21. juin, 2017

USA

Grand déballage contre Trump au Sénat

L'ancien directeur du FBI James Comey a accablé hier Donald Trump devant le Sénat américain, accusant son administration de diffamation et de «mensonges», et blâmant le président pour lui avoir intimé d'abandonner un volet de l'enquête russe concernant un proche.

Dans une salle comble, James Comey a raconté en détail et d'une voix posée son malaise après de multiples conversations privées avec le locataire de la Maison Blanche, lors d'une séance devant la commission du Renseignement du Sénat retransmise par toutes les grandes chaînes de télévision américaines, dans la tradition des grandes auditions parlementaires qui ont marqué l'histoire du pays.

La quinzaine de sénateurs assis en face de l'ancien premier flic des Etats-Unis voulaient déterminer si les multiples requêtes présidentielles, formulées en tête-à-tête dans l'intimité du Bureau ovale ou de la Maison Blanche, représentent une interférence politique et une entrave à la justice, un délit majeur qui, dans le passé, a conduit au lancement par le Congrès de procédures de destitution contre les présidents Richard Nixon et Bill Clinton.

Il a commencé par répondre que ce n'était pas son rôle de qualifier juridiquement les requêtes du président.

A la question de savoir si le président ou l'administration lui avait demandé explicitement d'»arrêter» l'enquête menée par le FBI sur les ingérences russes, il a répondu «non».

Mais plus tard, il a confirmé que Donald Trump lui avait demandé sa «loyauté», alors même qu'il supervisait l'enquête sur une éventuelle collusion entre des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie pendant la campagne présidentielle de 2016. «Mon bon sens me disait qu'il voulait quelque chose en échange de m'accorder ma demande de rester à mon poste», a-t-il dit, alors que son mandat courait jusqu'en 2023.

Il a détaillé la demande de M. Trump d'abandonner l'enquête visant un de ses fidèles, le général Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale, visé par une enquête du FBI pour n'avoir pas tout révélé de ses discussions avec l'ambassadeur russe à Washington.

Répondant aux questions précises des sénateurs, il a jugé que les actions du dirigeant américain étaient " très dérangeantes", ne mâchant pas ses mots contre lui. (...)

Le milliardaire n'avait pas commenté personnellement l'audition, mais son avocat avait déclaré mercredi que M. Trump était "conforté" par le témoignage.

L'Express de Madagascar

Le 10/06/17

Textes et photo: AFP