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10. déc., 2019

Des anti- « Black Friday » bloquaient des entrepôts d’Amazon

Les militants entendent dénoncer l’impact de la surconsommation sur le climat, au lendemain du « Black Friday » et d’initiatives du même ordre en France.

Le Monde avec AFP Publié samedi 30 novembre 2019

Temps de Lecture 2 min.

Le « Black Friday », un « vendredi noir » pour l’environnement ? C’est ce que défendent les associations de défense de l’environnement et les altermondialistes qui bloquaient samedi 30 novembre au matin un entrepôt d’Amazon dans le sud de Montélimar (Drôme) et deux centres commerciaux à Besançon et Nantes avant d’être évacués.

Depuis 8 h 30, explique Raphaël Pradeau d’Attac, 160 militants de cette organisation altermondialiste, « de Solidaires, d’ANV-COP21, d’Extinction Rebellion (XR) et de Jeunes pour le climat ont déversé de la terre et des cartons symbolisant les activités d’Amazon et mis en place une chaîne humaine » devant les trois entrées et sorties de la plate-forme du géant mondial du commerce en ligne. « Des syndicalistes de la CGT d’Amazon et une cinquantaine de “gilets jaunes” nous ont rejoints », a-t-il ajouté.

Levée des blocages

Les militants ont quitté dans le calme en début d’après-midi l’entrepôt d’Amazon dans la Drôme, avant l’intervention des forces de l’ordre. Ils ont « promis une prochaine action dans le Gard, à Fournès, où doit être implantée une plate-forme » du grand groupe américain, a précisé M. Pradeau.

A Besançon, environ 200 militants d’ANV-COP21 et Extinction Rebellion (XR) ont bloqué pendant plus de deux heures, avec des chariots, les entrées d’un centre commercial. Des commerçants, en colère, ont bousculé et insulté des activistes. « Laissez-nous travailler ! », a crié un commerçant. « On comprend les commerçants, ça nous fait mal au cœur, ils payent leur emplacement. Mais on est obligés de se mobiliser pour tout le monde », a expliqué Line Ruelle, militante d’ANV-COP21.

« Toute la planète est concernée par les dégâts environnementaux, sociaux et le manque d’action des gouvernements », a-t-elle ajouté. Les manifestants ont levé le blocage peu après midi et le centre commercial, qui avait fermé ses portes, a pu rouvrir, a annoncé la préfecture du Doubs. Le blocage d’un centre commercial à Nantes samedi matin par environ 200 altermondialistes a aussi été levé. Dès midi, les clients pouvaient y accéder en passant par les parkings. Dans la matinée, des salariés, bloqués à l’extérieur, n’avaient pas pu rejoindre leur poste de travail.

A l’occasion du « Black Friday », transformé à l’appel des protestataires en « Vendredi noir », Amazon avait déjà été la cible vendredi de plusieurs actions près de Paris et Lyon, ainsi que dans le Nord, pour dénoncer « la surconsommation, les conditions de travail » dans les entrepôts du groupe américain et « l’évasion fiscale pratiquée massivement par la multinationale », selon Attac.

 « Nous permettons de donner du pouvoir d’achat aux Français »

A la suite de ces actions, le patron d’Amazon France, Frédéric Duval, a défendu l’entreprise américaine dans une interview au Parisien,assurant que « l’e-commerce est une chance pour la France ». Surconsommation ? « Non, il s’agit de consommation. Nous permettons de donner du pouvoir d’achat aux Français. Si j’ai bien compris, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’en félicite », poursuit-il.

Par ailleurs, ajoute M. Duval, « Amazon paie ses impôts en France mais le montant fait partie du secret fiscal ». Concernant l’impact des activités du grand groupe américain sur l’environnement, « Amazon, assure-t-il, est la seule entreprise au monde à avoir pris l’engagement d’atteindre les objectifs des accords sur le climat de Paris pour 2050, dès 2040. »

Pour Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat à l’économie, « chaque Français a le pouvoir, dans sa manière de consommer, de changer les règles du jeu, de consommer plus responsable, de consommer plus durable, et de consommer (…) français ». « Les gens sont grands, ce sont des adultes, c’est à eux de maîtriser leur consommation, et “Black Friday” ou pas “Black Friday”, il y aura toujours des promotions sur des produits », a-t-elle affirmé samedi au micro d’Europe 1.

 

7. oct., 2019

Si vous voulez visionner l' article intitulé : "40 % des espèces d' arbres menacées d'extinction en Europe "; cliquer ici .

4. oct., 2019

L'écoféminisme

28/09/2019

Avec l'écoféminisme, l'avenir des femmes et de la planète n'a jamais été aussi lié. Né dans les années 70-80 aux États-Unis, ce mouvement encore méconnu qui lie les luttes pour les droits des femmes et contre le réchauffement climatique, doit se faire entendre.

Par Marine Le Breton

ÉCOLOGIE - Quel est le point commun entre la lutte contre le réchauffement climatique et celle pour les droits des femmes? L’écoféminisme. Encore méconnu en France, ce mouvement mérite pourtant d’être mis en lumière, d’autant plus que, le dernier rapport du Giec sur les océans le montre, tout s’accélère et que Greta Thunberg a bien des raisons d’être en colère

Si la jeune suédoise n’a d’ailleurs pas employé elle-même ce concept, elle a toutefois avancé, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars dernier, l’existence d’un lien profond entre le féminisme et l’écologie. 

“Plus je lis sur la crise du climat, plus je réalise à quel point le féminisme est crucial”, avait-elle écrit sur Twitter. “Nous ne pouvons pas vivre dans un monde durable sans égalité entre les genres et les personnes.”

L’écoféminisme est plus un mouvement de pensée qu’un courant pratique. Ce n’est pas tant des solutions à la crise environnementale qu’il offre, que la possibilité de repenser la manière dont certains grands problèmes dans ce monde sont plus liés qu’on ne le croit, et d’affirmer que les femmes ont un grand rôle à jouer dans la lutte pour le climat.

Qu’est-ce que l’écoféminisme ?

C’est une écrivaine française, Françoise d’Eaubonne, qui la première a introduit ce terme de “féminisme écologique” en 1974 pour “attirer l’attention sur le potentiel des femmes à mener une révolution écologique”, note l’encyclopédie de l’université de Stanford. Ce concept, à l’origine, devait permettre “d’explorer la nature des connexions entre les dominations injustifiées sur les femmes et la nature” et, plus généralement, montrer que le patriarcat et le capitalisme oppressent tout autant la nature que les femmes.

“La thèse fondamentale de l’écoféminisme, c’est de soutenir qu’il y a des liens indissociables entre domination des femmes et domination de la nature, ou entre capitalisme écocide et patriarcat. Que ce sont les deux facettes de la même médaille, du même modèle de civilisation qui s’est imposé historiquement”, explique auprès de Slate la professeure de philosophie spécialiste du sujet Jeanne Burgart Goutal. 

Comment ce mouvement est-il né ?

Si le concept vient d’un esprit français, le mouvement, lui, est né aux États-Unis et au Royaume-Uni dans les années 70-80 avec notamment la menace d’une guerre nucléaire.

L’Amérique de la fin des années 70 est agitée par plusieurs mouvements sociaux et c’est dans ce contexte que naît une convergence des luttes entre les féministes et ceux chez qui émerge une conscience environnementale.

“Des femmes impliquées dans le mouvement féministe et qui étaient liées à d’autres militantismes, le pacifisme, le mouvement anti-nucléaire, se mobilisent à l’occasion de catastrophes nucléaires ou de scandales sanitaires liés à l’environnement, et créent les premiers groupes écoféministes, comme Women and life on Earth”, souligne Jeanne Burgart Goutal, cette fois pour Usbek & Rica.

En 1980, une action clé de ce courant pacifiste, antinucléaire, féministe, voit le jour quand 2000 femmes entourent le Pentagone et s’enchaînent à ces grilles. Certaines, déguisées en sorcières, s’amusaient même à jeter des sorts.

Quel est le rapport entre climat et droits des femmes ?

L’un des concepts forts de l’écoféminisme est celui du “reclaim”, qu’on peut définir comme un mouvement de réinvention et réappropriation. Il caractérise à la fois une réinvention de l’histoire, de la nature, et à la fois une réhabilitation de ce qui est habituellement caractérisée de “féminin” et qui a longtemps été associé uniquement aux femmes.

Il faut savoir, avant toutes choses, que globalement, les femmes sont plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique que les hommes. “Sécheresses, désertification, inondations sont aussi autant de menaces sur les activités agricoles dont les femmes ont majoritairement la charge, alors même qu’elles produisent dans certains pays jusqu’à 80 % de l’alimentation. Quand une catastrophe naturelle frappe une région, le risque de décès est 14 fois plus élevé pour les femmes”, selon l’ONU.

Le reclaim, c’est donc d’une part se réapproprier la place des femmes dans le monde. Interviewée par Télérama, La philosophe Émilie Hache, qui a publié un recueil de textes du même nom, explique que ce concept signifie à la fois “réhabiliter, se réapproprier, réinventer. Il y a une volonté, un besoin de reconstituer et de se réapproprier notre histoire volée. Les écoféministes se demandent ce qui s’est passé pour qu’on en arrive là (...) Ces femmes font le lien entre la destruction du monde sensible et la violence faite aux femmes causées par le capitalisme.”

Mais le reclaim de l’écoféminisme, c’est aussi la tentative de se réapproprier des activités qualifiées de féminines et bien trop souvent dénigrées, comme le soin apporté aux enfants, au corps, à l’alimentation, le rapport aux plantes ou à la sensibilité. “Elles disaient que ces activités étaient des activités humaines importantes, qui avaient été assignées aux femmes et dénigrées, mais devaient être permises à tous et toutes”, avance Jeanne Burgart Goutal pour Slate.

Ce pan de l’écoféminisme a été loin de plaire à toutes, certaines féministes souhaitant au contraire s’extraire d’un tel lien avec la nature et notamment avec la capacité à enfanter, qui seule ne les définit pas. C’est l’une des raisons pour lesquelles, dans les années 80, l’écoféminisme n’a pas pris en France.

Quels problèmes pose cette association entre féminisme et écologie ?  

Faire reposer l’avenir de la planète sur les épaules des femmes, n’est-ce pas alourdir leur charge mentale? La journaliste Nora Bouazzouni, autrice de Faiminisme, s’interroge sur Slate sur la compatibilité entre féminisme et écologie.

Elle rappelle qu’en plus d’être les premières victimes du réchauffement climatique, elles sont aussi celles qui, au sein des foyers, ont le plus de charge mentale. Une charge mentale à laquelle s’ajoute, de par la conscience écologique, une “charge morale”.

“Décrypter les étiquettes, faire la chasse aux ingrédients problématiques ou dangereux dans les produits d’hygiène, alimentaires et ménagers, finir par fabriquer de guerre lasse son propre déo et son nettoyant multi-usages, faire ses courses dans trois endroits différents, coudre ou chiner ses vêtements, parcourir le web à la recherche de recettes et astuces de grand-mère, préparer des vacances zéro carbone…Tout ça représente un surcroît de travail dévolu, encore une fois, aux femmes, des activités chronophages et épuisantes mentalement et physiquement, mais exécutés au nom des générations futures”, écrit-elle entre autres.

Si les femmes doivent sauver la planète, il faudrait alors les inclure dans les “institutions politiques et économiques”, pour qu’elles ne soient pas à nouveau reléguées uniquement au “soin” (du foyer, de la famille).

La question reste de savoir ce que peut faire l’écoféminisme pour sauver le monde. Sur le plan théorique, peut-être pas grand chose, mais selon Jeanne Burgart Goutal, il a au moins le mérite de rappeler que le politique, c’est aussi “inventer un possible à partir d’une situation où plus rien ne paraît possible”.  

 

12. août, 2019

Français de l’étranger.fr

Changement climatique : un nouveau rapport du GIEC alarmiste

Publié le 11 août 2019 Par Nathalie Laville

Le climat de Canberra à Paris, de Madrid à Londres, de Budapest à Stockholm en 2050, et ça c’est pour la version optimiste des chercheurs de l’université ETH-Zurich qui ont choisi de travailler sur des modèles où la hausse de la température moyenne du globe à 1,4°. Et le GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) lui vient tout juste de publier un rapport où il cherche à faire prendre conscience des enjeux du réchauffement climatique. En effet, les experts de l’ONU avertissent sur la surexploitation des ressources, qui menace la sécurité alimentaire, appauvrit la biodiversité et amplifie les émissions.
La France salue « ce rapport qui décrit les impacts du dérèglement climatique déjà observés sur les écosystèmes terrestres naturels et la façon dont le changement climatique va continuer à amplifier les pressions actuelles, aggravant les ravages sur la végétation et la perte de biodiversité, étendant les dommages causés par les incendies, accélérant la dégradation des terres, exacerbant l’érosion des sols, les pénuries d’eau et les menaces sur la sécurité alimentaire. »
Pour Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, « ce nouveau rapport du GIEC porte un message puissant. La hausse des températures sur les terres émergées est bien plus rapide que celle de la température moyenne mondiale avec des impacts très forts qui bouleversent les écosystèmes, la biodiversité et la sécurité, non seulement alimentaire mais également mondiale. Dans le prolongement du rapport sur un réchauffement mondial de 1,5°C, adopté en octobre dernier, ce travail des scientifiques constitue un nouvel appel urgent à l’action individuelle et collective pour prendre à bras-le-corps la crise du climat et de la biodiversité. Il souligne la pertinence des solutions fondées sur la nature pour mener ces combats. Il éclairera les décisions prises à l’occasion des prochaines grandes échéances internationales, la COP14 sur la désertification en Inde en septembre 2019, le sommet des Nations unies sur l’Action climatique le 23 septembre, la COP25 sur le climat au Chili en décembre 2019 et la COP15 sur la biodiversité en Chine fin 2020. »

 

15. janv., 2019

 

Climat : «Quand les gouvernants nous font défaut, nous nous rebellons»

Aude Massiot , le 08/01/2019

Né en octobre en Grande-Bretagne, le mouvement citoyen «Extinction Rebellion» revendique une nouvelle façon de lutter pour la protection de la planète et, fort de son succès, émerge dans d'autres pays.

Tous les jours, retrouvez le fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Aujourd’hui, c’est la règle de trois : trois questions à un scientifique ou un activiste pour décrypter les enjeux environnementaux.

On pourrait les croire inspirer de la Guerre des étoiles. Avec leur slogan «Rebel for life» («rebellez-vous pour la vie») le mouvement écocitoyen Extinction Rebellion, lancé officiellement le 31 octobre en Grande-Bretagne, a rapidement fait des dizaines de milliers d’adeptes sur les réseaux sociaux. Rencontrée lors de la COP 24 en décembre, Alice Henries, 32 ans, une des porte-parole, tente d’expliquer les raisons de ce succès.

Quelle est l’originalité de votre mouvement environnementaliste ?

C’est un soulèvement de désobéissance civile non-violent mené par des citoyens comme vous et moi, qui ne dépendent pas de grandes ONG. Nous sommes entrés en rébellion contre le gouvernement britannique pour son inaction criminelle face au changement climatique. En quelques mois, nous avons vu une hausse énorme des sympathisants. Près de 100 000 personnes nous suivent sur les réseaux sociaux. Il y a un vrai appétit pour l’énergie que nous déployons.

Ce qui plaît c’est que nous ne voulons pas agir de la façon dont le système nous le permet. Nous ne faisons pas signer des pétitions, on a fait ça pendant des décennies. On utilise des actions directes créatives pour ébranler les autorités. Extinction Rebellion n’est qu’une partie de ce mouvement de désobéissance qui s’étend à travers la planète. On le voit avec la grève des enfants lancée par la jeune Greta Thunberg en Suède. C’est une énergie incontrôlable. Ce soulèvement est inévitable avec un tel manque de leadership du haut vers le bas. Quand les gouvernants nous font défaut, nous nous rebellons.

Votre mouvement est-il basé sur la perspective d’un possible futur effondrement des équilibres écosystémiques et climatiques ?

Oui, une de nos principales demandes aux décideurs est la vérité. Une discussion continue doit être ouverte à travers la société, entre les gouvernants, les citoyens et le secteur privé pour donner à voir la réalité de la crise écologique. Il est encore temps d’échapper à l’effondrement et nous devons forcer les gouvernements à nous protéger car ils ne le font pas pour l’instant. Nous connaissons les dangers du dérèglement climatique. Seulement, c’est difficile d’appréhender les souffrances provoquées à travers des chiffres, des rapports. Nous faisons face à une crise existentielle avec cette sixième extinction de masse causée par l’humanité. Nous avons besoin de ressentir ce que cela signifie et d’entrer dans une période de deuil pour qu’en émergent des actions.

Est-ce que vous avez des demandes spécifiques envers le gouvernement britannique ?

La rébellion exige premièrement qu’on nous dise la vérité, et, deuxièmement, qu’on atteigne zéro émission de gaz à effet de serre d’ici 2025. Personne, pour l’instant, ne vise une telle ambition mais c’est ce dont nous avons besoin. De manière urgente. En parallèle, nous créons des assemblées citoyennes dont les débats doivent servir à établir quels systèmes nous voulons pour remplacer l’actuel qui a failli. Ce ne sont pas des demandes simples comme veulent les ONG. Ce dont on a besoin est beaucoup plus vaste que ce que disent les gens publiquement. On veut une révolution systémique. Et c’est extraordinaire de voir l’appétence pour ce message. Depuis le 31 octobre, des groupes dans 35 pays ont déclaré vouloir créer des branches d’Extinction Rebellion, dont la France.