Convention 2017

26. déc., 2017

Chers tous,

 La convention fédérale vient de s'achever. La soixantaine de militant(e)s présents repartent avec le sourire. Le PS est vivant. Et au travail.

 La FFE est rassemblée : le rapport d'activité a été adopté à l'unanimité. 

Le rapport financier, adopté unanimement également, montre une situation saine. Nous avons été prudents dans la depense. Nos réserves financières nous permettront de faire face pour l'avenir.

 Nous sommes dans l'opposition à Emmanuel Macron. Sans sectarisme. Mais fermement campé sur nos valeurs. Nous ne dresserons pas de pilori à la FFE pour les militants qui ont choisi avec sincèrité de voter Macron au 2 tours. Car nous souhaitons les ramener vers nous alors que leur déception devant la politique menée est manifeste.

 Nous combattrons les projets du gouvernement marqués pour l'heure par les coupes budgétaires aveugles et une politique qui penche dangereusement à droite. 

 Le PS va se reconstruire. La feuille de route du national nous propose de participer à sa refondation. Avec un vote dès le 28 septembre pour choisir les bases de cette refondation et un congrès probablement en février 2018.

 Nous sommes fermes sur nos valeurs. L'atelier sur les réfugiés marque notre ouverture aux autres, à la solidarité nécessaire entre les peuples. Nous sommes cosmopolites. L'atelier sur le droit des femmes et la parité nous incite à réfléchir sur nos pratiques pour modifier nos comportements et être encore plus vertueux. Nous sommes féministes. 

 Nous sommes aussi des européens de coeur. Même si l'Europe de demain peut avoir plusieurs visages. Les élections  de 2019 permettront à la famille sociale - démocrate de se rassembler et de se régénérer.

 La FFE est dans cette situation un laboratoire d'idées.  

 14 contributions militantes nous sont parvenues. Elles ont été présentées lors de l'atelier "brainstorming - Remue meninge" où pendant 3 heures nous avons élaboré un premier canevas pour une contribution collective qui sera versée aux travaux du national.

 Le national lui, avec Rachid Temal le numéro 2 du PS, nous a demandé de lui faire parvenir une contribution de chaque militant qui souhaiterait valoriser les bonnes pratiques des partis frères dans son pays. 

 Le président du groupe à l'assemblée nationale, Olivier Faure, compte sur nous pour faire remonter les informations internationales utiles et les sujets Français de l'étranger à porter par nos parlementaires lors de la discussion législative. 

 Je suis heureux que tous les travaux aient été retransmis par un Facebook live cette année.  C'est une première. Et cela correspondait au voeu de nombre d'entre vous de suivre à distance la Convention.

 Je remercie tous les militant(e)s présent(e)s. Des remerciements particuliers à Sandra Duval notre permanente pour son travail. Et à Frederic Desnard qui a assuré la prise d'image pendant 3 jours. 

 Fier de diriger cette Fédération. 

 

Amitiés socialistes

Boris Faure

1er secrétaire fédéral FFE PS 

 

PS : ci dessous l'intégralité de mon discours d'ouverture valant présentation du rapport d'activité. 

 

 Discours d'ouverture - Présentation rapport d'activité fédéral 2016/2017

 Rappelez vous du mot supposé attribué à Cambronne au soir crépusculaire du 18 Juin 1815 à Waterloo : "La garde meurt mais ne se rend pas".

2 mois après la plus terrible déroute électorale qu'ait connu le Parti socialiste, le dernier carré de la garde des militants est encore vivant, n'a pas rendu les armes devant le Marchisme triomphant, et fait face  dans l'adversité. Sans sombrer dans le romantisme électoral, ou le lyrisme Bonapartiste qui n’appartient pas à notre tradition politique, gageons cependant qu’en face de moi se tiennent les hussardes et les hussards de la Fédération, les grenadiers et les grenadières, tous ceux qui ont décidé de rester « toujours debout, toujours vivant », déterminés et combattifs.

D’autres ont été retenus par leurs obligations personnelles ou professionnelles et nous suivont sur les réseaux sociaux. la Fédération et ses militants sont encore bel et bien là, tout simplement. Nous ne sommes  qu’une structure légère, une structure de coordination, et je le dis sans démagogie mais sincèrement, la fédération c’est vous et elle n’existe que par vous. Merci à vous.

Je le sais vous avez tous en tête une multitude de questions qui, depuis ces derniers mois, ont peut être hanté vos jours, et même parfois vos nuits d’insomnies, sont revenus dans les conversations en famille, ou entre amis, et seront au cœur de ces 3 jours de débat et de réflexion

« Où en est le Parti socialiste aujourd’hui ? Faut il redéfinir le socialisme, rénover ou même refondre sa doctrine alors que le cycle ouvert à Epinay en 1971 semble s’achever? La crise de la social-démocratie au niveau européen est-elle le signe de la fin d’un cycle historique pour les formations qui, comme les nôtres, visent la régulation de l’économie de marché dans le cadre d’une démocratie sociale, tout en se fixant pour objectif impératif la lutte contre les inégalités et la précarité ? Quel bilan devont nous faire de ce quinquennat que les français ont, semble t il,  sanctionné dans les urnes, alors que nous avons la sentation pourtant de réalisations et réformes qui allaient dans le bon sens malgré les erreurs qui ont jalonné ces 5 ans ? Quel bilan de l’élection présidentielle et comment éviter, comme on l’a vu cet été hélas, le cortège des règlements de compte par presse interposée, comment éviter ce spectacle des divisions qui nous a tant fait de mal ces dernières années ? Quel est l’état réel de nos forces et combien de temps nous faudra il pour les reconstituer alors qu’en 2019 se tiendront les élections européennes ? Avec quelles formations alliées à gauche et selon quel projet mèneront nous les prochains combats électoraux et quelles seront nos relations avec le Mouvement du 1er Juillet, les écologistes et communistes ? Quelle attitude avoir face à la France insoumise ?

Enfin, Comment combattre les idées d’En Marche sans succomber à la tentation d’une opposition sectaire, mais aussi, comment éviter l’entre deux difficilement audible d’une opposition dite constructive ?

Alors, Serons nous demain les derniers des mohicans du socialisme ? Eteignant les feux uns à uns comme une tribu isolée destinée à être rayée de l'Histoire peu à peu ? Déciderons nous de nous fondre dans la comédie du "grand tout", "Et de Droite et  de gauche" en nous mettant nous aussi en route dans la grande marche libérale  en devenant, comme certains l'assument déja, une simple force d'appoint à une majorité composite ? Succomberons nous au chant des sirènes colériques du Mélenchonisme en faisant assaut de radicalité à notre tour ?

Ou ferons nous, au contraire, et à nouveau, du PS, le parti de l’imagination, des solutions économiquement viables et socialement justes, un parti réellement écologiste, pas seulement capable de penser un programme, mais d’inventer un nouveau projet de société mobilisateur et rassembleur ?

C’est de ce parti socialiste là dont je rêve, ce parti qui saura enfin parler aux classes populaires qu’il n’a jamais réellement convaincu durablement depuis plus de 30 ans, ce parti qui saura être exigeant sur la promotion de la parité, de la diversité, qui sera plus transparent dans son fonctionnement, plus démocratique et participatif, un parti qui puisera dans sa longue histoire le souffle et la volonté pour accélérer la transition écologique, penser une nouvelle relation au travail, de nouvelles formes de richesses collectives, en valorisant l’économie collaborative, l’économie du partage, de manière plus efficace…tout en faisant reculer durablement le chomage et en restaurant la confiance des français dans leur classe politique.

On le voit, il y a d'autres options que de sauter dans le gouffre en organisant notre suicide collectif, de se dénaturer en cherchant dans le social-libéralisme une planche de salut, et d’autres choix que de  trahir nos idéaux en se disant que l’horizon du socialisme dont Jaurès et Blum rêvait, n’avait absolument rien à voir avec la fusion dans l’idéologie d’En Marche.  

L'éthique de responsabilité oblige, face à la défaite, à s'interroger, faire preuve d'humilité individuelle et collective. Pas pour se jeter des cendres au visage ou régler des comptes mais plutôt pour faire notre introspection collective, tirer les leçons du passé et  imaginer à quoi devrait ressembler demain.

Nous devons le faire en tant que force d'opposition.

Le PS n'est pas représenté au gouvernement Philippe. Des individualités ont rejoint En Marche. Mais ce gouvernement et cette majorité ne sont pas la nôtre. Emmanuel Macron n'est pas socialiste, il l’a dit et répété, et son projet est un méli-mélo libéral matiné de quelques intentions humanistes, qui tardent cependant à se matérialiser, comme le prouve la politique du coup de menton sur le sujet des réfugiés. Qu’on croit, comme le président, qu’en Libye, des Hots spots gérés par des milices, permettront une régulation humaine et efficace de l’afflux de réfugié est une grave erreur d’appréciation. Penser que la France peut seule avancer sur ce type d’initiative, c’est sombrer dans le cavalier seul, qui est l’antithèse de la méthode d’action européenne. On se disait que nous aurions, peut être, des points de rencontre sur  le dossier européen avec Emmanuel Macron ; Je ne suis pas certain que la méthode soit la bonne pour convaincre nos partenaires, alors que, par exemple, sur le sujet des travailleurs détachés, nous étions en Juin proche d’un accord au Conseil pour réformer la fameuse directive de 1996 mais que les propositions maximalistes du Président semble éloigner la perspective de modifier ce texte symbolique.

Et que penser d’une politique voulue comme équilibrée au plan économique et social, mais qui prend aux bénéficiaires de l’APL pour financer la baisse de l’ISF, qui augmente la CSG pour tous et qui ne s’engage à ne baisser les cotisations salariales que pour certains et en tout cas plus tard ? Une politique du coups de rabot budgétaire aveugle, qui occulte que pour veiller aux équilibres budgétaires, l’amélioration de la conjoncture produit aussi des effets positifs en terme de rentrée fiscale et qu’il n’est peut être pas utile et juste de donner d’emblée un tour de vis brutal?

A  l'étranger, les annulations budgétaires ont retranché 42 milllions d'euros sur le budget de l'AEFE d'un trait de plume, on a affaibli « en même temps » comme dirait notre président, l'action consulaire par des baisses sans précédents décidées en catimini. on parachute un ami du président et on constitue une liste En Marche où nos ex amis socialistes font figure de faire valoir.

Aucun état d’âme : Nous avons été, avec Hélène Conway et l’équipe de coordination de la sénatoriale en première ligne pour dénoncer ces manoeuvres par nos tribunes relayées dans la presse et nous avons, dans notre projet fédéral de campagne, prouvé que nous avions, nous aussi, des idées, et que, loin d’être des socialistes énervés ou amers, nous sommes des socialistes qui proposent

En tant que socialistes, je suis persuadé que les vieilles recettes libérales qui culpabilisent la dépense publique, qui dérégulent le marche du travail ne méritent pas que l’on sacrifie notre identité. Certains d’entre nous ont franchi le rubicon. Ont rejoint en Marche. D’autres ont voté aux deux tours pour le président Macron. Nous ne réécrirons pas le passé. Nous ne dresserons pas non plus des piloris à la FFE. Nous devrons ramener vers nous les égarés sincères, mais aussi combattre ceux qui, désormais, combattent avec ardeur leur ancienne formation politique et cherchent à détruire ce qu’il reste de nous avec la foi des nouveaux convertis.

L’état de grâce pour le président Macron, si tenté qu’il ait existé, est déjà terminé :

Que reste t’il du Jupiter en majesté, comme perché sur la pointe de la la pyramide du Louvre, au regard altier, jeune président qui fait de la séduction médiatique une arme redoutable et qui a communiqué sur sa jeunesse, son dynamisme, sa modernité, avec l’aide, nous le savons désormais, d’une partie de la techno-structure française. Aujourd’hui une sensation d’amateurisme ou d’impréparation monte furieusement dans la gestion du pouvoir. Jupiter commence à prendre la foudre en boomerang.

Le pouvoir macronien est très autoritaire, qui sanctionne le chef d’Etat major qui s’inquiétait  des effets des baisses de crédits militaires sur nos opérations extérieures. Le pouvoir macronien est très centralisé  quand on regarde les statuts d’un parti, la république en Marche, totalement vertical où la plupart des responsables sont nommés et non pas élus.

Le pouvoir est trop fermé, quand il se retranche derrière une communication si milimétrée qu’elle met les journalistes à l’écart  ?? On se dit que l’Olympe jupitérien risque de devenir demain le symbole de l’isolement de ce président qui délègue si peu et qui assumera donc directement le mécontentement de l’opinion devant des réformes mal abouties ou injustes.

J’ai le sentiment qu’un espace politique s’ouvre progressivement pour les socialistes que nous sommes. L’espace est étroit. Et nous avons encore la tête dans la défaite. Il faut définitivement couturer nos plaies et retrouver un bon rythme de marche.  

La relance de l’activité économique semble prouver que la politique que nous avons mené quand nous étions au responsabilité, si elle était loin d’être parfaite, possédait cependant quelques  vertus.

Le Conseil national du PS a réglé la question début Juillet de notre positionnement par rapport à En Marche, avec un vote écrasant de plus de 85% des membres du CN pour affirmer notre opposition à ce projet libéral dont les projets d’ordonnance de la Loi Travail sont un des symboles évidents.

Aux députés et sénateurs d'en tirer les conséquences dans les mois qui viennent, en incarnant des positions lisibles, ce que n’a pas permis le vote des socialistes sur le discours de politique générale du Premier ministre, trop marqué par l’absention ou même  l’adhésion à cette politique.

La FFE, quant à elle n'a pas perdu de temps, moins de 3 semaines après le second tour des législatives, pour réagir face à la situation exceptionnelle de la défaite et de l'arrivée d'un nouveau pouvoir soucieux de tout écraser, tout piétiner, en particulier les partis dits "traditionnels".

Nous avons décidé  de faire de cette convention un moment d'échange, de réflexion destiné à poser les bases de la refondation notre formation politique. Et je souhaite que nos travaux soient placés sous le signe de la cordialité, et même pourquoi pas, d'une certaine bienveillance car ce mot et cette éthique comportementale n’appartiennent pas seulement aux Marcheurs et il nous faut les faire notre.

Le Conseil national a décidé la mise en place d'une direction collégiale suite à la démission de Jean-Christophe Cambadélis. J'y vois une bonne chose, pour éviter les conflits d'égos, pour avoir une pression médiatique moindre, pour prendre le temps de travailler jusqu'au prochain congrès :  et en planchant tout l'été pour établir une feuille de route de la rénovation qui nous a été présentée hier et ce matin lors du séminaire de rentrée où étaient conviés les premiers fédéraux ou leurs représentants. je remercie d'ailleurs Gabriel d'y avoir représenté hier la fédération et d’avoir pensé, à mes côtés, les grandes lignes de cet exercice 2017 qui a ensuite été validé par notre bureau fédéral début juillet.

Cette convention 2017 vous  invitera donc tout simplement à la réflexion et à l'expression :  avec cet après midi, le débat sur le bilan des élections et un vote sur les rapports d'activité de l'équipe fédérale. Puis dès ce soir, une présentation de la feuille de route du PS et deux jours pleins dès demain de réflexion autour des thèmes qui nous sont chers, la défense des réfugiés, les expériences positives européennes pour la reconstruction de la gauche. Notre regard a toujours été panoramique, internationaliste, pro-européen. Et nous devons continuer à être, à la FFE, ce laboratoire où s'observent les situations politiques d'autres nations, pour nourrir nos analyses comparées et chercher aussi ailleurs des solutions qui pourront etre acclimatées à notre situation hexagonale.

Mardi matin, nous étudierons et débattrons nos propositions fédérales pour la refondation et nous concluerons symboliquement par un atelier consacré à la promotion du droit des femmes et de la parité, un combat de tous les jours.

pour revenir vers nos concitoyens, restaurer la confiance collective dans cette France où le premier parti est celui de l'abstention, où le Président de la République a obtenu le deuxième score le plus faible de l’histoire de la 5ème, où l’extreme droite est si menaçante que l’on considère comme acquise sa présence au second tour de la présidentielle,   nous devons incarner un réformisme social gardant l'aspiration à l'égalité au cœur.

BILAN DES ELECTIONS / Face à la déroute, on a envie de s'exclamer, mais que s'est il donc passé ? Comment en sommes nous venus, nous qui possédions tous les leviers du pouvoir en 2012, à les perdre uns à uns ?

Nous devons d'abord cette défaite à nous même. Nous la devons à nos incessantes divisions que nous n'avons cessé de mettre en scène, et à l'écart qui est allé croissant avec les autres forces de gauche et avec l'opinion, qui a très vite, trop vite sans doute, pris ses distances avec notre politique. Nous le devons aussi à un flou idéologique. Une conversion non avoué à un social libéralisme au fond ? ou sur la forme, trop d’atermoiements ou d’hésitations dans l’exerce du pouvoir.

Je ne rentrerai pas, à mon niveau, dans le jeu du décompte mathématique des responsabilités.. Fallait il être légitimiste ou frondeur sous ce quinquenat ? Qui étaient donc les gardiens de la vrai foi du socialisme ? qui avait raison et qui avait tort ? Les français ont donné la réponse en renvoyant l'écrasante majorité de nos députés à la maison, sans distinction, en ramenant à un score de 6% le candidat Hamon qui incarnait un projet socialiste de rupture et de transformation sociale.

J’ai le sentiment que les français ne veulent pas des socialistes trop libéraux, mais qu’ils veulent aussi des socialistes réalistes qui proposent des mesures convainquantes. A cet égard, si je suis attaché au revenu universel, je trouve qu’une mesure aussi importante que celle là aurait mérité sans doute, une expertise plus forte et plus de pédagogique.

 Sans reprendre l’intégralité du film du quinquenat, Je vois deux points de cristallisation du mécontentement de  nos concitoyens : Le projet de déchéance de nationalité, dont le Président et le Premier ministre d'alors n'ont pas mesuré ce en quoi il heurtait profondément les consciences de gauche, et le projet de loi travail, fruit, à mon sens, d'un problème méthodologique profond, les français n'attendant pas d'un gouvernement de gauche qu'il réforme à grand renfort de 49.3 en se fermant au compromis parlementaire qui était pourtant possible.

Les français attendaient donc une gauche plus unie dans l'exercice du pouvoir, et une méthode davantage social-démocrate. Il est particulièrement regrettable, si l'on reprend le discours fondateur du Bourget, qu'un président qui aura tenu une bonne majorité de ses engagements, finisse par devoir renoncer à se représenter, preuve que la gauche a failli sur la manière d'exercer et d'incarner le pouvoir avant tout. François Hollande possède sa part indéniable de responsabilité. Notre candidat naturel perdu, nous rentrions dans une phase d’incertitude, et la campagne présidentielle devenait dès lors trop incertaine ; Je trouve en ce sens indigne les procès qui sont faits contre le candidat Hamon, en particulier ceux qui suggèrent des détournements de fonds. Je regrette aussi que les deux principaux candidats à la Primaire aient quitté aujourd’hui le PS.

On le voit, pendant ce quinquenat et pendant ces campagnes, nous n'avons pas su éviter ce "long remord du pouvoir" dont parle avec éloquence Alain Bergougnoux.

Avec le renoncement de François Hollande, le dispositif des primaires et son calendrier devenait pénalisant, qui a obligé à une campagne courte, qui aurait davantage convenu à un Président sortant.

La FFE avait  du batailler ferme, dès septembre 2016, pour obtenir l'organisation d'une Primaire sous forme de vote électronique à l'étranger. Le PS au départ n'en voulait pas.  Grâce à Octave Procope, et avec l'appui du secrétaire général administratif du Parti, avec un travail de conviction auprès du Premier secrétaire et du responsable des élections, nous avons relevé le défi, en doublant le nombre de votants par rapport à la primaire de 2011. Malgré quelques soucis techniques au premier tour, ce vote a été, dans sa conduite, une réussite pour notre fédération qui devait en coordonner l'organisation. Je me rappelerai longtemps de vacances de Noel passées, pour Octave, Pierre ou moi-même, au téléphone et sur nos mels, pour répondre aux interrogations des électeurs et assurer la hot line de la préparation du vote.

 

Nous nous étions engagés aussi, en 2015, lors du congrès de Poitiers, à sélectionner nos candidats de manière démocratique et à nous donner un projet de campagne propre aux français de l'étranger.

Nous sommes allés aux élections présidentielles et législatives fort d'un programme, "aller plus loin ensemble", construit grâce aux états généraux du projet, lancés au printemps 2016, et je remercie encore Mehdi et léa de les avoir coordonnée, et qui ont donné l'occasion à une dizaine de contributeurs de rédiger un programme cohérent. Merci en particulier à eux et  à Florence Baillon et  Mauve Serra, qui ont réalisé le travail de mise en page et de relecture, un gros travail croyez moi sur ce projet dont j'ai pu diriger la rédaction. Rédiger et mettre en forme 31 pages de programme représente des centaines d'heures de travail.

 Ce programme a eu une fortune diverse mais je suis fier que notre équipe ait pu relever ce défi, comme l'avait fait l'équipe dirigée par Pierre Yves Leborgn’ en 2011 avec le projet "la France au long de la vie" : Les grandes lignes du projet fédéral ont été intégrées aux envois de la campagne des présidentielles, faite au nom de Benoit Hamon. Sur les législatives, je pense pouvoir dire honnêtement que les sortants ont davantage valorisé leur bilan en tant que parlementaire, ce qui était logique, et que ce sont les néo-candidats qui ont le plus fait appel au projet, en l'acclimatant ou le déclinant aux spécificités de leurs circonscriptions locales.

Mais le meilleur des projets n'a pas permis de "remagnétiser" les couleurs de notre formation politique qui est arrivée affaiblie aux législatives de Juin après avoir perdu la présidentielle.

Une équipe de campagne FFE a pourtant géré, je le crois, cette présidentielle à l’échelle des Français de l’étranger avec courage ; En s’appuyant notamment sur Hélène pour le lien politique avec le QG, lien maintenu par Mehdi Tanani en tant que directeur de campagne qui s’est beaucoup démené et que je remercie, comme Gabriel et Cécilia, les directeurs ajoints.

Nous avons bien perçu, et c’est une des leçons de cette campagne, qu’il fallait faire de l’investissement dans un dispositif d’envoi LEC, de graphisme, des priorités, et qu’hélas, face au rouleau compresseur de la candidature Macron, il était difficile de redresse la barre.

Sur la législative, nous avons au final présenté 10 candidats devant les électeurs, après avoir organisé 4 primaires pour trancher les candidatures multiples.

La présentation du rapport d'activité ne serait pas complet sans évoquer  les principales péripéties politiques que nous avons du affronter au courage sur ces législatives.

*L'organisation d'une primaire sur la 9ème circonscription (Afrique du nord, Afrique de l’ouest) fut une authentique épreuve qui dura de septembre à décembre, soit 4 longs mois  de guerrilla :

Epreuve, d'abord, pour l'obtenir cette primaire, alors que le PS voulait garder sous le coude cette circonscription jugée comme imperdable. J'ai du intervenir personnellement auprès de François Hollande pour obtenir le dernier feu vert de Jean-Christophe Cambadélis pour l'organisation. Hélas, les promesses électorales sur cette circonscription ont attiré  leur lot d'aventurier, d'opportuniste, ou de personnes sans foi ni loi qui, tel l'actuel député de la 9ème circonscription, Mjid El Guerrab, ont joué le double jeu, faisant la campagne d'En Marche discrètement dès septembre, tout en participant à une Primaire du PS qu'il n'a eu de cesse de chercher à affaiblir par des manoeuvres. Chef d'oeuvre de duplicité, le candidat El Guerrab s'est finalement imposé. Preuve s'il en est, que la politique n'est pas seulement hélas affaire de vertu individuelle.

Nous avons également bataillé ferme sur la circonscription d'Europe du Sud Israel pour imposer la candidature de Florence Drory pour éviter le parachutage de Benjamin Djiane souhaité par Matignon et Manuel Valls. Les rebondissements n'ont pas manqué, avec le départ de Florence pour En Marche, notre soutien dans la dernière ligne droite à la candidature locale du franco-palestinien Jacques Neno, et l'investiture finale de Benjamin Djiane qui réalisa un score très faible. Là aussi, notre combat pour avoir un ou une candidate issue de la FFE ne fut pas payant, avec la victoire du communautariste Meyer Habib dans la dernière ligne droite. Leçon aussi à méditer, quand l’abstention est importante, le communautarisme gagne. Nous devrons veiller, en 2022, à ce que le vote électronique soit réinstauré et à ce que le MAE se donne les moyens de cette organisation qui permet d’améliorer la participation.

En Asie Russie Pacifique, et alors que nous avions fait le choix d'investir très tôt, en Juillet 2016, Mathias Assante qui s'était mis en campagne rapidement, nous avons du, là aussi, faire face à une déconvenue nous obligeant à réagir très vite : Désinvestir Mathias, en étant surement la première fédération de France à réagir ainsi, pour éviter l’effet de contagion provoqué par  son annonce publique de soutien à la candidature Macron. Dès février, nous avons proposé la candidature de Florien Bohème au national qui fut finalement investi, un candidat qui a réalisé, de l'avis de tous, une belle campagne malgré son issue malheureuse. Nous avons été réactifs, et de trouver un candidat  qui était mieux qu’un plan B. Merci Florian d’avoir relevé le gant dans des délais aussi courts.

Que dire de la situation sur la 4ème circonscription au Bénélux, où le député sortant, membre de la direction, a rallié Emmanuel Macron quelques semaines avant le premier tour, nous empêchant d'ailleurs de pouvoir organiser sa désinvestiture en lançant une candidature alternative, vu les délais trop justes. Sans accabler quiconque je veux dire à titre personnel ma  déception d'avoir vu Philip, qui appartenait à la direction nationale du PS,  soutenir Emmanuel Macron.

Je n'oublierai pas les difficultés rencontrées par Florence Baillon en Amérique Latine, qui a du batailler avec le national pour s'assurer de son investiture publique, alors que le site du PS n'a officialisé que dans la dernière ligne droite son nom en tant que candidate. Les partisans de Sergio Coronado ne l'ont pas épargné, et Florence a du, en tant que femme, subir son lot de mesquinerie sexiste. je lui rends hommage de s'être battue au courage et l'engage à continuer le combat pour un socialisme réformiste qui ne cède pas face aux populisme tribunicien..

Le retrait de la candidature de Nicole Castioni en Suisse, qui ne souhaitait pas suivre la ligne Hamon, a été également une vrai difficulté, qui nous a cependant permis, au final, de trouver un accord avec les écologistes pour présenter la candidature, comme suppléante, de Mauve Serra. Un beau ticket formé et un beau symbole de relations entre les socialistes et écologistes qui peuvent être marquées, aussi, par la confiance et des relations de bonne camaraderies.

Enfin, le retrait de la candidature de Daad Bouary sur la 10ème circonscription, Afrique de l’est moyen Orient, seulement deux jours avant la cloture administrative du dépôt des candidatures en préfecture, a été un dernier coup dur dans une période qui les a vu pleuvoir.

Après que deux directeurs de campagne aient démissionné, après que le suppléant de la candidate ait jetté le gant, les problèmes d’organisation étaient trop importants et la candidate n’aura pas su suffisamment rassembler, dans un contexte bien entendu difficile, où, sur la 10ème, une parachutée, sans attache avec la circonscription et complètement étrangère à nos problématiques aura su se faire élire par la seule grâce du logo En Marche.

Je ne  veux oublier personne et les ex candidats présents pourront revenir sur le déroulement de leurs campagnes qui ont toutes été menées dans un contexte d'une extrême difficulté, et je veux remercier Yan Chantrel, Florence Baillon, Axelle Lemaire, Gabrielle Siry, Mauve Serra, Pierre-Yves Leborgn', Didier Le Bret, Florian Bohème, leurs suppléantes et suppléants et tous les militants qui ont oeuvré à leurs cotés, de ne pas avoir renoncé, d'avoir poursuivi leurs efforts jusqu'au bout, de s'etre battus pour notre formation politique sans céder à l'accablement.

La fédération a pu, pendant ces campagnes apporter son soutien, sous forme de mutualisation des conseils de campagne, après avoir aussi assuré deux formations pour les mandataires financiers, en Aout, puis en Février en présentiel. Nous avons du nous passer du second permanent embauché en renfort pour ces campagnes qui, heureusement pour lui et malheureusement pour nous, a du quitter la FFE avant le terme de son contrat, m’obligeant à compenser en terme de conseil et d’appui au campagne législative.

Nous avons utilisé, je le crois, avec sérieux nos moyens budgétaires, gardant en tête qu’il y aurait un après Juin à gérer et qu’il fallait penser à la pérénité du financement de la FFE. Octave vous fera une présentation transparente de notre situation financière après le débat qui en témoigne. Et je le remercie pour sa politique de prudence et de rigueur dans la gestion des comptes de la FFE.

Avec 600 militants qui étaient à jour en décembre, avec la nécessité qu’en 2017 puis 2018 chacun et chacune garde en tête que les cotisations vont devenir les premières ressources de la fédération, et qu’il est donc nécessaire d’appliquer la règle des 7% d’un salaire mensuel comme base de cotisation, avec une structure qui est, à la FFE, saine, dans son fonctionnement, transparente, et, je veux le croire, plus exemplaire qu’ailleurs, nous avons les moyens d’avancer ensemble.

La sénatoriale devrait nous permettre, je le crois, de conserver nos deux sièges. C’est possible. La dispersion des listes est importante, inédite presque.

Si nous empêchions En Marche de gagner un nouveau sénateur, après que Richard Yung ait rejoint leur mouvement, ce serait le signe d’un premier reflux de l’influence d’En Marche qui est, avec 10 députés, un sénateur des Français de l’étranger et une centaine de groupes locaux à l’étranger, forte.

Nous saurons faire la part des choses, en tant qu’élu consulaire ou militants, entre l’attitude républicaine qui impose des règles de courtoisie dans les échanges de travail avec les parlementaires d’En Marche, et la nécessité politique plus globale de combattre leurs idées quand elles ne nous conviennent pas.

En septembre, après le vote aux sénatoriales le 24 septembre, nous devrons nous positionner collectivement en votant sur la feuille de route proposée par le national. Nous choisirons ensemble la forme du prochain congrès, forme classique d’organisation par motion, forme renouvelée.

Il sera ensuite temps de rentrer dans le prochain congrès et d’y désigner notre future équipe dirigeante fédérale.

Je veux vous dire, pour terminer, toute la fierté que j’ai à vous représenter ; Dans les jours heureux comme dans les jours de peine. Ce n’est pas par temps calme que se révèle la valeur des marins mais dans le gros temps. C’est valable pour chacun d’entre nous. Et nous avons tous survécu collectivement à la tempête de ces derniers mois en préservant une forme d’unité, malgré les désertions ou déloyautés.

Comme le disait Jaurès à quelques jours de sa disparition : « L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir »

Gardons solidement accroché au cœur cet invincible espoir militant et politique comme un talisman pour nous inspirer demain dans notre combat pour l’égalité et la fraternité humaine.