13. mars, 2018

Politique

Syrie : Washington et Ankara vont coopérer

Les Etats-Unis et la Turquie ont convenu vendredi de travailler "ensemble" en Syrie pour surmonter la grave crise les opposant depuis l'offensive turque contre une milice kurde alliée de Washington, avec "en priorité" la recherche d'une solution pour la ville stratégique de Minbej.

La création d'un "mécanisme", sorte de "groupe de travail" entre les deux pays à couteaux tirés bien qu'ils soient alliés au sein de l'Otan, a été annoncée au terme de la visite du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson à Ankara. L'Américain a enchaîné deux réunions marathon, jeudi soir avec le président turc Recep Tayyip Erdogan et vendredi matin avec le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

"Nous n'allons plus agir chacun de notre côté" sur le terrain syrien, a promis Rex Tillerson au cours d'une conférence de presse avec son homologue turc, assurant que les deux pays voulaient "aller de l'avant ensemble".

Mêmes objectifs

«Nos deux pays partagent les mêmes objectifs en Syrie», à savoir la défaite du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et la recherche d’une solution politique au conflit, a-t-il encore dit.

Le conflit syrien cristallise les différends qui s’accumulaient depuis plusieurs mois entre les deux alliés.

La Turquie a déclenché le 20 janvier une offensive militaire dans l’enclave d’Afrine, dans le nord de la Syrie, visant les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée par Ankara comme «terroriste» mais qui est un allié-clé de Washington dans la lutte contre l’EI.

Surtout, les Turcs menaçaient d’avancer vers Minbej, à une centaine de kilomètres plus à l’est, où sont déployés des militaires américains aux côtés des YPG. Le président Erdogan avait même laissé planer sa volonté d'y infliger une "claque ottomane" aux Américains.

«La question de Minbej sera traitée en priorité par notre groupe de travail», dont la première réunion est prévue pour d’ici à la mi-mars, a dit Rex Tillerson. Le secrétaire d’Etat a réitéré à la fois ses appels à la «retenue» à Afrine et son engagement à prendre en compte les «inquiétudes légitimes» de la Turquie pour sa propre sécurité.

L'Express de Madagascar

Le 17/02/18

Textes et photo: AFP