14. nov., 2019

Argentine

Le Huffpost

28/10/2019

En Argentine, Alberto Fernandez remporte l'élection présidentielle. Épaulé par l’ex-présidente Cristina Kirchner, il a battu le président sortant Mauricio Macri dès le premier tour.

  • Le HuffPost avec AFP

ASSOCIATED PRESSAlberto Fernandez, ici avant son vote à Buenos Aires ce 27 octobre, a été élu président de l'Argentine.

 

ARGENTINE - Il n’y aura pas de second tour. Le candidat péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté ce dimanche 27 octobre l’élection présidentielle en Argentine au premier tour, devant le président sortant libéral Mauricio Macri, selon des résultats partiels.

Avec près de 80% des bulletins dépouillés, Alberto Fernandez a obtenu 47,45% des voix, contre 41,11% pour Mauricio Macri. Il devient le nouveau président de ce pays de 44 millions d’habitants.

Pour gagner dès le premier tour, Alberto Fernandez devait obtenir plus de 45% des voix, ou bien plus de 40% des voix avec un avantage de plus de 10 points sur le candidat arrivé en deuxième position.

Selon le ministère de l’Intérieur, la participation au scrutin a été de plus de 80%.

″‘Nous’ et ‘eux’, c’est terminé”

“C’est un grand jour pour l’Argentine”, avait réagi devant la presse Alberto Fernandez, confiant, peu après la fermeture des bureaux de vote. Sa colistière est l’ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), candidate à la vice-présidence.

Après l’annonce de sa victoire, Alberto Fernandez, visiblement ému, a pris la parole devant plusieurs milliers de ses partisans. “Les temps qui viennent ne sont pas faciles”, a-t-il déclaré. “La seule chose qui nous préoccupe, c’est que les Argentins arrêtent de souffrir”. Cristina Kirchner, qui se trouvait à ses côtés, a appelé Mauricio Macri à prendre dans les derniers jours de son mandat “toutes les mesures nécessaires pour atténuer la situation dramatique” de l’Argentine.

“J’aimerais féliciter le nouveau président Alberto Fernandez, à qui je viens de parler”, a déclaré Mauricio Macri dimanche soir, reconnaissant sa défaite devant ses soutiens.

Le président sortant, Mauricio Macri, 60 ans, dont la popularité a fortement chuté l’année dernière en raison de la grave crise économique, avait estimé après avoir voté que deux “visions concurrentes de l’avenir (étaient) en jeu”.

Alberto Fernandez, lui, avait promis de travailler à réduire la forte polarisation politique qui traverse le pays, entre péronistes et partisans de Mauricio Macri. ”‘Nous’ et ‘eux’, c’est terminé”, a assuré cet avocat de 60 ans. “Nous vivons une profonde crise (économique), chacun doit prendre sa responsabilité pour ce qui va advenir”, a-t-il insisté.

Lors des primaires d’août -considérées comme une répétition générale avant l’élection présidentielle- Alberto Fernandez avait devancé de 17 points Mauricio Macri, qui a finalement fortement réduit l’écart.

Qui gouvernera réellement?

Le vote en Argentine a lieu alors que la région est secouée par de nombreuses crises politiques et sociales: mobilisation contre les résultats de la présidentielle en Bolivie, vague de contestation au Chili et troubles sociaux en Équateur deux semaines auparavant.

Le président sortant achève son mandat au milieu de la pire crise économique que l’Argentine ait vécue depuis 2001. En récession depuis plus d’un an, le pays connaît une inflation élevée (37,7% en septembre), une dette massive et un taux de pauvreté en hausse (35,4%, soit un Argentin sur trois).

Mais des investisseurs craignent que la victoire d’Alberto Fernandez entraîne le retour des politiques interventionnistes de la période du kirchnérisme (2003-2015). Des analystes se demandent en outre qui gouvernera réellement: Alberto Fernandez, ancien chef de cabinet de Cristina Kirchner et de son mari Nestor Kirchner (président de 2003 à 2007), ou bien Cristina Kirchner, 66 ans.