Blog

8. nov., 2017

En Guyane, Macron assure que les engagements de l’Etat seront tenus

Le président de la République, en visite dans le département et la région française d’outre-mer, a annoncé également un renforcement des moyens de sécurité.

Le Monde.fr avec AFP | 27.10.2017 à 15h30 • Mis à jour le 28.10.2017

En déplacement en Guyane depuis jeudi, Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 27 octobre, à Cayenne, que l’augmentation des moyens de la sécurité prévue dans la collectivité d’outre-mer serait « accélérée », et que le déploiement des renforts à venir serait donc achevé « plus vite que prévu ».

M. Macron a précisé que « 90 gendarmes [seraient] déployés dès 2018 », et que « vingt-deux nouveaux [policiers et adjoints de sécurité supplémentaires] seraient affectés d’ici à février 2018 », en plus des « 84 » affectés « entre mai 2016 et septembre 2017 ».

 

Cette visite du président a lieu six mois après un important mouvement social, qui a paralysé ce département et région d’outre-mer. Emmanuel Macron a aussi assuré que « la parole de l’Etat » sur les engagements pris par le gouvernement précédent en faveur de la Guyane « serait tenue ».

« Réduire l’attractivité du territoire »

Pour dissuader l’immigration en Guyane, M. Macron a annoncé que l’Etat allait réduire à deux mois le versement de l’allocation versée aux demandeurs d’asile et conditionner à quinze ans de résidence sur le territoire l’accès au revenu de solidarité active (RSA), qui sera « démonétisé »« Les frontières de la Guyane ne sont pas des frontières naturelles, ce sont des axes de communication. La politique migratoire ne peut s’exercer dans les mêmes conditions que pour le reste du territoire national », a déclaré le chef de l’Etat devant la presse.

« La Guyane est aujourd’hui trop attractive pour les demandeurs d’asile qui ne sont pas en besoin manifeste de protection et qui vivent déjà dans des pays où s’appliquent des règles effectives de protection internationale », a-t-il ajouté, évoquant notamment le cas des Haïtiens, dont la demande d’asile a explosé ces derniers mois.

« On ne peut pas avoir une situation où on verse pendant douze mois, dix-huit, parfois vingt-quatre, mois l’allocation pour demandeurs d’asile qui est supérieure au salaire moyen dans l’ensemble des pays voisins. »

« Pour réduire l’attractivité du territoire, il faut aussi réviser l’accès à certaines prestations sociales », a également ajouté le président, précisant que l’Etat allait reprendre la gestion du RSA, qui était devenue « une charge pas soutenable » d’environ 150 millions d’euros en 2016 pour la collectivité territoriale de Guyane.

Des « violences inacceptables »

Le président de la République a également condamné les « violences inacceptables », en référence aux affrontements qui ont opposé dans la nuit de jeudi à vendredi à Cayenne des manifestants aux forces de l’ordre :

« Je ne me laisserai pas guider cet agenda de sécurité par celles et ceux qui créent eux-mêmes l’insécurité comme ils l’ont manifesté hier soir. [... ] La République ne cède pas aux gens qui sont en cagoule. »

 Lors de ces affrontements, cinq personnes ont été interpellées, a précisé le procureur Eric Vaillant. Un gendarme mobile et un policier ont été légèrement blessés. Pendant plusieurs heures, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes destinés au départ à disperser un rassemblement devant la préfecture de la Guyane de manifestants du collectif Pou Lagwiyann dékolé (« Pour que la Guyane décolle »).

De leur côté, des jeunes gens, souvent cagoulés, ont lancé des cocktails Molotov et des projectiles, notamment aux abords du commissariat. Des poubelles ont également été incendiées.

 

7. nov., 2017

En Guyane, Macron donne une petite leçon sur le cannabis

L'Express le 28/10/2017

En visite dans un quartier sensible, le chef de l'État a senti des odeurs de cannabis et a averti: "ça ne va pas vous aider à bien travailler à l'école.

© REUTERS/Ronan Lietar Photo d'illustration: Emmanuel Macron en visite dans le quartier de Cogneau Lamirande, à Matoury en Guyane, le 27 octobre 2017.

"Il y en a qui ne fument pas que des cigarettes". En pleine visite en Guyane, Emmanuel Macron a effectué vendredi soir une visite surprise dans deux quartiers sensibles de Cayenne et sa périphérie.

Alors qu'il posait pour une photo de groupe dans le quartier de la Crique, filmé en direct par le compte Facebook de l'Elysée, le chef de l'État s'est exclamé: "Il y en a parmi vous qui ne fument pas que des cigarettes". Avant de poursuivre: "J'ai encore du nez". Devant des éclats de rires, Emmanuel Macron a repris sur un ton plus grave: "Ca ne va pas vous aider à bien travailler à l'école, vous voyez ce que je veux dire." Et de conclure: "Il faut le dire aux plus jeunes!"

"Se confronter à la réalité du terrain"

Le président souhaitait "se confronter à la réalité du terrain", dans des quartiers où vivent une majorité de clandestins. Au Rond-Point des 100 boîtes aux lettres, dans le quartier de Cogneau Lamirande, à Matoury, le chef de l'Etat a créé la surprise en se présentant à plusieurs dizaines de jeunes, rassemblés sur le bord de la route.

Accompagné de la maire de Cayenne Marie-Laure Phinera-Horth, le président de la République a ensuite arpenté La Crique, un quartier dont la réputation de dangerosité n'est plus à faire. "C'est là qu'il y a des problèmes de drogue, c'est un quartier chaud. Il y a des dealers, du trafic de stupéfiants, de la prostitution", a expliqué l'élue.

 

3. nov., 2017

Après avoir refusé de le rencontrer, les maires de Guyane obtiennent une réunion de travail avec Emmanuel Macron

Publié à 06h33, le 26 octobre 2017

 

sylvain.chazot@europe1.fr

Emmanuel Macron arrive ce jeudi 26 octobre en Guyane. L'occasion pour le chef de l'État de vérifier par ses propres yeux que non, cette région d'outre-mer n'est pas une île. Le Président pourra également entendre les revendications des locaux, mobilisés notamment à Cayenne mercredi soir pour obtenir l'application des accords signés après le mouvement social qui a paralysé le territoire au printemps.

Emmanuel Macron n'aura en revanche pas l'occasion d'écouter les mots des maires guyanais. Mercredi, le président de l'Association des maires de Guyane David Riché a écrit au chef de l'État pour lui signifier son refus de : 1) l'accueillir à l'aéroport et 2) de participer au dîner républicain organisé durant la visite. Un refus qui n'a rien à voir avec cette note de l'Élysée conseillant aux journalistes accompagnant Emmanuel Macron en Guyane de ne pas boire l'eau du robinet, notamment, et qui avait déjà profondément irrité les élus locaux

Dans sa lettre diffusée sur Twitter par le journaliste de Radio Péyi Guyane Nicolas Mézil, David Riché écrit :

Je suis le représentant des maires de Guyane et, à ce titre, je ne peux que déplorer l'absence d'un temps de rencontre entre vous et tous les élus guyanais au cours de votre séjour sur notre territoire.

Et le président de l'Association des maires de Guyane de préciser que les élus auraient vraiment apprécié, "compte tenu de la mobilisation sociale des mois de mars et d'avril derniers et des problématiques inhérentes" au territoire, de pouvoir s'entretenir avec le Président afin de parler de l'Accord de Guyane, notamment, ou encore de la suppression des contrats aidés et de ses conséquences sur la région.

Mais bon, comme ce n'est pas le cas, il n'y aura pas de rencontre. Et pas de rencontre… pas de rencontre.

[EDIT 17h30]

Selon l'AFP, l'Elysée a fait savoir que les maires de Guyane ont toutefois obtenu une réunion de travail avec Emmanuel Macron. Sur BFMTV, le journaliste Jérémy Trottin a annoncé que ces maires allaient finalement être reçus ce jeudi soir par le Président.