. Où l’on peut se perdre, pieds et mains gelés, sur les pentes enneigées de la frontière franco-italienne. Où des circulaires cherchent à organiser le recensement administratif dans les centres d’hébergement d’urgence, au risque de décrédibiliser le travail des associations et au mépris du principe d’accueil inconditionnel qui devrait seul régir ces sanctuaires. Où des projets de loi permettront bientôt de priver de liberté pendant 90 jours des femmes et des hommes dont beaucoup n’ont fait l’objet d’aucune mesure d’éloignement du territoire. C’est ainsi que des Erythréens, des Soudanais ou des Syriens, humiliés dans leur pays, torturés en Libye, exploités par des passeurs criminels, terrorisés en Méditerranée et entrés en Europe par la Grèce ou l’Italie, pourraient bientôt être privés de liberté en France.

Que se passe-t-il donc ? Tout porte à croire que les artisans de ces initiatives suivent un raisonnement d’une glaçante simplicité : puisque vous leur avez fait obligation d’appliquer le droit d’asile à 100 %, ils n’ont de cesse de faire baisser la demande en cherchant à dissuader les candidats de venir sur notre sol, voire en les éloignant avant même qu’ils aient pu tenter de faire valoir leurs droits. Pour cela, les moyens ne manquent pas. Ainsi du désormais fameux « règlement de Dublin » qui dispose qu’à l’exception de certaines situations familiales, c’est le pays d’entrée dans l’Union européenne qui a la responsabilité d’examiner les demandes d’asile. En vertu de ce texte qui était resté longtemps sans véritable application, un réfugié du Darfour entré en Europe par l’Italie sans y avoir demandé l’asile, devrait y être rapidement reconduit.

A ce compte-là, il n’y aurait plus de problème, puisque l’écrasante majorité des demandeurs d’asile ne sont pas entrés en Europe par notre pays. Donc, 100 %, oui, mais de pas grand-chose si possible. Le malheur et la guerre grondent aux portes de notre continent, mais nous laisserions ainsi aux Italiens, aux Grecs et aux Espagnols qui n’en ont bien souvent ni les moyens ni le désir, le soin d’être les gardiens exclusifs de nos proclamations d’hospitalité.

Cette logique et les mesures réglementaires qui l’accompagnent ont leur cohérence. Mais nous ne pouvons nous y retrouver, pour au moins deux raisons. La première est qu’elle a de fortes chances de ne pas atteindre ses fins. Si demain des « équipes mobiles » font irruption dans les centres d’hébergement d’urgence pour y recenser les migrants illégaux et autres « dublinés », ils sèmeront le désordre que vous souhaitiez précisément combattre. Car une bonne partie des intéressés iront alors vivre dans les bois et dans les rues, formant de nouveaux campements de fortune sur la voie publique, indisposant les riverains, révoltant les élus, etc. C’est là un bien mauvais calcul.

Pour « une politique commune de l’asile » en Europe

La seconde est que cette logique est en rupture avec l’humanisme que vous prônez. Pire, elle sème dans les esprits le poison du doute : après les centres d’hébergement d’urgence, les forces de l’ordre visiteront-elles demain les hôpitaux, les dispensaires, les écoles… sans se soucier du secret professionnel et de la déontologie des acteurs de terrain ? Telles sont les questions que se posent aujourd’hui des milliers de travailleurs sociaux et des centaines d’associations dont vous aurez besoin demain, parce qu’ils sont bien souvent le dernier rempart contre le malheur et le dénuement, d’où qu’ils viennent.

Pour être fidèle à la lettre comme à l’esprit de votre projet, il importe donc de mettre un terme à ces doutes et de convaincre chacune et chacun que l’exécutif n’a pas un double langage : celui des tribunes et celui de la nuit, celui des professions de foi et celui des intimidations, celui de la générosité publique et celui du zèle bureaucratique. La recherche de l’équilibre est vertueuse, mais on ne peut pas en même temps vouloir et refuser, promettre et dissuader. On peut appliquer les critères de l’asile avec rigueur et promptitude, et le dire, mais on ne peut porter un réel effort d’accueil en offrant simultanément tous les signes du rejet.

Si l’on veut véritablement protéger les persécutés parce qu’ils y ont droit, où qu’ils se trouvent, il convient de se partager cette mission avec ceux des pays européens qui se reconnaissent dans ces valeurs. Dublin a été conçu pour un monde qui n’existe pas ou qui n’existe plus, celui de demandes beaucoup moins nombreuses et géographiquement beaucoup moins concentrées. Face au grand vent de la crise migratoire, il faut bâtir avec ceux de nos partenaires qui y sont prêts un nouvel accord aux termes duquel un office européen des réfugiés accorderait ou refuserait l’asile, à la seule lumière du droit et en toute indépendance, puis répartirait équitablement les réfugiés entre les différents pays participants. Cette politique commune de l’asile, vous en aviez puissamment dessiné les contours durant la campagne, notamment dans votre discours de Berlin en janvier 2017.

Et en attendant qu’un tel cadre soit mis sur pied, il faut s’efforcer d’« être à la hauteur de nos idéaux », pour reprendre vos propres mots. Toute autre voie viendrait ajouter sa pierre au mur d’indifférence morale qui grandit un peu partout sur notre continent.

 

14. juil., 2017

Quand aujourd'hui dans le Pas-de-Calais, on s'aperçoit que beaucoup de députés sont Front National, cela veut dire qu'il y un vrai problème et que c'est ressenti très fortement par la population. Moi je veux que cela cesse", a affirmé le ministre ,Gerard Collomb. Raison pour empêcher les « jungles » par tous les moyens, en particulier contre les droits de l’homme, contre le principe même d’humanité: il ferait mieux de se mettre au travail avec les anglais pour essayer de résoudre le problème de manière politique et non policière.

Le problème est qu’il veut mettre cet état de fait sur le dos des migrants! Alors que toutes les études sociologiques montrent que c’est du à l’abandon des citoyens de ces régions sinistrées part manque d'emploi . "Le vrai problème est d'essayer de faire en sorte que ces routes de passeurs puissent être coupées. Qu'on n'ait pas en Europe des flux d'immigration qui ne sont plus des demandeurs d'asile mais de l'immigration économique que l'on n'arrive plus à gérer", a-t-il estimé, soulignant la nécessité de passer des accords avec des pays africains "pour faire cesser le flux de migrants ».

Cette immigration économique n’est que le fruit de nos politiques ultra-libérales envers des régimes corrompus, où la politique consiste à être du coté du plus fort, en général le plus voleur, histoire aussi de récupérer les aides par et pour nos entreprises (Bolloré ,…): les migrants dits économiques devraient être considérés comme des réfugiés politiques, qui ne peuvent vivre dans leur propre pays et sont obligés par leur situation de partir au péril de leur vie.

Dans quel monde vivons nous que nous cautionnons lorsque nous achetons des vêtements ou appareil électroniques fabriqués par des travailleurs payés au lance-pierre tandis que leurs dirigeants profitent de leur position usurpée le plus souvent lors d’élections truquées, et adoubées par nos gouvernants (Congo et Sassou Ngesso, Gabon et Ali Bongo, Kazasthan et Nazarbayev, les exemples ne manquent pas de nos compromissions).


Un militant socialiste

29. juin, 2017

 

Claire Digiacomi

Le Huffington Post17 juin 2017

Omar Sy et Christine and the Queens signent une lettre ouverte à Macron pour "faire cesser les violences envers les migrants"

IMMIGRATION - "M. le Président, faites cesser ces violences envers les migrants!" Plusieurs personnalités, de Benoît Hamon à Omar Sy, ont signé vendredi 17 juin une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour demander la fin des violences contre les migrants à Calais.

La lettre est également signée par la chanteuse Christine and the Queens, les réalisateurs Laurent Cantet et Céline Sciamma, les députés européens Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon ou encore les dirigeants de la LDH, Malik Salemkour, et de Médecins du Monde, Françoise Sivignon.

Depuis le démantèlement de la "Jungle" de Calais fin octobre 2016, les associations s'emploient à apporter aux quelque 600 migrants sur place "ce qu'il y a de plus élémentaire: de l'eau et de la nourriture", ajoute la lettre publiée sur le Bondy Blog.

"Voilà deux semaines que les autorités rendent cette tâche difficile", et que "des officiers de police interdisent à des migrants de se rendre à une distribution de vivres", ajoutent les signataires, en s'interrogeant: "Qui donne ces ordres? Est-ce faire honneur aux policiers que de les assigner à des tâches si inhumaines?"

Les associations "livrées à elles-mêmes"

La lettre reprend largement le constat du Défenseur des droits Jacques Toubon qui s'était inquiété mercredi d'"atteintes aux droits fondamentaux" des migrants à Calais "d'une exceptionnelle et inédite gravité", et avait dénoncé "des conditions de vie inhumaines" et une "sorte de traque".

"Vous avez le pouvoir d'agir afin que ces pressions cessent dans l'heure" et au delà "de mettre en place une politique migratoire digne", ajoute cette lettre, signée également par l'essayiste Raphaël Glucksmann et l'historien Benjamin Stora, l'écrivain Édouard Louis et le Syndicat de la magistrature.

De leur côté Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil ont appelé le gouvernement à "une prise en charge rapide" des demandeurs d'asile, dans une tribune au Monde publiée en ligne.

"L'élection d'Emmanuel Macron a fait naître une espérance pour la situation des réfugiés en France et en Europe: celle d'un accueil digne et enfin pleinement assumé de celles et ceux qui fuient les persécutions et les guerres", estiment l'ancien eurodéputé et le réalisateur.

Il est "indigne" de "laisser à l'abandon dans les rues de Nice, de Paris ou de Calais des hommes et des familles en espérant que cela en dissuadera d'autres de les rejoindre" et de laisser les associations "livrées à elles-mêmes ou au harcèlement de la police", estiment-ils.

Dans le sud, les mêmes blocages

Ils appellent le gouvernement, "comme première mesure d'urgence", à "mettre en place à Calais comme à La Roya (Alpes-Maritimes) des bus" qui conduiront les exilés "vers des lieux où ils pourront être hébergés et demander l'asile".

"L'accueil des réfugiés est une question de survie pour ces hommes, ces femmes et ces enfants persécutés", ajoutent-ils, estimant qu'"il y a urgence à faire vivre cette hospitalité".

Dans un entretien à l'AFP, Daniel Cohn-Bendit avait déjà dénoncé vendredi la situation de blocage "ubuesque" vécue par les migrants et les associations qui les aident dans la vallée de la Roya.

 

 

30. août, 2016

Point de vue

Il y a 20 ans en France

Politique de l’immigration en question

Depuis des années, la politique de l'immigration en France se décide, au cas par cas, dans les bureaux des préfectures. On accorde, à la tête du client, un titre de séjour. On le refuse sans autre forme de procès. Lille ou Marseille, Bobigny ou Nantes : les préfectures n'appliquent pas de la même façon les lois de la République. Puisque nos frontières sont officiellement fermées à l'immigration, le pouvoir discrétionnaire de l'administration est la règle.

Mais le mythe de « l'immigration zéro », sur lequel repose tout notre arsenal répressif, a montré son inanité. Tous les spécialistes sérieux (comme Patrick Weil, par exemple, chercheur au CNRS) reconnaissent que la fermeture étanche des frontières est un leurre.

Après avoir régularisé la situation d'un certain nombre d'étrangers qui ont «une bonne insertion dans la société française », comme le propose le collège des médiateurs de Saint-Bernard, il faudra bien, un jour ou l'autre, revoir la loi et inventer un dispositif pour réguler un flux minimal, mais normal, d'immigration. Les sans-papiers de Saint-Bernard ont eu le mérite de poser la question.

Certaines voix, à droite comme à gauche, le contestent : rouvrir le débat sur l'immigration, changer la loi, tout cela ferait le jeu de Le Pen. Ce à quoi on peut répondre : ce n'est pas en appliquant tout ou partie du programme du Front national qu'on fera reculer Jean-Marie Le Pen.

La France, épinglée récemment dans un rapport de la Fédération étrangers a-t-elle définitivement renoncé à être une terre d'accueil ? On internationale des droits de l'homme pour son non-respect des droits des pourrait le croire. Mais, la semaine dernière, des milliers de manifestants défilaient dans les rues de Paris en scandant « Français-immigrés ! Solidarité ! ». On n'avait pas entendu pareille exhortation depuis longtemps. Qui en aurait fait le pari, il y a seulement six mois ?

tiré de http://www.telerama.fr/monde/il-y-a-vingt-ans-dans-telerama-la-lecon-des-sans-papiers-de-l-eglise-saint-bernard,146497.php#xtor=EPR-126-newsletter_tra-20160825